Première réponse de l’Iran: les EAU seront « engloutis par le feu du sionisme »
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Première réponse de l’Iran: les EAU seront « engloutis par le feu du sionisme »

Le conseiller du président du Parlement iranien a affirmé qu'avec l'accord de normalisation, Abu Dhabi se retournait contre les Palestiniens et alimentait les « crimes sionistes »

Un responsable iranien, Hossein Amir-Abdollahian, alors vice-ministre des Affaires étrangères, prend la parole lors d'une conférence de presse à Moscou, en Russie, le 3 août 2012. (AP Photo / Misha Japaridze)
Un responsable iranien, Hossein Amir-Abdollahian, alors vice-ministre des Affaires étrangères, prend la parole lors d'une conférence de presse à Moscou, en Russie, le 3 août 2012. (AP Photo / Misha Japaridze)

La première réponse de l’Iran à l’accord de normalisation annoncé jeudi entre Israël et les Émirats arabes unis est venue d’Hossein Amir-Abdollahian, conseiller spécial du président du Parlement iranien.

« La nouvelle approche des EAU de normaliser les liens avec ce faux pays criminel #Israël ne préserve pas la paix et la sécurité, mais sert les crimes sionistes en cours », a écrit Hossein Amir-Abdollahian, conseiller aux affaires internationales et ancien vice-ministre des Affaires étrangères.

« Le comportement d’Abou Dhabi n’a aucune justification, et tourne le dos à la cause palestinienne. Avec cette erreur stratégique, #UAE seront engloutis dans le feu du sionisme », a-t-il ajouté.

Le texte était accompagné d’un graphique montrant une étoile de David en train d’être  « effacée » sur un ordinateur.

https://twitter.com/Amirabdolahian/status/1293985732432977920

Israël et les Émirats arabes unis ont annoncé l’accord jeudi après-midi. Ils « ont accepté la normalisation complète des relations entre Israël et les Émirats arabes unis », ont-ils déclaré dans un communiqué conjoint.

Donald Trump a été le premier à annoncer l’accord entre Israël et les Emirats qui prévoit une normalisation de leurs relations et qui, une fois signé, fera de la fédération le troisième pays arabe à suivre cette voie depuis la création de l’Etat hébreu en 1948.

Téhéran a ensuite condamné vendredi l’accord en affirmant que cela allait renforcer « l’axe de la résistance » pro-iranien dans la région. Cet accord annoncé jeudi est une « stupidité stratégique d’Abou Dhabi et de Tel-Aviv qui renforcera sans aucun doute l’axe de résistance », a déclaré le ministère iranien dans un communiqué en référence aux alliés de Téhéran au Moyen-Orient.

L’établissement de relations diplomatiques entre Israël et les alliés des Etats-Unis dans le Golfe est un objectif clé de la stratégie régionale du président américain Donald Trump pour contenir l’influence grandissante de l’Iran.

Washington et Téhéran sont à couteaux tirés depuis le retrait unilatéral en mai 2018 des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015.

« Le peuple opprimé de Palestine et toutes les nations libres du monde ne pardonneront jamais la normalisation des relations avec l’occupant et le régime criminel d’Israël », a affirmé le ministère iranien des Affaires étrangères.

Egypte et Jordanie exceptées, les nations du Moyen-Orient s’étaient toujours montrées réticentes à normaliser les liens avec l’Etat hébreu sans solution préalable au conflit israélo-palestinien comprenant un Etat palestinien avec pour capitale Jérusalem-Est.

Ces dernières années, Israël avait toutefois développé une coopération officieuse avec Bahreïn, les Emirats et l’Arabie saoudite.

L’annonce de l’accord intervient après de rares discussions entre le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et son homologue émirati Anwar Gargash la semaine dernière qui avaient réveillé l’espoir d’un réchauffement de leurs relations après des tensions ces dernières années.

Vendredi, Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil de discernement, un poste clé du système politique iranien, a accusé dans un tweet les Emirats de collaborer officieusement « depuis dix ans » avec Israël.

« Ils ont créé un réseau d’espionnage et de renseignement contre les pays de la région », a-t-il ajouté.

Mais selon Ellie Geranmayeh, analyste au Conseil européen des relations internationales, l’accord ne constitue pas un « grand changement » pour l’Iran dont la politique prenait déjà en compte les relations entre Israël et des pays du Golfe.

Qualifiant « l’action honteuse des Emirats » de dangereuse, la diplomatie iranienne a mis en garde contre toute ingérence israélienne dans le Golfe et affirmé que « le gouvernement émirati et les autres Etats à ses côtés seront responsables des conséquences » de cet accord.

Dans une allusion à son grand rival régional, l’Arabie saoudite, Téhéran a aussi appelé les dirigeants « dans leur tour d’ivoire » qui s’opposent aux peuples palestinien et yéménite à ne pas « confondre leurs ennemis et leurs amis ».

L’Arabie saoudite intervient dans la guerre au Yémen depuis 2015 en soutien aux forces du gouvernement face aux rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

L’Etat hébreu craint lui l’influence grandissante de l’Iran dans plusieurs pays, notamment en Syrie, où la République islamique et son allié le groupe terroriste chiite du Hezbollah libanais soutiennent le régime de Bachar al-Assad.

Dans un éditorial, l’agence officielle iranienne Irna a affirmé que l’accord n’était ni historique, ni stratégique, ni une volonté des Etats-Unis de « résoudre les problèmes de la région » mais seulement une combine de M. Trump pour se faire réélire alors que les sondages donnent de l’avance à son adversaire démocrate Joe Biden.

La plupart des pays du Golfe ayant déjà des relations officieuses avec Israël, l’impact de l’accord sera limité, selon Irna, qui affirme que d’autres comme l’Arabie saoudite, Bahreïn et le Koweït suivront les Emirats dans les trois mois qui précèdent la présidentielle américaine pour en influencer l’issue.

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