Pourim : Circulation bloquée à Jérusalem pour la dernière nuit du couvre-feu
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Pourim : Circulation bloquée à Jérusalem pour la dernière nuit du couvre-feu

Les autorités craignent que des rassemblements, dans les quartiers ultra-orthodoxes, n'entraînent des infections mais l'application des règles ne devrait pas être stricte

La police patrouille au marché Mahane Yehuda de Jérusalem. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
La police patrouille au marché Mahane Yehuda de Jérusalem. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La police a établi des checkpoints dans tout Jérusalem, samedi soir, pour empêcher les fêtards de se rendre dans la ville pour la dernière nuit de la fête de Pourim, des célébrations qui sont interdites conformément aux restrictions entraînées par le coronavirus.

Les autorités ont également arrêté tous les transports publics depuis et vers Jérusalem, de samedi à dimanche soir, lors de la troisième nuit d’un couvre-feu national visant à empêcher les rassemblements.

La police a dispersé environ 200 fêtes dans tout le pays depuis le début de Pourim, jeudi, mais elle en a probablement manqué des centaines d’autres, a noté la Douzième chaîne.

Les célébrations de Shushan Pourim, qui auront lieu cette année dimanche, marquent le dernier jour de la fête et elles sont traditionnellement célébrées dans des villes fortifiées comme Jérusalem et Safed.

Les autorités sont particulièrement inquiètes des regroupements qui devraient avoir lieu dans toutes les communautés ultra-orthodoxes, qui ont été des foyers majeurs du coronavirus pendant toute l’année, et dont de nombreux membres contreviennent aux directives du coronavirus de manière répétée.

Les agents ne devraient pas appliquer strictement les restrictions dans la capitale, a dit la Douzième chaîne. Ces derniers mois, la police n’a pas souhaité – ou elle s’est montrée dans l’incapacité – de stopper les infractions massives aux limitations entraînées par le coronavirus au sein de la communauté haredi, avec notamment des funérailles qui ont réuni des milliers de personnes.

Il y a eu peu d’informations de la police sur des rassemblements organisés dans les zones ultra-orthodoxes pendant Pourim, tandis que certaines synagogues et yeshivot ont été prises d’assaut par des fidèles, ce qui signifie que la police ne mettra probablement pas en place les restrictions dans ces secteurs, a noté la chaîne.

La police patrouille au marché Mahane Yehuda de Jérusalem. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Il a été aussi considéré comme presque impossible pour la police de mettre en vigueur strictement le couvre-feu nocturne national imposé pendant la fête. Les entreprises sont principalement ouvertes pendant la journée et elles ne peuvent qu’accueillir les personnes vaccinées ou ayant guéri du coronavirus, et de nombreux Israéliens se sentent enhardis par la campagne de vaccination.

Le gouvernement a vivement recommandé au public d’éviter les célébrations pendant la fête, alors que le coronavirus est loin d’être contrôlé et que les indicateurs d’infection sont, une fois encore, en hausse. Les responsables ont averti qu’il n’était pas encore clairement établi que la vaccination empêchait de transmettre le virus et que les personnes ayant reçu leurs deux doses de vaccin sans respecter les directives sociales pouvaient encore représenter un danger pour les autres.

Tentant de limiter les célébrations massives, le gouvernement a adopté un couvre-feu nocturne, jeudi, vendredi et samedi, donnant pour instruction aux Israéliens de rester dans un périmètre d’un kilomètre de chez eux entre 20h30 et 5h du matin pour éviter les rassemblements massifs. Seules les entreprises essentielles peuvent ouvrir leurs portes pendant ces horaires.

Mais une grande partie du public a ignoré les appels du gouvernement et la police a dû interrompre des dizaines de fêtes organisées pour Pourim, ces derniers jours, qui ont attiré beaucoup de gens.

Des centaines de personnes ont ainsi participé à une fête déguisée de Pourim sur le marché aux puces de Jaffa, très prisé par les habitants, samedi après-midi, en violation des règles. Les participants ont pu porter le masque et ils n’ont pas respecté la distanciation sociale.

Des gens fêtent Pourim en violation des restrictions du coronavirus sur le marché aux puces de Jaffa, à Tel Aviv-Jaffa, le 27 février 2021. (Capture d’écran)

Un fêtard a déclaré qu’il « est étrange qu’il n’y ait pas de policiers mais c’est bien : On peut faire la fête sans être dérangés ». Une femme a été filmée, chantant « Pas de corona, le corona, c’est terminé ».

La police n’est arrivée que plusieurs heures plus tard pour disperser la foule. Les responsables des forces de l’ordre ont insisté sur le fait que les agents avaient été présents et actifs sur le marché dès le matin mais qu’aucun policier n’avait été aperçu pendant plusieurs heures au cours des réjouissances proprement dites.

Une fête similaire a été rapportée, vendredi après-midi, à Tel Aviv. La police est peu intervenue pour l’interrompre.

Les responsables de la Santé ont expliqué à la presse israélienne que ces scènes de liesse pendant la fête étaient profondément préoccupantes et qu’ils s’inquiétaient d’une autre vague d’infections qui pourrait retarder la réouverture du pays.

La prochaine phase d’allègement des restrictions doit avoir lieu le 7 mars et les restaurants devraient pouvoir à nouveau accueillir les clients assis. Mais si le nombre de cas de coronavirus reste élevé et que le système de soins est encore une fois sous pression, alors les plans de réouverture devront être reportés, ont expliqué les responsables de la santé.

La police a dispersé, jeudi soir, plus de cent fêtes et événements pour Pourim, dans tout le pays. Des centaines de personnes y avaient pris part en violation des règles sanitaires et du couvre-feu national.

Des personnes portant des costumes fêtent Pourim sur la place HaBima, à Tel Aviv, le 26 février 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Des fêtes ont été interrompues à Jérusalem, Beit Shemesh, Haïfa, Tel Aviv, Ashdod et Rehovot, entre autres, ont dit les responsables. Des dizaines de personnes ont été placées en état d’arrestation ou en détention. Des amendes ont été distribuées aux participants comme aux organisateurs.

Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a écrit vendredi matin sur Twitter : « J’en appelle à la poignée de personnes qui peuvent nous nuire à tous : Stop. Laissez les fêtes jusqu’à après le coronavirus. Oubliez les tisches [rassemblements hassidiques] cette fois. Le décret religieux de la réjouissance, pendant la fête de Pourim, ne doit pas être maintenu au détriment du public ».

Edelstein a mis en garde, jeudi, contre de possibles restrictions à Pessah si des fêtes devaient avoir lieu pendant Pourim.

Suite à des rassemblements festifs lors de Pourim l’année dernière – au tout début de la pandémie de coronavirus – une augmentation du nombre de cas de COVID-19 avait été constatée au sein de l’État juif.

Pourim est habituellement célébré avec des fêtes déguisées ainsi que d’importants repas communautaires qui rassemblent familles et amis. Depuis le début de l’épidémie dans le pays, l’année dernière, le gouvernement a occasionnellement imposé des couvre-feux, en particulier pendant des fêtes majeures, dans un effort visant à empêcher les rassemblements et la propagation inévitable du virus.

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