Policier agressé sur le parvis de Notre-Dame : le terroriste a dit agir « pour la Syrie »
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Policier agressé sur le parvis de Notre-Dame : le terroriste a dit agir « pour la Syrie »

La section anti-terroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête

Vue sur la cathédrale de Notre-Dame de Paris (Crédit : GuidoR/CC BY-SA 3.0/Wikimedia commons)
Vue sur la cathédrale de Notre-Dame de Paris (Crédit : GuidoR/CC BY-SA 3.0/Wikimedia commons)

Un policier a été attaqué au marteau mardi sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame au cœur de Paris par un jihadiste disant agir « pour la Syrie », trois jours après l’attentat de Londres et dans un contexte de menace élevée en Europe.

L’assaillant a été blessé au thorax par des tirs de riposte et évacué vers un hôpital, a-t-on appris de source policière. Il s’est revendiqué être « un soldat du califat », un terme utilisé pour désigner le califat autoproclamé en juin 2014 de l’organisation jihadiste État islamique, selon une source proche de l’enquête.

L’agresseur, qui avait également « des couteaux de cuisine » en sa possession, a crié ‘c’est pour la Syrie’ au moment où il frappait le policier, a pour sa part déclaré le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb à la presse, qui s’est rendu sur les lieux.

Une coalition militaire internationale, à laquelle participe notamment la France, cherche à anéantir en Irak et en Syrie le groupe EI.

« Il se présentait comme étudiant algérien, muni d’une carte dont nous devons vérifier l’authenticité », a-t-il ajouté.

Une enquête a immédiatement été ouverte par le parquet anti-terroriste.

Le policier agressé, légèrement blessé au cou, a également été hospitalisé, a-t-on indiqué de source policière. Il a 22 ans, selon le ministre de l’Intérieur.

Les faits se sont produits à 16H20, selon la source policière, dans l’une des quartiers les plus surveillés de Paris et haut lieu du tourisme. Le policier attaqué faisait partie d’une patrouille de surveillance de l’édifice catholique, a indiqué M. Collomb.

La France a été ciblée par un vague d’attentats jihadistes sans précédent depuis 2015 (239 morts) et les autorités, comme la population, vivent dans la crainte de nouvelles attaques alors que le pays est placé sous le régime exceptionnel de l’état d’urgence depuis les attentats du 13 novembre 2015.

Cette attaque intervient à cinq jours du premier tour dimanche des élections législatives.

« On s’aperçoit qu’on est passé d’un terrorisme très sophistiqué à un terrorisme où n’importe quel outil peut servir pour commettre des agressions », a commenté Gérard Collomb.

Un témoin a rapporté à l’AFP avoir entendu « crier très fort », puis vu « un mouvement de foule ». « Les gens ont paniqué, j’ai entendu deux coups de feu, vu un homme étendu par terre, du sang partout », a-t-il ajouté, sans dévoiler son nom.

« On a entendu deux bruits de coups de feu, on ne s’est pas inquiété, d’ailleurs personne ne s’est inquiété, personne ne courait », ont quant à elles relaté Aline et sa fille Gabrielle Wacogne, venues rendre visite à un proche hospitalisé à l’Hôtel-Dieu.

Les principales voies menant à Notre-Dame ont été bouclées plusieurs heures, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les bras levés

La cathédrale Notre-Dame, située en plein cœur du Paris touristique, est l’un des monuments les plus visités en Europe, avec 13 millions d’entrées par an.

Plus d’un millier de personnes ont été confinées à l’intérieur de l’édifice religieux, selon un porte-parole du monument. Une source policière a, pour sa part, estimé entre 300 et 450 le nombre de personnes qui ont été confinées dans la cathédrale.

Sur requête de la police, l’évêque auxiliaire de Paris, Mgr Éric de Moulins Beaufort, a demandé aux personnes présentes dans la cathédrale de lever les bras pour que les policiers puissent procéder à leur fouille, selon un porte-parole de la cathédrale.

Cette « vérification de routine » se déroulait « dans le calme », a ajouté ce porte-parole.

Cette agression intervient trois jours après un nouvel attentat au Royaume-Uni, revendiqué par l’EI: samedi soir à Londres, trois hommes ont foncé dans la foule avec une camionnette, avant de poignarder des passants, faisant 7 morts et 48 blessés.

En France, les derniers attentats ont ciblé les forces de l’ordre. Karim Cheurfi a tué un policier sur les Champs-Élysées le 20 avril, juste avant le premier tour de la présidentielle, après des attaques qui ont visé des militaires, sans les tuer, au musée parisien du Louvre et à l’aéroport d’Orly (sud de Paris).

La cathédrale Notre-Dame a déjà été au cœur d’une enquête antiterroriste.

En septembre 2016, les autorités françaises avaient démantelé un commando de femmes jihadistes à l’origine d’un attentat avorté à la voiture piégée, retrouvée non loin de Notre-Dame bourrée de bonbonnes de gaz, et qui préparaient d’après les enquêteurs une autre attaque « imminente » contre une gare parisienne ou de l’Essonne.

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