Pour garder WhatsApp, il faudra accepter de partager des données avec Facebook
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Pour garder WhatsApp, il faudra accepter de partager des données avec Facebook

Plus de 2 milliards d'utilisateurs ont jusqu'au 8 février pour accepter le partage avec le géant des réseaux sociaux, notamment les contacts et la mise à jour des statuts

Image d'illustration de la messagerie WhatsApp (Crédit : CC BY-SA Santeri Viinamäki, Wikimedia commons)
Image d'illustration de la messagerie WhatsApp (Crédit : CC BY-SA Santeri Viinamäki, Wikimedia commons)

L’application de messagerie WhatsApp exigera désormais de ses utilisateurs qu’ils partagent leurs données personnelles avec sa société mère, Facebook.

Les utilisateurs en ont été informés mercredi et ont jusqu’au 8 février pour accepter les conditions d’utilisation avant de perdre l’accès à l’application, qui détient plus de 2 milliards de comptes.

« En tant que membre des entités Facebook, WhatsApp reçoit des informations de la part des entités Facebook et partage des informations avec elles, tel que décrit dans la Politique de confidentialité de WhatsApp, notamment pour fournir des intégrations qui vous permettent de relier votre expérience WhatsApp aux autres produits des entités Facebook ; pour assurer la sécurité et l’intégrité des produits des entités Facebook ; et pour améliorer vos expériences avec les produits et publicités des produits des entités Facebook », indiquent les CGU.

Les utilisateurs devront accepter de partager avec Facebook certaines informations, notamment leurs coordonnées, les mises à jour de leurs statuts et les données de diagnostic provenant d’autres applications. Le contenu des messages restera chiffré.

Mais les nouvelles conditions diffèrent entre l’Union européenne et le reste du monde. Dans le cas de l’UE et du Royaume-Uni, elles ne seront utilisées que pour développer les fonctionnalités offertes aux comptes professionnels WhatsApp Business, a expliqué l’entreprise à l’AFP.

« WhatsApp ne partage pas les données de ses utilisateurs en Europe avec Facebook dans le but que Facebook les utilise pour améliorer ses produits ou ses publicités », a assuré un porte-parole de la messagerie.

Le groupe cherche à monétiser sa plateforme en permettant aux annonceurs de contacter leurs clients via WhatsApp, voire d’y vendre directement leurs produits, comme c’est déjà le cas en Inde.

« Les mises à jour des politiques de confidentialité sont courantes dans l’industrie et nous apportons aux utilisateurs toutes les informations nécessaires pour vérifier les changements qui prendront effet le 8 février », a indiqué un porte-parole du groupe dans une déclaration transmise à l’AFP.

Facebook a acheté WhatsApp en 2014 et a, deux ans plus tard, donné aux utilisateurs une occasion unique de refuser de partager les données de leur application avec la société mère.

Un porte-parole de WhatsApp a déclaré au site Ars Technica que le changement de politique consiste à permettre à l’application de stocker des données en utilisant l’infrastructure de Facebook.

Suite à la notification de WhatsApp, le PDG de Tesla, Elon Musk, a tweeté : « Use Signal », en référence à une application de messagerie cryptée concurrente qui a reçu de meilleures notes de confidentialité des données de la part d’experts techniques.

Questionnés jeudi sur le sujet, des porte-paroles de la Commission européenne ont rappelé que Facebook avait été condamné en 2017 à une amende de 110 millions d’euros pour avoir fourni des renseignements inexacts pendant l’enquête de l’UE sur son rachat de l’application mobile WhatsApp.

Facebook est depuis des mois comme les autres « Gafam » (Google, Apple, Amazon, Microsoft) dans le viseur des autorités européennes et américaines qui reprochent à ces conglomérats du nouveau millénaire des pratiques jugées anticoncurrentielles.

Tandis que les Européens planchent sur une nouvelle réglementation potentiellement très contraignante sur le sujet, la justice américaine avait validé au printemps une amende de 5 milliards de dollars infligée à Facebook pour ne pas avoir su protéger les données personnelles.

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