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Pour un procureur suédois, le drapeau de l’EI n’est pas symbole de haine

Le migrant syrien qui avait posté la bannière islamiste sur Facebook ne sera pas poursuivi, car le groupe terroriste est "contre tout le monde"

Un jeune adolescent tient un drapeau de l'Etat islamique sur le mont du Temple (Crédit : Facebook)
Un jeune adolescent tient un drapeau de l'Etat islamique sur le mont du Temple (Crédit : Facebook)

Un procureur a rejeté une plainte déposée à l’encontre d’un musulman qui arborait un drapeau de l’EI sur la photo de son profil Facebook, affirmant que cet affichage n’était pas constitutif d’un crime de haine.

La procureure Gisela Sjövall a considéré la semaine dernière que la bannière noire et blanche exprime une animosité à l’encontre de tous ceux qui ne font pas partie de l’organisation terroriste, et qu’elle n’est donc pas une forme de racisme dirigé contre un groupe spécifique.

“Pour le dire simplement, on peut estimer qu’il s’agit d’une expression de mépris ‘pour tous les autres’, et non contre un groupe ethnique spécifique”, a expliqué Sjövall à la chaîne suédoise SVT news.

C’est un délit d’inciter à la haine raciale en Suède et les symboles nazis y sont interdits, mais selon son jugement, arborer un drapeau de l’EI ne contrevient pas à la législation.

« S’il y avait eu quoi que ce soit dans le texte [posté aux côtés du drapeau] avec des formulations plus spécifiques visant certains groupes, par exemple les homosexuels, le jugement aurait pu être différent », a indiqué Sjövall. « En ce qui me concerne, il n’y a aucun doute à émettre sur la décision de ne pas donner suite à l’affaire ».

Curieusement, le migrant syrien, âgé de 23 ans, a déclaré à la police ne pas soutenir l’EI. Il a affirmé que le drapeau ne représente pas seulement l’Etat islamique mais remonte aux premiers temps de l’islam, lorsque les armées musulmanes utilisaient principalement des drapeaux noir et blanc.

Le drapeau est interdit en Allemagne et aux Pays-Bas. En 2014, le Premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, avait suggéré que tout individu arborant ostensiblement le drapeau devait être passible de poursuites judiciaires mais le Secrétaire d’état aux Affaires étrangères Boris Johnson, qui était alors maire de Londres, s’y était opposé.

« Je n’aime pas les gens qui brandissent le drapeau de l’EIIL… Je pense qu’un équilibre doit être trouvé », avait-il dit. « Nous vivons dans un pays libre et vous auriez besoin d’avoir une législation parlementaire pour considérer comme illégaux certains éléments iconographiques. Ce serait très compliqué. »

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