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Paris : Une cérémonie pour les 80 ans de la rafle des Juifs de Tunisie

La commémoration sera suivie par la projection d’un film sur les Juifs d’Afrique du Nord durant la Seconde Guerre mondiale et par une conférence avec de nouveaux témoignages

Colonne de Juifs conduits au travail obligatoire, en Tunisie, en décembre 1942. (Crédit : Bundesarchiv, Bild 183-J20382/CC-BY-SA 3.0/WikiCommons)
Colonne de Juifs conduits au travail obligatoire, en Tunisie, en décembre 1942. (Crédit : Bundesarchiv, Bild 183-J20382/CC-BY-SA 3.0/WikiCommons)

La Société d’Histoire des Juifs de Tunisie organise le 11 décembre prochain à 10h45 une cérémonie commémorant les 80 ans de la rafle des Juifs de Tunisie.

L’évènement, en entrée libre (heure limite d’arrivée fixée à 10h35) aura lieu au Mémorial de la Shoah, à Paris.

De nombreuses personnalités civiles, militaires et religieuses seront présentes.

La rencontre sera suivie dans l’après-midi par la projection d’un film sur les Juifs d’Afrique du Nord durant la Seconde Guerre mondiale et par une conférence avec de nouveaux témoignages, des documents inédits, et l’étude récente d’archives françaises italiennes et allemandes. Ces évènements (sur réservation) se tiendront au Musée d’art et d’histoire du judaïsme.

Le 9 décembre 1942, le colonel SS Walter Rauff, inventeur des camions à gaz (chambres à gaz mobiles utilisées sur le front de l’Est), alors à la tête d’un groupe de SS, a profané la Grande synagogue de Tunis, détruisant les objets sacrés. Il a également organisé une rafle des Juifs de 17 à 40 ans autour de la synagogue et dans les quartiers environnants, ainsi qu’aux abords de l’école de l’Alliance israélite.

Plus de 4 000 Juifs tunisiens ont été envoyés dans des camps de travail forcé pendant la guerre. 90 000 Juifs vivaient alors dans le pays.

Durant 6 mois, la communauté juive tunisienne a été persécutée, jusqu’à la libération de Tunis par les Forces alliées le 8 mai 1943.

Les noms des victimes juives tunisiennes de la Shoah sont listés au musée national Auschwitz-Birkenau. Selon le musée, 46 sont morts dans les camps de travail forcé en Tunisie et 160 Juifs de Tunisie vivant en France ont été déportés vers les camps de la mort.

Néanmoins, selon le chercheur Victor Hayoun, plus de 700 Juifs d’origine tunisienne auraient été tués durant la Shoah : 50 dans les camps tunisiens de travail forcé, 390 d’une autre manière en Tunisie et 365 dans les camps de la mort, principalement à Auschwitz.

« Quand j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de recherche scientifique sur la Shoah des Juifs de Tunisie, j’ai décidé de soulever la question et je travaille dessus depuis environ 12 ans », expliquait M. Hayoun en 2017 lors d’une conférence sous le thème « De Tunis à Djerba » au Centre Dahan de l’Université Bar-Ilan.

« Les chiffres parlent d’eux-mêmes : nous parlons de près de 700 membres de la communauté. Jusqu’en 2006, nous ne connaissions que 400 victimes d’origine tunisienne et en 2012, nous en connaissions 488. Aujourd’hui, nous savons que le nombre est plus proche de 700. »

Certains Juifs tunisiens se sont engagés dans les réseaux de résistance, comme Georges Attal, Maurice Nisard ou Paul Sebag. Certains d’entre eux ont été déportés.

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