Pas de négociations tant que les USA ne révoquent la reconnaissance de Jérusalem
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Pas de négociations tant que les USA ne révoquent la reconnaissance de Jérusalem

Le négociateur palestinien Saeb Erekat dit que la position de Washington est "inacceptable"; Le vice-président américain Mike Pence n'est toujours pas le bienvenu à Ramallah

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Saeb Erekat, négociateur en chef palestinien et secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine, s'exprime lors d'une conférence de presse tenue à Jéricho, en Cisjordanie, le 15 février 2017 (AFP / AHMAD GHARABLI)
Saeb Erekat, négociateur en chef palestinien et secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine, s'exprime lors d'une conférence de presse tenue à Jéricho, en Cisjordanie, le 15 février 2017 (AFP / AHMAD GHARABLI)

Le négociateur palestinien Saeb Erekat a déclaré mardi que les Palestiniens rejetteraient tous les pourparlers de paix parrainés par les Etats-Unis jusqu’à ce que Washington annule sa reconnaissance du 6 décembre de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Le fait que les Etats-Unis continuent à parler des accords pour résoudre le conflit israélo-palestinien ou appeler à des négociations ou à des pourparlers est inacceptable pour les dirigeants palestiniens, tant que la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël n’est pas révoquée, » a déclaré Erekat à la station de radio officielle la Voix de la Palestine, selon le site d’information officiel de l’AP Wafa.

Lorsque le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël, il « a retiré Jérusalem de toute négociation », a déclaré Erekat.

Les tensions entre les Etats-Unis et les Palestiniens ont éclaté après l’annonce de Trump le 6 décembre, les dirigeants palestiniens déclarant qu’ils n’accepteraient plus Washington comme médiateur dans le processus de paix.

Suite à la déclaration du président américain, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré que les Etats-Unis avaient renoncé à leur rôle traditionnel de médiateur des pourparlers de paix israélo-palestiniens. Il a également refusé de rencontrer des responsables américains sur le processus de paix.

Le président américain Donald Trump montre le protocole signé reconnaissant Jérusalem en tant que capitale de l’Etat juif tandis que le vice-président le regarde, à la Maison Blanche, le 6 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Saul Loeb)

Dans son discours du 6 décembre, Trump a déclaré que sa décision ne faisait que reconnaître la réalité que Jérusalem était déjà la capitale d’Israël et ne préjugeait pas des frontières définitives de la ville. Il a appelé à ne pas changer le statu quo dans les lieux saints de la ville. La décision a été saluée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et par une grande partie de l’échiquier politique israélien.

Cependant, dans une série de tweets publiés le 3 janvier, le dirigeant américain a déclaré qu’il avait mis Jérusalem « à l’écart de la table » [des négociations].

« Ils ne veulent même pas négocier un traité de paix attendu depuis longtemps avec Israël », a déclaré M. Trump à propos des Palestiniens. « Nous avons enlevé Jérusalem, la partie la plus difficile, de la table des négociations, mais Israël, pour cela, devra payer plus », écrit Trump, sans donner de détails sur les concessions israéliennes prévues.

Washington versait à l’Autorité palestinienne des centaines de millions de dollars par an « pour rien », a ajouté Trump sur Twitter, se plaignant que les Etats-Unis n’aient reçu « aucune appréciation ou respect » en retour.

« Mais avec les Palestiniens qui ne veulent plus parler de paix », poursuit le président américain, « pourquoi devrions-nous leur verser ces énormes sommes d’argent dans le futur ? »

Dans ses déclarations mardi, Erekat a souligné l’importance de Jérusalem pour les Palestiniens, en disant : « Il n’y a pas d’Etat palestinien sans Jérusalem comme capitale ».

Erekat a également accusé les Etats-Unis d’imposer des « dictats » à la direction palestinienne en menaçant de couper des centaines de millions de dollars d’aide.

Nabil Shaath, le principal conseiller d’Abbas pour les affaires étrangères, a déclaré mardi dans un communiqué que l’AP refusait toujours d’accueillir à Ramallah le vice-président américain Mike Pence, qui se rendra dans la région à la fin du mois.

Le vice-président américain Mike Pence sort de la salle du Sénat au Capitole des États-Unis le 3 janvier 2018. (Win McNamee / Getty Images / AFP)

« Notre position n’a pas changé jusqu’à présent, et elle ne changera pas tant que le comportement de l’administration américaine continuera d’être biaisé en faveur d’Israël », a déclaré Shaath au site d’information palestinien al-Watan Voice.

Pence a reporté sa visite en Israël et en Egypte à la mi-décembre en raison d’un vote du Sénat sur la réforme fiscale de Trump.

La Maison Blanche a annoncé lundi que Pence se rendra dans la région du 19 au 23 janvier, en commençant par une réunion au Caire avec le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi. Pence va également s’entretenir avec le roi Abdallah II de Jordanie et ensuite participer à deux jours de réunions et d’événements en Israël.

Le Times of Israel a contribué à cet article.

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