Portman à la Women’s March : j’étais une enfant actrice « vulnérable »
Rechercher

Portman à la Women’s March : j’étais une enfant actrice « vulnérable »

L'actrice a dénoncé la sexualisation des femmes et des filles ; les groupes pro-palestiniens ont boycotté l’événement en raison de la participation de Scarlett Johansson

Les actrices Eva Longoria, Constance Wu et Natalie Portman s'adressent aux 500 000 manifestants réunis à l’occasion de la Women’s March de Los Angeles, marquant le premier anniversaire de l'investiture du président américain Donald Trump, le 20 janvier 2018 (Crédit : AFP / Mark RALSTON)
Les actrices Eva Longoria, Constance Wu et Natalie Portman s'adressent aux 500 000 manifestants réunis à l’occasion de la Women’s March de Los Angeles, marquant le premier anniversaire de l'investiture du président américain Donald Trump, le 20 janvier 2018 (Crédit : AFP / Mark RALSTON)

L’actrice juive américaine Natalie Portman s’est prononcée samedi contre la sexualisation des filles dans l’industrie du divertissement alors que des centaines de milliers de femmes américaines sont descendues dans la rue à l’occasion de l’anniversaire de l’investiture du président américain Donald Trump.

Portman faisait partie des dizaines de célébrités qui ont rejoint les femmes américaines dans différentes villes à travers les Etats-Unis, portant toutes les fameux « pussy hat » roses – une référence à Trump qui affirmait dans une vidéo pouvoir peloter les femmes sans leur consentement.

L’actrice oscarisée a expliqué se sentir sexualisée par l’industrie du divertissement depuis que son premier film, « Léon », est sorti alors qu’elle était âgée de 13 ans. Elle a suggéré qu’il était temps qu’une « révolution du désir » survienne.

Dans le film sorti en 1994, Portman jouait le rôle d’une jeune fille recueillie par un tueur à gages après la mort de ses proches.

A la sortie du film, Portman a expliqué avoir ouvert avec excitation sa première lettre de fan – avant de découvrir qu’il s’agissait de la lettre d’un homme qui lui faisait part de son fantasme de la violer. Portman a également déclaré qu’à la même époque, une station de radio locale avait déclenché un compte à rebours courant jusqu’à son 18e anniversaire, date à laquelle les hommes pourraient légalement coucher avec elle. Elle a aussi raconté que, dans leurs critiques du film, les journalistes avaient « parlé en toute liberté de [sa] poitrine naissante ».

« J’ai compris très rapidement, dès l’âge de 13 ans, que si je souhaitais affirmer ma féminité, je ne me sentirais pas en sécurité », a déclaré Portman. « Et que les hommes auraient le droit de discuter et d’objectiver mon corps, et ce à mon grand malaise. »

« A 13 ans, le message était clair pour moi », a-t-elle ajouté.

L’actrice Scarlett Johansson s’adresse à la Women’s March de Los Angeles, le 20 janvier 2018 (Capture d’écran YouTube)

L’actrice juive Scarlett Johansson s’est elle aussi adressée aux manifestants à Los Angeles. Sa participation à l’événement a conduit un certain nombre de groupes pro-palestiniens à retirer leur soutien à l’événement.

L’Association des femmes américano-palestiniennes (PAWA) a fait référence au « soutien sans empathie de Johansson aux colonies illégales en Cisjordanie, une violation des droits de l’homme reconnue par la communauté internationale dont les appels n’ont fait que réaffirmer sa position, ceci envoyant un message clair selon lequel la voix et les droits des Palestiniens n’ont pas d’importance ».

Johansson est une ancienne porte-parole de SodaStream, dont l’usine principale était autrefois située en Cisjordanie. L’usine a été transférée dans le désert du Néguev dans le sud d’Israël en 2015, où elle emploie 1 400 travailleurs, dont un tiers d’Arabes bédouins. Parmi les Palestiniens de Cisjordanie qui travaillaient pour l’entreprise quand elle était située à Ma’ale Adumim, plus de 70 travaillent toujours dans la nouvelle usine.

Johansson a démissionné de son rôle d’ambassadrice d’Oxfam, qui soutient le boycott des implantations de Cisjordanie.

« Même si sa position ne reflète pas nécessairement le point de vue de tous les organisateurs de la Women’s March à Los Angeles, le PAWA ne peut pas, en toute bonne conscience, s’associer avec une organisation qui fait appel à des interlocuteurs qui contredisent leur message initial », a affirmé l’association.

Parmi les autres groupes pro-palestiniens qui ont boycotté la marche figuraient Al-Awda : la coalition pour le droit au retour des Palestiniens, la Voix juive pour la paix, le Code rose, le BDS-LA, le groupe des Juifs pour le droit au retour palestinien et d’autres organisations.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...