Pour endiguer la violence, la police rouvre l’accès aux abords de Jérusalem-Est
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Pour endiguer la violence, la police rouvre l’accès aux abords de Jérusalem-Est

Les dernières soirées ont été marquées par d'intenses affrontements entre Palestiniens et forces de l'ordre à Jérusalem, ainsi que par une marche juive d'extrême droite

  • Des policiers israéliens se tiennent près de la porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem, le 24 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Des policiers israéliens se tiennent près de la porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem, le 24 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Des manifestants palestiniens brandissent des drapeaux nationaux durant un rassemblement près de la porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem, le 25 avril 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)
    Des manifestants palestiniens brandissent des drapeaux nationaux durant un rassemblement près de la porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem, le 25 avril 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)
  • La police israélienne retire des barrières qui empêchaient la foule de se rassembler à la porte de Damas de la vieille ville, le 26 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
    La police israélienne retire des barrières qui empêchaient la foule de se rassembler à la porte de Damas de la vieille ville, le 26 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
  • Des Palestiniens en liesse après que la police israélienne a retiré des barrières qui empêchaient la foule de se rassembler à la porte de Damas de la vieille ville, le 26 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
    Des Palestiniens en liesse après que la police israélienne a retiré des barrières qui empêchaient la foule de se rassembler à la porte de Damas de la vieille ville, le 26 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

La police israélienne a autorisé dimanche soir les Palestiniens à accéder à une promenade aux abords de la Vieille ville de Jérusalem, une mesure apparemment destinée à apaiser les tensions de ces derniers jours, en plein mois de Ramadan.

Plusieurs milliers de jeunes palestiniens étaient rassemblés près de la porte de Damas, l’un des principaux accès au mont du Temple située dans la Vieille ville, lorsque la police a annoncé avec un mégaphone que la zone était désormais ouverte à tout le monde.

Les forces de l’ordre ont laissé des manifestants retirer les barrières métalliques qui barraient l’accès depuis plusieurs jours.

Selon des médias israéliens, la décision de rouvrir cette zone est intervenue à la suite d’une concertation entre les services de police et des dirigeants et commerçants de Jérusalem-Est.

Le début du mois de jeûne du ramadan mi-avril a été marqué par un regain de tension nocturne, qui a parfois dégénéré en affrontements, les Palestiniens protestant contre le blocage de l’esplanade située près de la porte de Damas, les empêchant de s’asseoir sur les marches.

Le commissaire de police Kobi Shabtai a déclaré aux journalistes samedi qu’il s’agissait d’une politique de longue date mise en œuvre chaque année par les officiers afin d’éviter les attroupements et de permettre la libre circulation des visiteurs dans et hors de la Vieille Ville pendant le Ramadan.

Cependant, des photos de la porte de Damas des années précédentes, publiées sur les réseaux sociaux, montrent le site bondé de visiteurs et aucune barrière de police ni aucune barricade autour du site à l’extérieur de la porte, comme c’est le cas ce mois-ci.

Des Palestiniens en liesse après que la police israélienne a retiré des barrières qui empêchaient la foule de se rassembler à la porte de Damas de la vieille ville, le 26 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Ces dernières années, il est arrivé que des barrières soient installées, mais pour une courte durée, et non pour des semaines.

Interrogée dimanche sur la différence entre les photos de la Porte de Damas bondée des années précédentes et les commentaires de Shabtai selon lesquels une politique de longue date a empêché la foule de se rassembler à l’entrée de la Vieille Ville pendant le Ramadan, la police a refusé de se prononcer.

Le chef de la police Kobi Shabtai s’adresse à la presse près de la porte de Damas, après plusieurs jours de violents affrontements entre des extrémistes de droite juifs, les forces de sécurité israéliennes et des Palestiniens à Jérusalem-Est, le 24 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

La Douzième chaîne s’est entretenue avec une série d’anciens hauts responsables de la police israélienne, y compris d’anciens commissaires, qui ont demandé à Shabtai d’abandonner cette politique afin de montrer sa bonne foi aux Palestiniens pendant cette période particulièrement sensible de l’année.

Peu après la diffusion du reportage de la chaîne, Shabtai a ordonné l’abandon de cette politique.

Des manifestants palestiniens brandissent des drapeaux nationaux durant un rassemblement près de la porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem, le 25 avril 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

La décision est intervenue « après des consultations avec des responsables locaux, des responsables religieux, et une évaluation de la situation, tout en prenant en considération les commerçants qui ont besoin de vivre, et afin de réduire le niveau de violence », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police.

« Nos forces sont toujours déployées sur le terrain et nous ne permettrons pas le retour de la violence », a-t-il ajouté.

Un groupe de Palestiniens qui célébrait le retrait des barrières et brandissait un drapeau palestinien a été chassé par la police, et plusieurs jeunes Palestiniens ont été interpellés par les forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Des échauffourées mineures ont éclaté lorsque certains fêtards ont commencé à brandir des drapeaux palestiniens, ce qui a incité la police à intervenir brièvement sur la place.

Des journalistes de l’AFP ont vu plusieurs jeunes Palestiniens être arrêtés par la police. La police a déclaré lundi matin que 12 personnes avaient été arrêtées dans la nuit pour avoir jeté des pierres et des bouteilles en verre sur des policiers ou pour avoir agressé des passants.

Mais la place devant la porte de Damas était désormais ouverte, avec une forte présence policière.

Des images filmées depuis la porte de Damas ont montré la zone bondée de visiteurs, comme les années précédentes, acclamant et sifflant la victoire.

L’atmosphère contrastait fortement avec celle des nuits précédentes, qui avaient été marquées par de violents affrontements.

Plus de 105 Palestiniens ont été blessés jeudi en fin de journée lors d’affrontements avec la police qui s’est retrouvée au milieu des manifestants arabes et d’une foule de centaines d’extrémistes juifs qui se dirigeaient vers la porte de Damas en scandant « Mort aux Arabes », « Que votre village brûle » et autres slogans haineux.

Des policiers israéliens se tiennent près de la porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem, le 24 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La police a utilisé des mesures de dispersion des émeutes contre les deux foules, mais a réservé des moyens plus sévères, y compris des balles en caoutchouc, pour la foule palestinienne.

La branche armée du Hamas, groupe terroriste islamiste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza, a apporté son soutien aux Palestiniens de Jérusalem-Est et menacé Israël en tirant des roquettes pendant trois nuits consécutives.

La branche armée du Hamas, mouvement islamiste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza, a apporté son soutien aux Palestiniens de Jérusalem-Est et menacé Israël.

Trois roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza aux premières heures de lundi, dont une s’est abattue dans l’enclave palestinienne et les deux autres ont été interceptées par le système antimissiles israélien, a indiqué l’armée.

Plus tôt dimanche soir, l’armée avait rapporté un autre tir de roquette, qui s’était abattue dans la bande de Gaza.

Samedi soir, trois roquettes avaient été tirées depuis la bande de Gaza, dont une avait été interceptée par le bouclier antimissile israélien, une avait explosé dans un terrain vague et une s’était abattue dans la bande de Gaza, avait alors indiqué l’armée.

Le Hamas a salué le retrait des barrières comme une victoire de « la jeunesse palestinienne sur l’occupation ».

Jérusalem a également été le théâtre d’une série de vidéos virales sur le réseau social TikTok, qui semblent montrer des Palestiniens attaquant des Juifs ultra-orthodoxes sans aucune provocation. Ces clips ont attisé la colère des Juifs.

Le groupe raciste Lehava, qui a pris la tête des protestations juives, a déclaré dans un communiqué qu’il ne se réunirait pas à nouveau devant la porte de Damas dimanche soir et qu’il proposerait plutôt des cours de Krav Maga à ses militants. Toutefois, le groupe a déclaré qu’il serait prêt à descendre dans la rue « pour protéger les Juifs, si la police ne faisait pas son travail ».

Des Palestiniens scandent des slogans alors qu’ils brûlent des pneus lors d’un rassemblement dans la ville de Gaza en soutien aux manifestants de Jérusalem, le 24 avril 2021. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Plus tôt dans la soirée de dimanche, trois agents d’assainissement arabes ont été attaqués par un groupe de jeunes juifs dans la rue Ben Sira, dans le centre-ville de Jérusalem.

L’un des suspects a été arrêté, a indiqué la police, ajoutant qu’elle avait trouvé un couteau sur lui. Les agents se sont lancés dans une chasse à l’homme pour retrouver les autres assaillants.

Quelques heures plus tôt, un Israélien juif qui distribuait des brochures religieuses à un carrefour à l’extérieur de la ville mixte de Ramle a été agressé par un adolescent arabe. Le suspect, âgé de 19 ans, a été appréhendé peu après par la police.

La victime a été soignée pour des blessures mineures au centre médical Assaf Harofeh situé à proximité.

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