Pays-Bas : annulation du verdict du procès du meurtre d’une Israélienne en 1990
Deux ans après l'incarcération d'un Israélien pour le meurtre de Miriam Sharon, un tribunal annule, en appel, le verdict pour manque de preuves
Vendredi, un tribunal néerlandais a renversé la condamnation d’un Israélien accusé du meurtre d’une concitoyenne à La Haye il y a près de 30 ans.
Les médias locaux ont rapporté que les juges ont donné une suite favorable à l’appel déposé par Daniel Amunah, 57 ans, renversant sa condamnation de 2017 pour le meurtre de Miriam Sharon en raison d’un manque de preuves. La cour d’appel de La Haye a autorisé sa sortie de prison vendredi.
Miriam Sharon, 39 ans, avait été retrouvée poignardée à mort dans son appartement de La Haye en 1990. Daniel Amunah, natif de Petah Tikva aux antécédents criminels pour des affaires de drogue notamment, avait été brièvement considéré comme suspect juste après le meurtre, mais avait été libéré pour manque de preuves.
Des années plus tard, la police néerlandaise rouvrait l’enquête et découvrait l’ADN de l’Israélien sur un mégot de cigarette, une paire de ciseaux et une veste en cuir noire.
Il fut ainsi à nouveau interpelé en 2016 à son entrée aux Pays-Bas.
Verdachte in #moordzaak #Miriam #Sharon vrijgelaten
Opnieuw een schrijnend leed voor de nabestaandenBlijkbaar zijn de regeltjes voor de rechter en het OM belangrijker dan de straftoepassing op de dader. Zij die die regeltjes maken leven in een ivoren toren https://t.co/NSe7bHVHCc— Aldus (@AldusdeKoning) June 28, 2019
En octobre 2017, il est condamné à 14 ans de prison pour le meurtre de Miriam Sharon. Pendant le procès, les procureurs ont indiqué qu’ils pensaient qu’un deuxième Israélien était impliqué, que la police n’est jamais parvenue à identifier.
Au tribunal, l’accusé a refusé de s’exprimer, et le motif présumé du meurtre ainsi que la nature de leur relation restent indéterminés.
Après l’annulation de la condamnation de Daniel Amunah, la fille de la victime a fustigé la décision de la cour, déclarant aux médias néerlandais vendredi que personne n’avait contacté sa famille pour expliquer ce jugement.
« C’est injuste », a-t-elle ainsi déploré. « Nous avons beaucoup souffert, et nous avons maintenant le sentiment que ces trois dernières années n’ont servi à rien ».
Miriam Sharon avait quitté Israël en 1979 pour les Pays-Bas, où elle s’installa et épousa un artiste local. Elle avait deux enfants avec lui, avant que le couple ne se sépare dans les années 1980.
Daniel Amunah, lui, a régulièrement fait des allers-retours en prison en Israël depuis ses 17 ans, d’après des médias en hébreu, le dernier passage remontant à 2014.








