Plus d’une dizaine de yeshivot transformées en hôtels de quatorzaine
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Plus d’une dizaine de yeshivot transformées en hôtels de quatorzaine

Des centaines d'étudiants hassidiques infectés se sont installés dans une telle structure à Tel Aviv, entraînant la colère des résidents locaux

Des hommes juifs ultra-orthodoxes étudiant par petits groupes à la yeshiva Imrei Emes de la dynastie Sur dans la ville de bleu Brak, le 16 juin 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)
Des hommes juifs ultra-orthodoxes étudiant par petits groupes à la yeshiva Imrei Emes de la dynastie Sur dans la ville de bleu Brak, le 16 juin 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)

Plus d’une dizaine de yeshivot ultra-orthodoxes ont été transformées en hôtels de quatorzaine pour des malades atteints par le COVID-19 après de graves clusters qui se sont déclenchés dans les institutions religieuses et dans un contexte de craintes face à une éventuelle propagation de la maladie lors des fêtes de Yom Kippour et Souccot.

Selon le quotidien Haaretz, quatorze institutions sont devenues des hôtels pour les personnes touchées par le coronavirus.

L’un des clusters les plus importantes a été détecté parmi les membres du mouvement hassidique Gur, avec 438 cas parmi les étudiants des yeshivot. Plus de la moitié des cas ont été confirmés après les prières de Rosh HaShana, la semaine dernière.

Les étudiants hassidiques ont été placés dans deux structures, l’une à Jérusalem et l’autre à Tel Aviv – ce qui a entraîné la colère des résidents de Tel Aviv qui ont affirmé que cette transformation de la yeshiva en hôtel dit « de coronavirus » n’avait pas été coordonnée avec la police ou avec les autorités locales.

Photo d’illustration : Les employés de l’organisation United Hatzalah, vêtus de leur habit de protection contre le coronavirus, dépistent des hommes ultra-orthodoxes à la yeshiva Wolfson de Jérusalem, le 27 août 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« De quel droit établissent-ils un hôtel de coronavirus dans un quartier qui est rempli d’enfants et d’adultes, et comment cela peut-il se faire de manière si secrète, sans en aviser les autres ? », s’interroge ainsi un résident, furieux contre la municipalité, sur les réseaux sociaux. « Comment est-il possible que dans un secteur ‘vert’, au faible taux d’infection, respectueux des lois et de la distanciation sociale, on laisse des étudiants atteints par le coronavirus se promener librement dans le quartier ? »

La police a déployé des agents supplémentaires après les plaintes pour garantir que personne ne quittait le bâtiment, selon Haaretz. La municipalité de Tel Aviv, après avoir nié avoir eu connaissance de la transformation de l’institution en hôtel de quatorzaine, a expliqué vouloir sécuriser davantage le site. Elle a précisé que d’autres malades allaient rejoindre la yeshiva.

Le général de brigade Roni Numa, responsable de la coordination entre le gouvernement et la communauté ultra-orthodoxe en ce qui concerne la pandémie, a dit que cette mesure visait à empêcher les étudiants de retourner chez eux – les familles haredim sont larges – et de contaminer leurs proches, a noté Haaretz.

Les responsables du mouvement hassidique Gur ont déclaré au site d’information Ynet que les malades avaient été confinés et qu’ils étaient restés à l’isolement depuis leurs résultats positifs au test de dépistage, ce qui limitait les possibilités d’une épidémie plus importante.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a lui aussi confirmé la transformation de ces yeshivot de Jérusalem et de Tel Aviv en hôtels de quatorzaine.

Cette initiative a pour objectif d’empêcher 1 000 à 1 500 étudiants de quitter les yeshivot au lendemain de Yom Kippour, lorsqu’elles seront officiellement en congé pour les fêtes.

Malgré la mise en œuvre d’un système de « capsules » et l’obligation, pour les étudiants, de respecter les directives sur le port du masque et la distanciation sociale, plus d’une dizaine de yeshivot ont aussi connu des clusters à hauteur de centaines de cas, selon des informations parues dans les médias.

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