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Présidentielle : 1/3 des Français ont voté blanc ou se sont abstenus

L'abstention a été de 24,52 %, un chiffre plus élevé qu'au premier tour, et 12 % des électeurs ont choisi un bulletin blanc ou nul

Sortie de l'isoloir pour les deux candidats du second tour de la présidentielle française, au Touquet pour Emmanuel Macron et à Hénin-Beaumont pour Marine Le Pen, le 7 mai 2017. (Crédit : Eric Feferberg et Alain Jocard/Pool/AFP)
Sortie de l'isoloir pour les deux candidats du second tour de la présidentielle française, au Touquet pour Emmanuel Macron et à Hénin-Beaumont pour Marine Le Pen, le 7 mai 2017. (Crédit : Eric Feferberg et Alain Jocard/Pool/AFP)

Entre l’abstention et les votes blancs et nuls, un Français sur trois a refusé de choisir dimanche entre le centriste Emmanuel Macron et la candidate d’extrême-droite Marine Le Pen, un niveau record depuis 1969.

Selon les résultats du ministère de l’Intérieur à 23h00 portant sur plus de 80 % des électeurs, l’abstention a été de 24,52 %, un chiffre plus élevé qu’au premier tour (22,63 %) et le plus haut enregistré depuis la présidentielle de 1969 (31,4 %).

Outre cette abstention élevée, le ministère a dénombré un nombre record de bulletins blancs et nuls qui approcherait les 12 % des votants (contre 6,4 % en 1969, précédent record) ou 9 % des inscrits. Ils avaient seulement atteint le seuil de 2 % des inscrits au premier tour.

« Cela ferait au total un Français sur trois qui aurait choisi de ne pas choisir entre les deux candidats. C’est vraiment beaucoup pour une présidentielle », constate auprès de l’AFP Anne Jadot, professeur de Science politique à l’université de Lorraine.

C’est la première fois depuis 1969 que le taux de participation au second tour est inférieur à celui du premier tour.

Marine Le Pen, le 4 mai 2017 (Crédit : capture d'écran France TvInfo)
Marine Le Pen, le 4 mai 2017 (Crédit : capture d’écran France TvInfo)

« La présence de l’extrême droite au second tour n’a pas provoqué de sur-mobilisation par rapport au premier tour, contrairement à ce qui s’était passé en 2002. Il n’y a pas eu d’effet de choc car sa présence était attendue », souligne Jadot.

En 2002, l’abstention avait atteint un niveau record de 28,4 % au premier tour. Mais la présence au second tour de Jean-Marie Le Pen, père de Marine Le Pen et fondateur du Front National, avait ensuite mobilisé massivement les électeurs, provoquant une chute de l’abstention à 20,3 %.

Concernant les votes blancs ou nuls, s’il est habituel que leur niveau progresse entre les deux tours, cette fois-ci il a plus que quadruplé dans un contexte inédit d’élimination des deux grands partis de gouvernement dès le premier tour.

« Le vote blanc est revendiqué comme de l’abstention civique, cela manifeste un attachement à l’exercice du droit de vote tout en renvoyant dos-à-dos les candidats », estime Jadot.

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