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Quand les Turques inversent les clichés sexistes

Plusieurs personnalités comme la chanteuse Sila ainsi que la mairie d'Istanbul ont rejoint le mouvement contre le sexisme et les violences endémiques dans une société patriarcale

Des femmes qui manifestent en Turquie lors de l’évènement "Kiyafetime karisma", dans le quartier de Kadikoy, à Istanbul, le 29 juillet 2017. (Crédit : Neslihan_Turan / CC BY-SA 4.0)
Des femmes qui manifestent en Turquie lors de l’évènement "Kiyafetime karisma", dans le quartier de Kadikoy, à Istanbul, le 29 juillet 2017. (Crédit : Neslihan_Turan / CC BY-SA 4.0)

« Un homme ne doit pas rire en public », « il portait un mini-short », « apprenez à conduire » : de nombreuses internautes turques renvoyaient samedi aux hommes les remarques sexistes qu’elles subissent au quotidien, une façon d’aborder avec humour des sujets graves.

Signe du ras-le-bol face au sexisme et aux violences endémiques dans une société patriarcale, le mot-dièse « que les hommes restent à leur place » était en tête des plus utilisés sur Twitter en Turquie samedi.

« Comment a-t-il fait pour obtenir ce poste ? Il a dû coucher. De toute façon, il est tout le temps en jean slim », lançait ainsi une internaute, parmi les nombreux messages abordant le sexisme au travail.

« Je vois des hommes qui mettent des mini-shorts serrés, du parfum et qui s’esclaffent dans la rue. Après, ils se plaignent d’avoir été agressés sexuellement », écrivait une autre.

Plusieurs personnalités, comme la chanteuse Sila, ainsi que la mairie d’Istanbul ont rejoint le mouvement.

« À partir de 22H00, les chauffeurs de nos autobus permettront aux hommes de descendre où ils veulent, pour leur sécurité », a plaisanté cette dernière sur Twitter, faisant référence à une mesure similaire mise en place pour les femmes.

Cette avalanche de messages traduit la pression croissante que ressentent les femmes en Turquie, où les violences qu’elle subissent sont un mal persistant.

Selon le groupe de défense des droits des femmes « Nous ferons cesser le féminicide », 413 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2019 en Turquie.

Si le président Recep Tayyip Erdogan dénonce souvent les violences contre les femmes, les associations féministes l’accusent de ne pas en faire assez pour les empêcher.

Elles accusent aussi M. Erdogan d’avoir banalisé le sexisme en exhortant par exemple les femmes à avoir « au moins trois enfants » ou en déclarant qu’elles étaient « incomplètes » avant d’être mères.

Un ancien vice-Premier ministre, Bülent Arinç, avait suscité l’indignation en 2014 en déclarant qu’une femme ne devait « pas rire bruyamment en public ».

Une déclaration largement détournée sur les réseaux sociaux samedi : « Un homme ne doit pas rire bruyamment en public. Il doit être modeste. »

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