« Partez » : un ex-otage appelle chaque membre de la Knesset à démissionner
"Avant de partir, nommez une commission d’enquête nationale qui découvrira ce qui s’est réellement passé ici, afin que jamais cela ne se reproduise", a lancé Rom Braslavski
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

L’ancien otage Rom Braslavski a appelé lundi tous les membres de la Knesset, « de l’extrême gauche à l’extrême droite », à présenter leur démission, mais seulement après avoir approuvé la création d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances qui ont entouré l’invasion et le pogrom perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023, durant lesquels il avait été pris en otage.
« Prenez vos responsabilités et disparaissez de nos vies », a-t-il déclaré à l’occasion d’une conférence de presse organisée à la Knesset par le Conseil d’octobre, un groupe réunissant des familles endeuillées, d’anciens otages, ainsi que des habitants de l’enveloppe de Gaza et du nord du pays. C’est ce lundi que la Knesset, après une pause, reprend ses travaux.
« Vous avez sur les mains le sang de toutes les personnes assassinées le 7-Octobre », a-t-il lancé. « Et avant de partir, nommez une commission d’enquête nationale qui découvrira ce qui s’est réellement passé ici, afin que jamais cela ne se reproduise. »
Brandissant des photos de son corps décharné prises pendant sa captivité à Gaza, Braslavski a raconté comment il s’était retrouvé entouré de cadavres le 7-Octobre au festival de musique électronique Nova, avant de subir la malnutrition et les tortures infligées par ses ravisseurs du Hamas.
Braslavski est l’un des 20 derniers otages qui ont été libérés le 13 octobre 2025. Il a demandé pourquoi aucun des membres de la Knesset ni aucun ministre n’était venu l’accueillir à son retour.
« Aucun d’entre vous, bande de misérables, n’est venu pour m’accueillir, pour demander pardon de ce qui m’est arrivé et pour me dire : ‘Je suis désolé que cela se soit produit. Je suis désolé de vous avoir fait attendre deux ans avant de vous ramener. Voilà le numéro de téléphone de mon assistant. Nous serons là pour vous aider si vous avez besoin de quoi que ce soit.’ Pourquoi aucun d’entre vous ne l’a fait ? », s’est indigné Braslavski, ajoutant qu’il devait aujourd’hui encore se battre au sujet de son statut : doit-il être considéré comme invalide à 50 % ou à 100 % en tant qu’ancien combattant blessé de l’armée israélienne ?
Braslavski, qui servait dans l’armée au moment de l’attaque du 7-Octobre, était en permission ce week-end-là.
« Vous devriez avoir honte », a poursuivi Braslavski. « Depuis longtemps déjà, le peuple d’Israël a cessé de vivre pleinement, parce que vous l’avez tué. »
Eyal Eshel, dont la fille Roni Eshel, soldate de surveillance, a été tuée le 7-Octobre, et Michel Illouz, dont le fils Guy Illouz a été assassiné en captivité, sont également intervenus lors de la conférence de presse.
Les membres du Conseil se sont donné pour mission, au cours des prochains mois, de faire en sorte que le pogrom du 7-Octobre et le refus des responsables politiques de reconnaître leur responsabilité dans cette débâcle deviennent le principal enjeu pour les électeurs lors du prochain scrutin.
« Nous, les familles, nous poursuivrons notre quête de vérité jusqu’à notre dernier jour, pour Guy, pour tous ceux qui ont été assassinés, pour les otages et pour notre pays, que ce gouvernement étouffe », a déclaré Illouz. « Cette session est la dernière de l’actuelle Knesset. Puissions-nous bientôt pouvoir dire : bon débarras. »
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