Plan de paix : Rééquilibrer la tendance pro-Israël n’est pas nécessaire – USA
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Plan de paix : Rééquilibrer la tendance pro-Israël n’est pas nécessaire – USA

La Maison Blanche soutient Israël avec fierté, a dit un haut-responsable, écartant la nécessité d'un rééquilibrage qui ne serait que "le vestige d'un point de discussion" dépassé

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au musée d'Israël à Jérusalem avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président américain Donald Trump, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au musée d'Israël à Jérusalem avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Maison Blanche n’est guère intéressée à l’idée d’être considérée comme une « négociatrice honnête » dans le conflit israélo-palestinien, a commenté cette semaine un haut-responsable américain, rejetant la notion qu’une forme « d’équilibre » entre les deux parties soit nécessaire pour mener à bien un accord de paix.

L’administration Trump soutient l’Etat juif avec fierté et elle ne ressent pas le besoin de tenter de contre-balancer toute déclaration pro-israélienne par des propos favorables aux Palestiniens, ou d’évoquer les difficultés vécues par les Palestiniens à chaque fois que Washington est amené à déplorer des victimes israéliennes d’attentats terroristes, a ajouté le responsable.

« Les Etats-Unis sont un allié fort d’Israël. L’administration, depuis le président jusqu’au bas de la hiérarchie, n’a aucune gêne à défendre Israël là où Israël doit être défendu – qu’il s’agisse de la frontière de Gaza, des tunnels du Hezbollah, de la frontière syrienne, partout où c’est nécessaire », a confié le haut-responsable, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, au Times of Israel.

Interrogé sur la perception largement partagée que les Etats-Unis ne feraient dorénavant plus figure de « négociateur honnête », le responsable a rejeté ce concept qu’il a qualifié de « vestige de points de discussion vieux de plusieurs décennies ».

« Nous ne croyons pas que pour oeuvrer en faveur de la paix, il soit nécessaire d’instaurer un équilibre par lequel nous ne pourrions nous permettre de dire que certaines choses à Israël que si, dans le même temps, il fallait que nous nous exprimions également sur les Palestiniens », a-t-il expliqué.

« Non seulement ça ne fonctionne pas mais nous ne pensons pas non plus que ce soit la chose à faire. Nous disons ce que nous avons à l’esprit : Nous disons la vérité. Cette vérité peut mettre certains mal à l’aise. Mais nous ne pouvons pas résoudre le conflit sans nous montrer ouverts et honnêtes. En fin de compte, tout dépendra du plan : Soit ce sera un bon plan qui pourra être réalisable par les deux parties, soit ce ne sera pas le cas ».

Le responsable évoquait ici la proposition de paix américaine – très attendue – en vue d’un accord global permettant de mettre un terme au conflit israélo-palestinien que Washington devrait rendre publique dans les semaines qui suivront les élections pour la Knesset au sein de l’Etat juif, le 9 avril.

Ces dernières semaines, l’envoyé spécial de Trump pour le processus de paix, Jason Greenblatt, a eu des échanges controversés avec de hauts-responsables de l’AP au sujet des relations américano-palestiniennes et de la dénommée « diplomatie sur Twitter ».

Greenblatt, qui travaille sur le plan de paix aux côtés du haut-conseiller de Trump qui est aussi son gendre, Jared Kushner, et l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, a répondu aux attaques en affirmant que sa porte restait ouverte aux responsables palestiniens qui désiraient discuter des politiques de l’administration américaine au Moyen-Orient.

Le responsable a répété que des rencontres avec des « Palestiniens ordinaires » étaient régulières.

« Ils expriment une frustration profonde face à leurs dirigeants. Ils pensent que ces derniers ont sapé leur positionnement dans le monde – pas seulement aux Etats-Unis, mais sur tout le globe. Ils veulent travailler avec nous et ils veulent voir ce que contient le plan. Ils veulent un avenir meilleur et ils savent que l’implication des Etats-Unis est déterminante dans cet objectif », a-t-il dit.

Des gens réunis aux abords du bureau de la délégation de l’Organisation de libération de la Palestine à Washington, le 10 septembre 2018 (Crédit AFP PHOTO / Andrew CABALLERO-REYNOLDS)

Depuis que le président Donald Trump a reconnu unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël au mois de décembre 2017, y transférant son ambassade quelques temps après, l’Autorité palestinienne refuse de dialoguer avec les responsables américains, affirmant que Washington ne peut plus tenir le rôle d’intermédiaire dans le processus de paix.

Les relations entre Ramallah et l’administration Trump se sont encore dégradées après la coupe des aides apportées par le gouvernement américain aux agences soutenant les Palestiniens et après la fermeture du bureau de représentation de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) dans la capitale américaine.

L’envoyé américain au Moyen orient Jason Greenblatt rencontre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en marge du sommet de la Ligue arabe à Amman, le 28 mars 2017 (Crédit : Thair Ghnaim/Wafa)

L’administration américaine espère encore qu’une fois le plan rendu public, les leaders Palestiniens « comprendront tout ce que les Palestiniens peuvent gagner de ce plan », a ajouté le haut-responsable.

Les Etats-Unis ne tenteront pas d’obliger les parties en lice à accepter la proposition, a-t-il poursuivi, ajoutant que « nous pensons pouvoir faire avancer un plan crédible, réaliste et équitable qui pourra mettre un terme à ce conflit ; nous pensons que nous pourrons améliorer considérablement l’existence des Palestiniens, que nous pourrons maintenir la sécurité israélienne et permettre à Israël de s’intégrer au niveau régional d’une manière qui n’était pas seulement imaginable il y a deux ans ».

Le jour où le plan sera révélé n’a pas encore été décidé, selon le responsable, qui a reconnu qu’il y avait « de nombreuses considérations » susceptibles de jouer un rôle et de repousser la date à la mi-mai au mieux.

Parmi ces considérations, les élections du 9 avril en Israël et le processus de construction de la coalition qui suivra, les fêtes de Pessah (du 19 au 26 avril), le Ramadan (du 5 mai au 4 juin) et les journées de Commémoration et de l’Indépendance israélienne (du 7 au 9 mai).

« Notre objectif est de faire connaître le plan au moment où il aura les plus grandes chances de réussir. Il y a beaucoup de facteurs susceptibles d’intervenir dans cette décision », a-t-il conclu.

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