Pour Ilhan Omar, certains collègues « ne sont pas des partenaires de la justice »
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Pour Ilhan Omar, certains collègues « ne sont pas des partenaires de la justice »

La députée démocrate se défend d'être antisémite, et dit qu'elle ne regrette pas d'avoir associé Israël et les États-Unis au Hamas et aux Talibans

La députée Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, prend la parole le 20 avril 2021, à Brooklyn Center (Minnesota). (AP Photo/Morry Gash)
La députée Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, prend la parole le 20 avril 2021, à Brooklyn Center (Minnesota). (AP Photo/Morry Gash)

La représentante américaine Ilhan Omar a déclaré mardi que certains de ses collègues démocrates de la Chambre des représentants – en particulier ceux qui ont critiqué les remarques qu’elle a faites sur Israël, dont certains sont Juifs – « n’ont pas été des partenaires de la justice ».

Dans une interview avec CNN, Ilhan Omar a été interrogée sur certains de ses commentaires passés qui étaient critiques envers l’État juif, y compris un tweet de 2012 dans lequel elle affirmait qu’Israël « hypnotisait le monde » et un autre de 2019 impliquant que l’argent juif expliquait le soutien des élus américains à Israël. Le présentateur Jake Tapper a demandé à Omar si elle pouvait comprendre pourquoi les Démocrates de la Chambre, et en particulier des Juifs, considéraient ces remarques comme antisémites.

« Je me suis montrée ouverte, chaque fois que, vous savez, mes collègues ont demandé à avoir une conversation, à apprendre d’eux, pour qu’ils apprennent de moi. Je pense qu’il est vraiment important pour ces membres de réaliser qu’ils n’ont pas été des partenaires de la justice », a déclaré la Démocrate du Minnesota.

« Ils ne se sont pas engagés de manière égale dans la recherche de la justice dans le monde… Je continuerai à le faire. Il est important pour moi, en tant que personne qui sait ce que c’est que de vivre l’injustice d’une manière que mes collègues ne connaissent pas, d’être une voix pour faire prendre des responsabilités », a ajouté Omar, qui a immigré aux États-Unis en tant que réfugiée de Somalie.

Il n’était pas clair si Omar faisait référence aux représentants juifs en particulier, car la formulation de la question par Tapper était assez vague. Elle semblait plutôt parler de critiques générales à son égard à la Chambre.

Omar a ensuite tweeté : « Je sais que beaucoup de mes collègues – Juifs et non-Juifs – partagent profondément [un] engagement à combattre l’injustice… la communauté noire et la communauté juive se sont historiquement tenues côte à côte dans la lutte contre l’injustice et tout au long de notre histoire, nous avons fait face à des efforts pour nous diviser sur la base de nos différences… nous devons être solidaires. »

Interrogée à nouveau par Tapper sur la raison pour laquelle ses collègues juifs pourraient considérer les remarques passées qu’elle a faites comme antisémites, Omar a déclaré : « J’entends cela. J’ai évidemment clarifié et présenté des excuses lorsque j’ai senti que mes mots avaient offensé. »

Omar, qui est musulmane, a ensuite accusé à nouveau certains collègues d’utiliser des « tropes islamophobes ».

« Je n’ai pas encore reçu d’excuses », a-t-elle déclaré.

La représentante Ilhan Omar durant un meeting de la commuauté Sabathani à Minneapolis, Minnesota, le 18 juillet 2019. (Crédit : Kerem Yucel / AFP)

Elle avait déjà porté une telle accusation au début du mois, lorsqu’un groupe de 12 Démocrates juifs de la Chambre des représentants avait déclaré que le fait qu’elle ait comparé Israël et l’Amérique au Hamas et aux Talibans dans des remarques sur l’enquête de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre présumés donnait « une couverture aux groupes terroristes ».

Tapper a demandé à Mme Omar si elle regrettait ses remarques comparant les pays avec des extrémistes et des terroristes.

« Je ne les regrette pas », a répondu Mme Omar.

Elle poursuit : « J’ai tendance à penser que les gens dans le monde qui ont subi une injustice doivent pouvoir avoir un endroit où ils peuvent aller. Et en tant que pays ayant contribué à la création de la [Cour pénale internationale] et l’ayant soutenue, je pense qu’il est vraiment important pour nous de continuer à trouver des moyens permettant aux gens de trouver la justice dans le monde entier. »

Ni les États-Unis ni Israël ne sont membres de la Cour et tous deux ont dénoncé les enquêtes de la CPI sur leurs opérations militaires en Afghanistan et dans la bande de Gaza. Les enquêtes portent également sur les actions des Talibans et du groupe terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza.

La représentante démocrate Ilhan Omar du Minnesota prend la parole lors d’un rassemblement près du Capitole américain, le 29 juin 2021, à Washington. (Crédit : Anna Moneymaker/Getty Images/AFP)

Le Hamas a également reproché à Mme Omar sa « comparaison inacceptable » du groupe avec Israël.

« Elle a mis sur un pied d’égalité la victime et le bourreau lorsqu’elle a traité sur un pied d’égalité la résistance du peuple palestinien, les crimes israéliens en Palestine et l’agression américaine en Afghanistan », a déclaré un porte-parole de l’organisation terroriste islamiste.

Si Mme Omar a été critiquée de toutes parts, plusieurs de ses collègues démocrates progressistes l’ont défendue.

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