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Première conférence sur la restitution des œuvres volées par les nazis à Londres

La déléguée américaine Ellen Germain a déclaré que la conférence visait à garantir que les gouvernements puissent s'inspirer des expériences vécues par les autres

Des touristes admirent un tableau de Wassily Kandinsky dont la propriété est contestée, au Stedelijk Museum d’Amsterdam, le 10 juillet 2019. (Crédit : Cnaan Liphshiz)
Des touristes admirent un tableau de Wassily Kandinsky dont la propriété est contestée, au Stedelijk Museum d’Amsterdam, le 10 juillet 2019. (Crédit : Cnaan Liphshiz)

En 2018, un tribunal néerlandais avait émis un jugement très controversé en permettant à un musée d’Amsterdam de conserver gratuitement un tableau qui avait été volé à son propriétaire juif par les nazis, disant que « l’intérêt public » justifiait qu’il reste exposé au sein de l’institution.

Une décision qui avait été vivement critiquée par les activistes qui se battent pour que les œuvres volées pendant la Shoah soient rendues à leurs propriétaires légitimes. Ils avaient estimé qu’il s’agissait d’un « échec scandaleux de la justice », une erreur qui avait le potentiel de détruire des décennies de progrès.

Suite au tollé international qui avait été entraîné par cette décision, la ville avait ordonné au musée Stedelijk, l’année dernière, de rendre cette toile de Wassily Kandinsky aux héritiers du marchand d’art qui en était propriétaire avant que les nazis ne s’en emparent, mettant un point final à ce dossier controversé.

Mardi, Ellen Germain, envoyée spéciale aux questions sur la Shoah au sein du département d’État américain, a estimé que cette affaire constituait une leçon précieuse pour les autres pays sur « les meilleures pratiques de restitution des œuvres d’art volées par les nazis. »

S’exprimant pendant un sommet sans précédent à Londres, aux côtés de huit de ses homologues venus du monde entier, Germain a déclaré que l’exemple donné par les Pays-Bas « est un cas où des complications juridiques ont fait leur apparition et où elles ont été résolues de manière satisfaisante. C’est très exactement ce genre de cas que nous sommes venus étudier pour en tirer les leçons, de manière à ce que chaque gouvernement puisse s’inspirer des expériences vécues par les autres ».

En 1998, plus de 40 pays avaient signé les Principes de Washington qui portent sur les questions relatives aux œuvres d’art qui avaient été confisquées par les nazis et qui présentent une feuille de route en matière de restitution. Néanmoins, 25 années plus tard, plus de 100 000 tableaux sur les 600 000 à peu près qui avaient été volés par les nazis pendant la Shoah n’ont pas été restitués à leurs propriétaires légitimes, selon le média allemand Deutsche Welle.

Mark Weitzman, directeur-général délégué au sein de la WJRO (World Jewish Restitution Organization), a indiqué pendant une conférence de presse lors de ce sommet que « si des écarts significatifs persistent en matière de restitution, il y a également des avancées positives et des réussites ».

Il a noté qu’en Lettonie, le Parlement a voté, l’année dernière, en faveur d’un plan de restitution très attendu – un plan où les autorités se sont engagées à payer plus de 40 millions de dollars à la communauté juive du pays, forte d’environ 10 000 personnes, dans la prochaine décennie. La Lituanie, pour sa part, a alloué la somme de 38 millions de dollars en indemnisation pour les œuvres d’art que les Juifs avaient perdues pendant la Shoah, quand 90 % des membres de la communauté avaient été assassinés par les nazis et par leurs collaborateurs locaux.

La Croatie, a fait savoir Weitzman, fait actuellement avancer sa propre législation avec pour objectif de résoudre le problème.

Mais « certaines difficultés persistent », a fait remarquer Eric Pickles, envoyé spécial du Royaume-Uni pour les questions post-Shoah, qui accueillait l’événement. Pickles a ajouté qu’il « ne serait pas diplomatique » de nommer les pays posant problème.

Cela fait longtemps que la WJRO appelle la Pologne à s’attaquer aux biens privés en déshérence qui, selon les responsables polonais, peuvent être réclamés par le biais des tribunaux civils – une réclamation qui exige par ailleurs, déclarent les activistes, l’adoption d’une législation particulière. Les estimations varient sur la valeur totale de ces biens, certains disant qu’elle pourrait s’élever à des milliers de dollars.

En plus des États-Unis et du Royaume-Uni, des représentants du Canada, des Pays-Bas, de l’Autriche, de l’Allemagne, de la France, de la Croatie et d’Israël étaient présents lors de ce sommet. La Claims Conference (Conference on Jewish Material Claims Against Germany) avait aussi envoyé un délégué.

Tandis que le sommet de cette semaine s’est majoritairement consacré à la restitution des œuvres d’art, Germain a invité les représentants aux États-Unis pour une réunion de suivi qui concernera les autres aspects.

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