Pour Tunis, la « place naturelle » de la Syrie est dans la Ligue arabe
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Pour Tunis, la « place naturelle » de la Syrie est dans la Ligue arabe

La réintégration de Damas fait débat, après avoir multiplié les victoires militaires et reconquis les deux tiers du pays en guerre

Le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui (Capture d'écran  Dailymotion)
Le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui (Capture d'écran Dailymotion)

La « place naturelle » de la Syrie est au sein de la Ligue arabe dont elle a été suspendue en 2011, a déclaré samedi le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui, dont le pays accueille en mars le sommet annuel de l’organisation panararabe.

« La Syrie est un État arabe important (…) et sa place naturelle est dans le giron arabe », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec son homologue russe Sergueï Lavrov, dont le pays soutient le régime syrien.

« La question du retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe ne dépend pas de la Tunisie mais de la Ligue arabe », a-t-il poursuivi. Ce sont les dirigeants des pays arabes « lors de leur prochaine réunion », qui « décideront de la manière de réintégrer ou non la Syrie ».

Le siège de la Syrie à la Ligue arabe avait été gelé fin 2011 en réaction à la répression meurtrière lancée par le régime de Bachar al-Assad contre des manifestations pro-démocratie, à l’origine du conflit qui a fait plus de 360 000 morts.

Sa réintégration fait aujourd’hui débat, au moment où Damas a le vent en poupe après avoir multiplié les victoires militaires et reconquis les deux tiers du pays en guerre.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov tient une conférence de presse lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 28 septembre 2018. (Crédit : Stephanie Keith / Getty Images / AFP)

M. Lavrov, en tournée au Maghreb, a indiqué avoir appelé les responsables algériens et marocains à soutenir le retour de Damas à la Ligue arabe.

« Comme discuté en Algérie et au Maroc les jours passés, nous voudrions que Tunis soutienne également le retour de la Syrie dans la famille arabe, la Ligue arabe. D’autant plus que la (réunion de la) Ligue arabe aura lieu ici en mars », a souligné M. Lavrov.

L’Irak et le Liban ont tous les deux appelé à un retour des représentants du régime syrien à la Ligue arabe, et les Emirats arabes unis ont rouvert en décembre leur ambassade à Damas, après avoir coupé en 2012 leurs relations diplomatiques avec le régime.

L’Arabie saoudite, poids lourd régional opposé au régime de Bachar al-Assad, semble encore réticente à une normalisation avec la Syrie et à sa réintégration au sein de l’organisation panarabe.

Interrogé au sujet d’une réouverture de l’ambassade tunisienne à Damas, M. Jhinaoui a souligné que Tunis avait un chargé d’affaires sur place et que l’évaluation de sa représentation dépendrait de la situation en Syrie.

Le ministre russe Lavrov a part ailleurs indiqué à Tunis que les deux pays s’étaient mis d’accord pour renforcer leur « coopération antiterroriste ».

« Nous partageons le même point de vue: il faut harmoniser les efforts des médiateurs extérieurs pour le règlement du conflit libyen », a-t-il ajouté, faisant allusion aux divergences, notamment entre la France et l’Italie, sur une solution à la crise en Libye.

« Ceci doit être fait sous l’égide de l’ONU en prenant en compte le point de vue des voisins comme la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte », a-t-il déclaré.

M. Lavrov, qui achève sa tournée au Maghreb, a également rencontré samedi le président tunisien Béji Caïd Essebsi et le Premier ministre Youssef Chahed.

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