Procès de l’attaque d’une synagogue à Halle: l’extrémiste nie encore la Shoah
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Procès de l’attaque d’une synagogue à Halle: l’extrémiste nie encore la Shoah

Le parquet fédéral allemand avait requis la réclusion à perpétuité, la peine maximale, avec une détention de sureté minimale de 15 ans. Le verdict est attendu le 21 décembre

L'assaillant allemand de la synagogue, identifié par les médias comme étant le néo-nazi Stephan Balliet lors de son attaque à Halle. (Crédit : capture d'écran)
L'assaillant allemand de la synagogue, identifié par les médias comme étant le néo-nazi Stephan Balliet lors de son attaque à Halle. (Crédit : capture d'écran)

L’extrémiste de droite allemand jugé pour le meurtre de Jana Lange et Kevin S. au cours d’une attaque antisémite l’an dernier contre la synagogue de Halle a de nouveau nié la Shoah mercredi au dernier jour de son procès.

Alors que l’accusé, Stephan Balliet, 28 ans, devait avoir le dernier mot dans son procès entamé mi-juillet à Magdebourg, dans l’est de l’Allemagne, il a été interrompu au bout de quelques minutes par la présidente du tribunal après avoir exposé ses opinions négationnistes.

« Je vous l’avais expliqué, vous ne devez pas le répéter », lui a asséné la présidente Ursula Mertens qui lui a laissé l’opportunité de reprendre son récit mais il a préféré s’abstenir.

Mi-novembre, le parquet fédéral allemand avait requis la réclusion à perpétuité, la peine maximale, avec une détention de sureté minimale de 15 ans à son encontre. Le délibéré est attendu le 21 décembre.

Lors des audiences précédentes, M. Balliet avait déjà à plusieurs reprises exprimé ses théories conspirationnistes, racistes et misogynes et n’avait exprimé aucun regret. Mercredi, il a parlé de « procès spectacle purement politique ».

Ses avocats à l’inverse ont remercié les juges pour ce « procès équitable », tout en exprimant leur « profonde sympathie » pour les victimes.

Cependant, contrairement à l’expert psychiatrique qui l’avait certifié comme pleinement responsable malgré un trouble complexe de la personnalité, la défense a mis en doute cette analyse.

Selon l’un de ses avocats, Hans-Dieter Weber, l’accusé s’est isolé et radicalisé « en plongeant dans le monde de l’internet », où il a rencontré des personnes partageant ses « vues inhumaines et racistes ».

Un homme armé qui serait le tireur Stephan Balliet dans une rue de Halle, en Allemagne, pendant une fusillade aux abords d’une synagogue qui a fait deux morts dans la ville, le 9 octobre 2019 (Capture d’écran/Andreas Splett/ATV-Studio Halle/AFP)

Le 9 octobre 2019, en plein Yom Kippour, l’une des plus importantes fêtes religieuses du judaïsme, Balliet avait filmé et diffusé en direct son assaut pendant lequel il avait nié l’existence de la Shoah et s’en était pris aux juifs.

Après avoir échoué dans sa tentative d’enfoncer la porte, il avait abattu une passante Jana Lange puis plus loin un homme dans un restaurant de kebabs, Kevin S., ciblé pour sa clientèle d’immigrés. La police l’avait finalement arrêté après une course-poursuite.

Il s’était inspiré de Brenton Tarrant, l’auteur des attentats racistes sanglants (51 morts) commis quelques mois auparavant contre deux mosquées à Christchurch en Nouvelle-Zélande, qui avait également diffusé en direct ses crimes.

Cette attaque était intervenue dans un contexte de résurgence du terrorisme d’extrême droite en Allemagne.

En juin 2019, un sympathisant d’extrême droite, actuellement jugé, avait tué un élu pro-migrant et en février 2020 un autre extrémiste de droite avait tué neuf personnes d’origine étrangère à Hanau, près de Francfort.

Jana Lange, 40 ans, assassinée devant la synagogue de Halle, le 9 ocotbre 2019 (Facebook)
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