Porsche s’associe à une start-up israélienne pour « mieux sentir la route »
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Porsche s’associe à une start-up israélienne pour « mieux sentir la route »

Après la conférence virtuelle EcoMotion, le constructeur automobile allemand a annoncé l'intégration du logiciel de Tactile Mobility pour améliorer l'expérience de conduite

Un automobiliste guide sa Porsche décapotable, le 5 avril 2020, dans le village de Cherry Hills, à Colo. (Crédit : AP Photo/David Zalubowski)
Un automobiliste guide sa Porsche décapotable, le 5 avril 2020, dans le village de Cherry Hills, à Colo. (Crédit : AP Photo/David Zalubowski)

Tactile Mobility, une start-up basée à Haïfa qui équipe les voitures pour leur donner la capacité de « sentir la route », va s’associer au constructeur automobile allemande Porsche pour équiper ses véhicules du logiciel et faire tester leur technologie.

Cette collaboration a été annoncée lundi dans le cadre de la conférence EcoMotion 2020, une conférence sur la mobilité intelligente organisée en ligne cette année en raison de la pandémie de coronavirus.

Dans le cadre de l’accord entre Tactile Mobility et Porsche, la start-up israélienne fournira au constructeur allemand un logiciel qui sera installé dans les voitures pour les rendre « plus intelligentes, plus agréables et sécuriser davantage la conduite », a expliqué Amit Nisenbaum, le PDG de la start-up.

La firme a conçu un logiciel qui utilise des capteurs non visuels intégrés à la voiture, qui analysent les données telles que la vitesse des roues, l’angle des roues, le nombre de tours-minutes et la position des moteurs pour permettre de « sentir » la dynamique route-voiture – le point de contact entre la route et la voiture et l’état de la route en dessous des pneus – comme le font les conducteurs humains.

Le logiciel de Tactile Mobility comprend un module intégré au véhicule et un module basé sur le cloud qui permet aux voitures de mieux « sentir la route ». (Autorisation)

Tactile avait annoncé en 2019 un investissement de Porsche et d’Union Tech Ventures, la branche d’investissement technologique du groupe Union, pour l’aider à développer sa technologie de détection virtuelle tactile.

Manuel Hoell, le directeur général de Chassis SW-Development, une unité du constructeur automobile allemand, a déclaré lors de la conférence de presse de lundi que ce type d’informations sur la route est un élément-clé pour comprendre comment les voitures roulent et qu’il s’agit d’une information nécessaire pour que les voitures intelligentes puissent avoir une image plus complète de leur environnement. Les données seront utiles à la fois pour les voitures autonomes et pour les systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS), a-t-il déclaré.

Il a ajouté qu’il n’existait pas encore de calendrier concernant la date de mise sur route des voitures équipées du système, mais que la coopération avec Tactile portera ses fruits « dans les années à venir ». Le test de la technologie permettra de conjuguer les connaissances de Porsche en matière de développement de logiciels traditionnels et de développement de châssis avec les logiciels et les données fournis par Tactile, a-t-il déclaré.

Un showroom Porsche à Herzliya Pituah. (Crédit : Simona Weinglass/Times of Israël)

Tactile a ensuite déclaré dans un courriel que la collaboration avec Porsche « n’était pas encore officialisée ».

En janvier, Porsche avait annoncé sa collaboration avec la start-up israélienne TriEye, qui développe des puces de détection infrarouge à ondes courtes (SWIR) permettant aux conducteurs de voir même dans des conditions de route défavorables, pour tester et améliorer les performances de certains de ses produits.

Tactile, fondée en 2012, a levé 9 millions de dollars auprès d’investisseurs.

Des participants à la conférence sur les transports intelligents EcoMotion à Tel Aviv, le 11 juin 2019. (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israël)

L’événement virtuel EcoMotion a débuté lundi et se poursuivra toute la semaine. Parmi les intervenants figurent le PDG de Volvo, Hakan Samuelsson, le professeur Amnon Shashua, président et PDG de Mobileye, Nikolai Ardey, directeur exécutif de VW Group Innovation, William Li, PDG de NIO, et Aicha Evans, PDG de Zoox.

Les intervenants seront disponibles pour répondre aux questions via des chats en direct.

L’exposition de lancement de l’événement sera remplacée par une exposition virtuelle, avec 175 entreprises israéliennes et internationales. Parmi les entreprises technologiques israéliennes qui y seront présentées : Via, Arbe, NoTraffic, Otonomo, Neteera, Karamba Security, VayaVision, Trieye, UVeye, AutoFleet, AutoTalks, Enroute, Driivz, Innoviz, Foretellix, Hailo, Axilion, Actasys, Anagog. Chaque entreprise aura sa propre page où seront présentés ses travaux, ses photos et ses vidéos. Grâce à cette plateforme, les spectateurs pourront contacter directement les start-ups pour poser des questions et prendre des rendez-vous.

La conférence et l’exposition font partie de l’écosystème EcoMotion – une communauté d’entrepreneurs et d’investisseurs dans la mobilité intelligente qui a été mise en place par l’Autorité israélienne de l’innovation, l’Initiative sur les choix de combustibles et le ministère de l’Economie.

L’événement était censé accueillir quelque 5 000 personnes, a déclaré Orlie Dahan, la PDG d’EcoMotion, mais « la réalité a changé » en raison de la pandémie de coronavirus, et elle s’est transformée en un projet virtuel.

« Pour conclure une affaire, il est important de regarder une personne dans les yeux, de lui serrer la main », a déclaré Dahan lors de la conférence de presse tenue par vidéoconférence.

Israël, qui n’a aucune activité de construction automobile, est devenu un leader inattendu dans les technologies qui semblent destinées à transformer les véhicules tels que nous les connaissons, avec des géants technologiques comme Google et Intel et des constructeurs automobiles comme Honda, GM, BMW et Volkswagen qui investissent dans la technologie israélienne dans ce domaine. L’année dernière, Renault et Nissan ont inauguré leur laboratoire d’innovation ouverte en Israël pour exploiter les technologies et les start-ups, et le constructeur automobile américain Ford Motor Company a ouvert un centre de recherche à Tel Aviv.

Selon les données fournies par le ministère de l’Economie, il existe actuellement plus de 500 start-ups israéliennes opérant dans le secteur des véhicules autonomes et électriques et dans la connectivité des véhicules.

Mikael Ronnholm, responsable de la stratégie et de l’idéation de l’innovation au CEVT. (Autorisation)

Lors de la conférence de presse, le responsable de la stratégie et de l’idéation de l’innovation au CEVT, Mikael Ronnholm, a déclaré que l’entreprise mettait en place un centre d’innovation à Tel Aviv. CEVT est la branche innovation du constructeur automobile chinois Geely Holding Group, qui possède et contrôle un large portefeuille de marques, dont Volvo Cars. CEVT dispose déjà de centres d’innovation ouverts en Suède et en Finlande, et ajoute ainsi Israël à sa liste.

« Nous devons trouver les meilleures start-ups du monde et les combiner en solutions », a déclaré M. Ronnholm lors de la conférence de presse virtuelle. Le CEVT s’installe à Tel Aviv pour « exploiter l’écosystème » qui abrite « l’une des communautés de start-ups les plus prospères ».

Lors de la conférence de presse, Netivei Israël – The National Transport Infrastructure Company Ltd, chargée de la construction de routes et d’autoroutes en Israël, a déclaré qu’elle affectait 10 millions de shekels par an à la recherche et au développement et à la promotion de collaborations et de projets pilotes avec des start-ups pour rendre les routes « meilleures et plus sages », a déclaré Hilla Haddad Hamelnik, chef de la division Innovation et Stratégie de Netivei Israël, lors de la conférence de presse.

L’entreprise, responsable de 8 600 kilomètres de routes et d’autoroutes interurbaines, lance la nouvelle division pour apporter la technologie aux transports et aider à rendre les routes plus sûres et à réduire les embouteillages.

Afin d’identifier les technologies appropriées, l’entreprise, en collaboration avec EcoMotion, a déjà sélectionné cinq start-ups qui investiront et effectueront des démonstrations technologiques pour aider à surveiller la circulation des camions, améliorer l’entretien des ponts et renforcer la sécurité routière en analysant les réclamations des conducteurs concernant les conditions physiques sur les routes.

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