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Plusieurs dizaines de membres de la secte Lev Tahor installés en Bosnie-Herzégovine

Les autorités disent surveiller ce groupe de 37 personnes, arrivé au mois de novembre dans ce pays des Balkans

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Un membre de la secte juive Tev Lahor en Bosnie-Herzégovine, dans un reportage diffusé sur la chaîne N1 BiH, le 28 janvier 2021. (Capture d'écran/ YouTube)
Un membre de la secte juive Tev Lahor en Bosnie-Herzégovine, dans un reportage diffusé sur la chaîne N1 BiH, le 28 janvier 2021. (Capture d'écran/ YouTube)

Plusieurs dizaines de membres de la secte extrémiste juive Lev Tahor se sont installés en Bosnie-Herzégovine.

Le groupe est arrivé dans le pays au mois de novembre. Il s’est arrêté tout d’abord à Sarajevo, la capitale, avant de partir au mois de décembre pour une municipalité voisine, Istočna Ilidža.

Les autorités avaient fait savoir qu’elles surveillaient un groupe arrivé dans le pays – même si elles n’avaient pas confirmé si ce groupe appartenait à la secte Lev Tahor. Mais les activistes qui traquent les activités de la secte ont annoncé qu’elles avaient suivi ses membres en Bosnie-Herzégovine depuis leur arrivée sur le territoire.

Slobodan Ujić, chef du service des Affaires des étrangers dans le pays, a indiqué qu’il y avait actuellement 37 membres de la secte au sein de la nation et qu’ils étaient des citoyens américains, canadiens et guatémaltèques.

La Bosnie-Herzégovine a mis en place un programme de dispense de visa avec ces pays qui permet au groupe de rester dans le pays pendant trois mois – ce qui signifie qu’ils devraient le quitter au mois de février, a-t-il indiqué.

Il a ajouté qu’il était improbable que les membres de la secte obtiennent l’asile.

« Aucune demande d’asile n’a été déposée par des personnes disposant de passeports de ces pays depuis cinq ou six ans. Nous ne nous attendons pas à ce que ce groupe en dépose », a commenté Ujić.

Il a ajouté qu’il n’y avait aucune information d’Interpol sur d’éventuels crimes commis par ces nouveaux arrivants. Les autorités locales, de leur côté, ont indiqué n’avoir eu aucun signalement d’activité répréhensible de la part du groupe, et que les résidents locaux n’avaient fait part d’aucune plainte.

Le maire de la municipalité, Marinko Božović, a dit surveiller la situation.

Les médias locaux ont fait état de la présence des membres de la secte la semaine dernière seulement.

Ni les autorités, ni le groupe n’ont expliqué la raison de leur arrivée dans le pays, et aucune identité des nouveaux arrivants n’a été révélée.

Le groupe a largement évité de parler avec les médias locaux et les habitants et ses membres semblent craintifs, a précisé la journaliste Nataša Vasić du site d’information klix.ba.

Ils devraient partir dans les prochains jours, a-t-elle dit.

Illustration – Femmes et filles de Lev Tahor au Canada (Capture d’écran/YouTube)

Lev Tahor est un mouvement considéré comme une secte et ses membres sont surnommés « les talibans Juifs », en partie parce que les femmes et les fillettes de plus de trois ans sont dans l’obligation de porter de longues robes noires qui leur recouvrent tout le corps, en révélant seulement leur visage. Les hommes passent la plus grande partie de la journée à prier et à étudier des extraits spécifiques de la Torah. Le groupe adhère à une lecture extrémiste et très particulière des règles d’alimentation casher.

Les mariages illégaux entre mineures et membres plus âgés du groupe sont communs.

Le mouvement compterait, selon les estimations, 200 à 300 membres, dont des adultes nés dans la secte et des dizaines d’enfants. La communauté semble s’être fragmentée ces derniers mois.

Le nom du groupe signifie « cœur pur » en hébreu.

Les initiatives et les plans de ce groupe très secret restent flous. Ils se sont éparpillés dans le monde entier, tentant de fuir le contrôle des gouvernements et les conséquences judiciaires de leurs pratiques hors-la-loi, concernant notamment le mariage des enfants.

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