Pour un « Iran libre »: l’opposition en exil réunie en sommet mondial virtuel
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Pour un « Iran libre »: l’opposition en exil réunie en sommet mondial virtuel

Ce sommet, inédit par sa forme et son ampleur, était organisé via Zoom, diffusant des images d'une salle dans la ville d'Ashraf en Albanie

Des manifestants iraniens protestent autour de pneus en feu lors d'une manifestation contre la hausse des prix de l'essence à Ispahan, le 16 novembre 2019. (Photo par - / AFP)
Des manifestants iraniens protestent autour de pneus en feu lors d'une manifestation contre la hausse des prix de l'essence à Ispahan, le 16 novembre 2019. (Photo par - / AFP)

L’opposition iranienne en exil, soutenue par des personnalités politiques américaines et européennes, a exhorté au « soulèvement » pour « reprendre l’Iran » et y construire un « pays libre », lors de son rassemblement annuel organisé en ligne à cause du Covid-19 et ayant réuni des milliers de participants.

Ce sommet, inédit par sa forme et son ampleur, était organisé via Zoom, diffusant des images d’une salle dans la ville d’Ashraf en Albanie où des centaines d’écrans ont retransmis des images de différents participants dans le monde.

30 000 points de connexion ont été recensés depuis « une centaine de pays », selon les organisateurs.

Les participants à ce rassemblement virtuel ont successivement pris la parole pour apporter leur soutien au Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Ce groupe d’opposition interdit en Iran est la vitrine politique des Moudjahidine du peuple (MEK), principal groupe d’opposition armée au régime islamique et organisation qualifiée de « secte terroriste » par Téhéran.

Quelque 2.800 membres du MEK vivent dans la cité albanaise d’Ashraf 3. Le MEK avait soutenu en 1979 la révolution populaire qui avait renversé le régime impérial en Iran et conduit à l’avènement de la République islamique, mais s’est ensuite opposé aux nouvelles autorités.

Des vidéos de dizaines de membres présumés du MEK à l’intérieur de l’Iran -notamment des jeunes et des femmes – dissimulant leurs visages et scandant des slogans, ont aussi été diffusées.

Vêtue d’un ensemble et d’un foulard bleu clair, la dirigeante du MEK, également présidente du CNRI, Maryam Radjavi, a longuement pris la parole depuis l’Albanie, entourée des centaines d’écrans télévisés. « Nous, le peuple iranien et la Résistance iranienne, nous allons renverser ce régime et reprendre l’Iran (…) nous allons bâtir un Iran libre (…) et instaurer une République démocratique, laïque et non nucléaire », a-t-elle lancé.

« Aujourd’hui, tout indique que la dictature religieuse est en phase de renversement », a-t-elle jugé. « Le soulèvement enflammé de novembre (2019) a démontré (…) qu’il existe une force de renversement située au cœur des villes d’Iran ».

Un mouvement de contestation avait éclaté le 15 novembre en Iran dès l’annonce d’une forte hausse du prix de l’essence, en pleine crise économique, et avait touché une centaine de villes.

Des manifestants iraniens se rassemblent autour d’une voiture en feu lors d’une manifestation contre l’augmentation du prix de l’essence, dans la capitale Téhéran, le 16 novembre 2019. (AFP)

Selon Washington, la répression des manifestations de novembre a fait plus de 1.000 morts. Les experts de l’ONU évoquent plus de 300 morts. Téhéran avait estimé à 230 le nombre de personnes tuées.

« Prison intérieure »

Dans son discours, Maryam Radjavi a rendu hommage aux « victimes innocentes » de l’épidémie de nouveau coronavirus en Iran, affirmant qu’elle avait fait « jusqu’à ce jour au moins 72.000 morts en Iran » et accusant les autorités d’une gestion « calamiteuse » de la situation.

Les autorités iraniennes ont elles recensé 264.561 cas de contamination dans le pays, dont 13.410 morts. La maladie gagne nettement du terrain depuis près d’un mois en Iran, pays de loin le plus touché au Proche et au Moyen-Orient.

Le député français Philippe Gosselin (Les Républicains, droite) qui s’est exprimé lors de ce rassemblement a déclaré que l’Iran était « devenu une prison intérieure ».

L’ancien maire de New York Rudy Giuliani à un évènement « Free Iran 2018 – the Alternative » le 30 juin 2018, à Villepinte, en banlieue parisienne. (Crédit : AFP /Zakaria Abdelkafi)

De son côté, l’avocat personnel de Donald Trump et ancien maire de New York Rudy Giuliani, joint via Zoom aux Etats-Unis, a prononcé un discours offensif.

« Le régime (iranien) est sur le point de tomber en ce moment », a-t-il affirmé, critiquant notamment la gestion par les autorités de l’épidémie de Covid-19. « Le changement de régime en Iran est à portée de main. N’écoutez pas les
pessimistes ! », a-t-il martelé.

De sévères sanctions américaines contre l’Iran ont été rétablies en 2018 après le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien.

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