Québec: un ancien décret interdisant vente et location aux Juifs jamais supprimé
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Québec: un ancien décret interdisant vente et location aux Juifs jamais supprimé

Aussi, une rue et un parc du nom d’Alphonse Waegener, l’agriculteur antisémite qui avait décrété la mesure dans les années 50-60, existent toujours à Saint-Jean-sur-Richelieu

Le centre-ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, le 11 juin 2007. (Crédit : I, Pregup / CC BY-SA 3.0)
Le centre-ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, le 11 juin 2007. (Crédit : I, Pregup / CC BY-SA 3.0)

Mardi, le journal québécois La Presse rapportait que, dans les années 1950-1960, dans la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, à proximité de Montréal, un décret avait interdit de vendre ou de louer des logements aux « personnes de race juive ». Pour des centaines de maisons, l’interdiction survit toujours officiellement sur le papier, même si elle n’est plus appliquée.

« Ces servitudes sont toujours actives et produisent encore des effets juridiques », a estimé la Cour supérieure dans une décision récente, alors qu’un propriétaire souhaitait la faire annuler. Elles « suivent encore ces immeubles » et « ont été tolérées jusqu’à ce jour ». Mais, de par sa nature discriminatoire, elle est complètement illégale. La clause a été rayée dans le cas du propriétaire qui s’en est ému.

Aussi, une rue et un parc du nom d’Alphonse Waegener, l’agriculteur antisémite qui avait décrété la mesure, existent toujours dans la municipalité.

Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), agence de représentation des Fédérations juives du Canada-UIA, et les Amis du Centre Simon Wiesenthal ont réagi en demandant de rebaptiser les lieux nommés Waegener.

Interrogé par La Presse, le fils d’Alphonse Waegener, Louis, âgé de 99 ans, explique que son père n’appréciait pas le fait que les Juifs « deviennent maîtres un peu dans tout ».

« Mon père s’adonnait avec tout le monde, mais vous voyez, les Juifs, ils deviennent maîtres un peu dans tout. C’est ça qu’il n’aimait pas, a-t-il expliqué à La Presse. Il avait des amis juifs. Il ne voulait pas qu’il y ait de trouble avec les Canadiens. »

Le CIJA a déclaré « condamner avec la plus grande fermeté les propos antisémites tenus par le fils du propriétaire aujourd’hui décédé, Louis Waegener, justifiant la clause discriminatoire employée par son père interdisant la vente et la location de ses terres aux Juifs. Ces clauses antisémites et racistes, qui étaient répandues dans les années 1950, ont depuis été annulées par une décision de la Cour suprême. »

Selon David Ouellette, directeur du CIJA, d’autres communes compteraient elles aussi des mesures discriminatoires similaires.

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