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Plusieurs officiers supérieurs sanctionnés pour leurs échecs, le 7-Octobre

L'ancien chef des renseignements de l'armée israélienne et le chef de l'armée de l'air figurent parmi les hauts-responsables militaires qui ont été sanctionnés ou renvoyés de Tsahal

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

De gauche à droite : le chef de la direction de la planification, le vice-amiral Eyal Harel, le chef de l'armée de l'air, le major général Tomer Bar, le chef de la direction des opérations, le major général Oded Basiuk, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant général Eyal Zamir, le chef de la direction du renseignement, le major général Shlomi Binder, et le chef de la division des opérations, le brigadier général général Yisrael Shomer, au centre de commandement souterrain de l'armée israélienne, le 22 juin 2025. (Crédit : Tsahal)
De gauche à droite : le chef de la direction de la planification, le vice-amiral Eyal Harel, le chef de l'armée de l'air, le major général Tomer Bar, le chef de la direction des opérations, le major général Oded Basiuk, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant général Eyal Zamir, le chef de la direction du renseignement, le major général Shlomi Binder, et le chef de la division des opérations, le brigadier général général Yisrael Shomer, au centre de commandement souterrain de l'armée israélienne, le 22 juin 2025. (Crédit : Tsahal)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a annoncé dimanche soir qu’il avait renvoyé plusieurs officiers supérieurs pour leur rôle dans les échecs du 7 octobre 2023. D’autres ont été réprimandés.

Zamir avait convoqué ces hauts-responsables militaires à des réunions dans la journée de dimanche – après avoir promis de prendre des « décisions personnelles » s’agissant des commandants, des décisions prises sur la base des conclusions d’une enquête qui avait été menée par un panel d’experts externes.

Les officiers de rang inférieur ont été convoqués par le chef d’état-major adjoint de l’armée israélienne, le général de division Tamir Yadai.

La majorité des commandants qui ont été démis de leurs fonctions avaient déjà démissionné de l’armée israélienne, ce qui rend les mesures prises par Zamir largement symboliques. Les officiers sanctionnés continueront à exercer leurs fonctions jusqu’à la fin de leur mandat, qui devrait dans certains cas durer encore plusieurs années.

Dans une déclaration filmée, Zamir a dit : « Ce n’est pas facile de prendre des décisions qui ont un impact sur des personnes que j’apprécie et qui ont consacré leur vie à la sécurité de l’État, des personnes avec lesquelles j’ai combattu pendant des décennies. Mais j’ai aussi le devoir de tracer une ligne claire en matière de responsabilité au niveau du commandement. »

« Ce n’est pas une responsabilité que nous choisissons d’assumer, mais c’est une responsabilité qui nous incombe en tant que commandants de l’armée israélienne », a-t-il poursuivi.

« Si nous ne renforçons pas ce sens des responsabilités, la confiance dans le système s’érodera – et cette confiance est le fondement de notre capacité à combattre, à gagner et à défendre l’État d’Israël », a expliqué Zamir.

Zamir a noté que les officiers qui ont été licenciés ou sanctionnés « sont parmi nos meilleurs commandants ».

« Tous ont consacré la majeure partie de leur vie à Tsahal et à l’État d’Israël. La grande majorité d’entre eux ont participé directement aux succès opérationnels qui ont pu être remportés par les soldats au cours des deux dernières années », a-t-il indiqué.

Parmi les personnes sanctionnées, l’ancien chef du renseignement militaire, le général de division à la retraite Aharon Haliva, qui avait annoncé sa démission au mois d’avril 2024 avant d’être remplacé au mois d’août de la même année. Il sera démis de ses fonctions dans la réserve et il ne servira plus dans l’armée israélienne.

Aharon Haliva, alors commandant du renseignement militaire de l’armée israélienne, lors d’une conférence de l’Institut Gazit à Tel-Aviv, le 4 novembre 2022. (Crédit : Gideon Markowicz/Flash90)

L’ancien chef de la Direction des opérations, le général de division Oded Basiuk, qui avait démissionné de l’armée à la fin de son mandat au mois de juillet, quittera la réserve ainsi que l’armée israélienne.

Le général de division Oded Basiuk, chef de la direction des opérations de l’armée israélienne, assiste à une réunion de la commission de la défense et des affaires étrangères à la Knesset, le 18 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

L’ancien chef du Commandement du Sud, le général de division Yaron Finkelman, qui avait annoncé sa démission au mois de janvier avant d’être remplacé au mois de mars, subira le même sort.

Le général de division Yaron Finkelman (au centre), alors chef du commandement sud de l’armée israélienne, rencontre des officiers dans le centre de Gaza, le 26 avril 2024. (Crédit : Tsahal)

L’actuel chef de la Direction du renseignement, le général de division Shlomi Binder, qui occupait le poste de chef de la Division des opérations le 7 octobre, a été officiellement sanctionné, mais il continuera d’exercer ses fonctions jusqu’à la fin de son mandat de quatre ans, en 2028. Il devra ensuite, à sa demande, quitter l’armée.

L’actuel chef de l’armée de l’air de Tsahal, le général de division Tomer Bar, sera sanctionné pour l’incapacité de ses hommes à assurer la défense du pays face aux drones du Hamas et face aux hommes armés qui avaient pris d’assaut le sol israélien en parapente, le 7 octobre. Il continuera toutefois d’exercer ses fonctions jusqu’à la fin de son mandat, au mois d’avril 2026.

De gauche à droite : le chef de la Direction du renseignement, le général de division Shlomi Binder, le chef de l’armée de l’air israélienne, le général de division Tomer Bar, le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, et le chef de la Direction des opérations, le général de division Oded Basiuk, lors d’une évaluation le 13 juin 2025. (Crédit : Tsahal)

Le vice-amiral David Saar Salama, à la tête de la marine israélienne, sera sanctionné pour l’incapacité de ses unités à se défendre contre l’attaque maritime qui avait été lancée par le Hamas, le jour du pogrom. Il continuera d’exercer ses fonctions jusqu’à la fin de son mandat, dans les mois à venir.

Le général de brigade « Gimmel », qui était à la tête de la division des opérations de la Direction du renseignement militaire le 7 octobre et qui a depuis été muté à un autre poste, sera renvoyé de l’armée israélienne.

L’ancien commandant de l’unité 8200 du renseignement électronique, le général de brigade à la retraite Yossi Sariel, qui avait démissionné au mois de septembre et qui avait été remplacé peu après, sera limogé de la réserve et il ne servira plus au sein de Tsahal.

Le même sort sera réservé à l’ancien commandant de la Division de Gaza, le général de brigade à la retraite Avi Rosenfeld, qui avait fait savoir qu’il quittait l’armée au mois de juin 2024 avant d’être remplacé au mois de septembre de la même année.

Le général de brigade Avi Rosenfeld, commandant de la division de Gaza, lors d’une cérémonie de passation de pouvoir, en août 2022. (Crédit : Armée israélienne)

L’ancien chef du renseignement du Commandement du Sud, le colonel Ariel Lubovski, un réserviste, qui avait été démis de ses fonctions au mois de mars 2024 pour avoir entretenu une relation illicite, mais consensuelle, avec une subordonnée – il avait ensuite été affecté comme représentant de Tsahal au sein de la Direction nationale du cyberespace, poste qu’il a occupé pendant plusieurs mois – sera démis de ses fonctions de réserviste. Il ne servira plus dans l’armée israélienne.

Le colonel réserviste Haim Cohen, commandant de la brigade du nord de la Division de Gaza pendant la période du 7 octobre, qui avait annoncé sa démission au mois de mars avant d’être remplacé au mois d’avril, subira un traitement similaire.

Le commandant de la brigade du nord de la division de Gaza, le colonel Haim Cohen, lors d’une cérémonie de passation de pouvoir, le 16 avril 2023. (Crédit : Tsahal/Archives)

Le lieutenant-colonel « Alef », qui était officier du renseignement au sein de la division de Gaza pendant et avant le 7 octobre, qui avait été muté à un autre poste au sein de la Direction du renseignement militaire au début de l’année 2025, sera renvoyé de Tsahal.

Zamir a également jugé qu’il n’y avait aucun problème à promouvoir trois officiers supérieurs : le général de brigade Eliad Moati, le général de brigade Manor Yanai et le colonel Ephraim Avni, après que le ministre de la Défense Israel Katz a décidé de suspendre leurs nominations, pourtant prévues, en raison de leur implication présumée dans les échecs du 7 octobre.

Moati est un ancien commandant du Corps chargé de la défense des frontières – une unité responsable des observatrices de l’armée israélienne – mais il n’avait pris son poste qu’une semaine avant le massacre. Yanai est chef d’état-major du Commandement du sud, mais son rôle est essentiellement administratif.

Avni était chef des opérations du Commandement du sud en date du 7 octobre.

Toutefois, un officier de premier plan n’a pas été convoqué dimanche par Zamir : le général de division Eliezer Toledano, qui était à la tête du commandement du sud jusqu’au mois de juillet 2023 et qui était auparavant commandant de la division de Gaza.

La majorité des officiers ont rencontré Zamir en personne pour prendre connaissance de sa décision. Haliva et Sariel n’ont pas pu venir pour des raisons d’emploi du temps.

Le chef d’État-major de Tsahal, le général de corps d’armée Eyal Zamir, prend la parole dans une déclaration vidéo, le 23 novembre 2025. (Armée israélienne)

Alors qu’il s’exprimait, dimanche dans la soirée, Zamir a indiqué que l’armée israélienne était « déterminée à mener une enquête approfondie, professionnelle et minutieuse sur tout ce qui s’est passé lors de cette journée terrible ».

« Fort de cet engagement, j’ai pris une série de mesures pour faire avancer le dossier avec notamment la mise en place d’une équipe d’examen indépendante qui a été chargée d’étudier les enquêtes et leur qualité », a-t-il ajouté.

« Mes conclusions présentent un tableau sans équivoque : Tsahal a échoué dans sa mission principale le 7 octobre, qui était de protéger les citoyens de l’État d’Israël », a-t-il continué.

« Il s’agit d’un échec grave, retentissant et systémique qui a concerné les prises de décision et les comportements avant et pendant l’événement. Les leçons à tirer de cette journée sont nombreuses et importantes, et elles doivent servir de boussole pour l’avenir – l’avenir vers lequel j’ai bien l’intention d’orienter l’armée », a poursuivi le chef d’état-major.

« En conséquence et après mûre réflexion, j’ai décidé de prendre des décisions personnelles concernant certains officiers qui avaient servi, le 7 octobre. Des décisions complexes, qui ont découlé de ma responsabilité qui a été de trouver un équilibre entre les considérations systémiques, les considérations de l’ordre du commandement et les besoins de l’armée israélienne dans une période instable, une période où les menaces sont présentes sur tous les fronts ».

De gauche à droite : le chef de la Direction du renseignement, le général de division Shlomi Binder, le chef d’état-major adjoint, le général de division Tamir Yadai, l’assistant du chef d’état-major, le colonel Alon Laniado, le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, et le chef de la Direction des opérations, le général de division Oded Basiuk, lors d’une évaluation au centre de commandement souterrain de l’armée israélienne, le 24 juin 2025. (Crédit : Tsahal)

« Pour ma part », a affirmé Zamir, « je continuerai à diriger Tsahal à la lumière de la vérité, sur la base du sens des responsabilités et du dévouement à la mission qui est la mienne ».

Les premières enquêtes menées par Tsahal le 7 octobre ont été menées sous la direction de l’ancien chef d’état-major Herzi Halevi.

Dans l’une des premières décisions qu’il avait prises après son entrée en fonction en tant que chef d’état-major, au mois de mars dernier, Zamir avait fait appel à un panel externe chargé d’examiner ces enquêtes.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, déposant une gerbe lors d’une cérémonie, à la base de Nahal Oz, marquant le 2ᵉ du pogrom du 7 octobre 2023 selon le calendrier hébraïque, le 16 octobre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Après que la commission qui était composée d’anciens officiers supérieurs de l’armée a déterminé, la semaine dernière, que la plus grande partie des enquêtes menées par Tsahal sur ses échecs étaient soit inadéquates, soit inacceptables, Zamir a indiqué que, si l’armée était entièrement responsable des échecs du 7 octobre, une commission d’enquête « externe » devait être mise en place pour parvenir à des conclusions définitives.

Zamir a notamment évité de demander la création d’une commission d’enquête nationale – une perspective à laquelle le gouvernement s’oppose, malgré les sondages qui montrent qu’une majorité écrasante de la population israélienne y est favorable.

La semaine dernière, le gouvernement a voté la mise en place de sa propre commission d’enquête – une proposition vivement critiquée dans la mesure où, selon ses détracteurs, le panel s’efforcera de dissimuler la responsabilité qui a été celle du gouvernement dans la catastrophe. Ils affirment que ceux qui étaient au pouvoir le 7 octobre ne doivent pas avoir les moyens de contrôler la commission qui sera chargée des investigations sur le pogrom.

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