343 universitaires britanniques s’engagent pour le boycott d’Israël
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343 universitaires britanniques s’engagent pour le boycott d’Israël

Quelques jours après l'appel au dialogue de JK Rowling, les chercheurs publient une lettre dénonçant 'l'occupation illégale'

Manifestants appelant à boycotter Israël. Illustration. (Crédit : WikiCommons)
Manifestants appelant à boycotter Israël. Illustration. (Crédit : WikiCommons)

Plus de 300 universitaires britanniques ont signé une lettre publique s’engageant à boycotter Israël, quelques jours à peine après qu’un casting de stars de plus de 150 écrivains et artistes britanniques ont publié une lettre exhortant à faire le contraire.

Quelque 343 universitaires travaillant pour plus de 70 universités britanniques vont boycotter les universités israéliennes et les conférences organisées par ces dernières pour protester contre les « violations intolérables des droits de l’Homme infligées à l’ensemble du peuple palestinien ».

La lettre, signée par 343 universitaires, a été publiée mardi dans une annonce en pleine page dans The Guardian, selon les initiateurs de la lettre ‘d’engagement’.

« En tant que chercheurs associés à des universités britanniques, nous sommes profondément perturbés par l’occupation israélienne illégale des Territoires palestiniens, les violations intolérables des droits de l’Homme infligées à l’ensemble du peuple palestinien et l’apparente résistance (d’Israël) à tout règlement » du conflit, écrivent 343 universitaires dans une lettre ouverte publiée mardi dans le quotidien The Guardian.

Les signataires ont déclaré qu’ils n’ « accepteront d’invitations d’aucune institution académique israélienne ; n’agiront comme arbitres dans aucun de leurs processus ; ne participeront [plus] à des conférences financées, organisées ou sponsorisées par elles ou ne coopéreront plus avec elles ».

« Répondant à l’appel de la société civile palestinienne, nous déclarons donc que nous n’accepterons d’invitations d’aucune institution académique israélienne (…) ni ne participerons à des conférence financées, organisées ou sponsorisées par elles », expliquent-ils, précisant qu’ils continueront toutefois à travailler de façon individuelle avec leurs collègues israéliens. 

Mais les universitaires ont écrit qu’ils « continueraient cependant à travailler avec nos collègues israéliens dans leurs capacités individuelles ».

Certains signataires proviennent des institutions britanniques les plus prestigieuses, comme Oxford, Cambridge, LSE ou encore UCL. 

« Ce boycott est une petite façon de dire une chose importante : que l’équité et la justice doivent réellement être mises en œuvre, que le droit international doit être respecté », a expliqué l’un des signataires, le professeur Conor Gearty de la LSE. 

Parmi les signataires, on retrouve Tom Kibble, un physicien théoricien britannique de premier plan de l’Imperial College de Londres ; Timothy Shallice, un ancien directeur de l’Institut des neurosciences cognitives de l’University College London, et Iain Borden, l’ancien chef de la Bartlett School of Architecture.

En réponse à la lettre, l’ambassadeur britannique en Israël, David Quarrey, a déclaré que le gouvernement britannique est fermement opposé aux appels de boycott et que Londres était « profondément attaché à la promotion des relations universitaires et scientifiques du Royaume-Uni avec Israël, dans le cadre du partenariat florissant entre les deux pays ».

« Comme l’a dit David Cameron, le gouvernement britannique ne permettra jamais à ceux qui veulent boycotter Israël d’arrêter 60 ans d’échange dynamique et de partenariat qui fait tellement pour rendre nos deux pays plus forts », a déclaré Quarrey dans une déclaration à la presse lundi.

Ronnie Fraser, le directeur de l’Academic Friends of Israel, a déclaré dans un communiqué que le nombre de signataires représente moins d’un quart d’1 % des 194 245 universitaires travaillant au Royaume-Uni, qui dit-il, constitue une « minorité statistiquement insignifiante ».

Simon Johnson, le directeur général du Jewish Leadership Council, le Conseil représentatif des institutions juives de Grande-Bretagne, a lui réagi en estimant que « ces universitaires devraient réaliser que les boycotts créent des divisions, sont discriminatoires et ne font rien pour avancer vers la paix ou améliorer la vie des Palestiniens ».

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