Qui par les prières, qui par les manifs : Guide du confinement pour les égarés
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Qui par les prières, qui par les manifs : Guide du confinement pour les égarés

Quelles activités seront ouvertes ou fermées à partir de vendredi ? Lesquelles seront autorisées ou interdites ? Quand pourrez-vous voyager à plus d'un km de votre domicile ?

Une mariée israélienne avec un masque facial se promène au marché Mahane Yehuda à Jérusalem le 15 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Une mariée israélienne avec un masque facial se promène au marché Mahane Yehuda à Jérusalem le 15 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le gouvernement a approuvé des mesures de confinement radicales, qui entreront en vigueur vendredi à 14h et resteront en place pendant au minimum trois semaines – mais probablement plus longtemps – dans un contexte de hausse vertigineuse des taux de COVID-19 dans tout le pays.

Les règles exigeront des Israéliens qu’ils restent à moins d’un kilomètre de leur domicile pendant la période des fêtes juives, avec une longue liste d’exceptions – des emplettes à l’épicerie à la longue course à pied du matin.

Vous trouverez ci-dessous un aperçu des règles et des réponses aux questions les plus courantes sur les nouvelles réglementations.

Quelles sont les exceptions à la règle des un kilomètre ?

Les Israéliens doivent rester à moins d’un kilomètre de chez eux, selon les règles (la distance de 500 mètres avait au départ été envisagée).

Mais la liste des exceptions est longue : aller travailler ; acheter de la nourriture ou des produits de première nécessité ; aider les personnes âgées ou dans le besoin ; se rendre à un rendez-vous chez le médecin, y compris en médecine alternative ou en thérapie ; se rendre à la Knesset ; assister à une manifestation ; donner son sang ; participer à une procédure judiciaire ; faire de l’exercice (seul ou avec les membres d’un même ménage, à condition que le point de départ soit la maison) ; assister à des funérailles ou à une circoncision ; se rendre à l’aéroport pour un vol outre-mer ; se rendre à un bain rituel (mikveh) pour les femmes ; s’occuper d’animaux.

Des Israéliens portent des masques de protection en faisant leurs achats pour le Nouvel an juif au marché de Safed, le 16 septembre 2020. (David Cohen/Flash90)

Des exceptions supplémentaires concernent : les cantors et ceux qui sonnent le shofar pendant les fêtes ; le transfert de mineurs entre couples divorcés ; les déplacements à destination et en provenance de centres éducatifs et écoles qui restent ouverts, notamment ceux pour enfants à besoins spécifiques. Les bénéficiaires de programmes d’aide sociale ou de programmes pour les personnes handicapées et leurs proches sont autorisés à se déplacer librement entre les institutions et les foyers. Les proches au premier degré des soldats tombés au combat pendant la guerre du Yom Kippour pourront assister aux cérémonies commémoratives, comme le prévoient les règles.

Selon les règles, les Israéliens seront autorisés à quitter leur domicile pour acheter des articles pour les fêtes de Souccot, y compris le loulav et l’etrog rituels, ou à faire les traditionnelles kapparot.

Puis-je assister à des services de fêtes qui se déroulent à plus d’un kilomètre de distance ?

Non.

Des Juifs récitent les selihot sur le lieu de sépulture du rabbin Shimon bar Yochai à Meron, dans le nord d’Israël, le 12 septembre 2020, avant le Nouvel an juif. (David Cohen/Flash90)

À quoi ressembleront les offices de prière pour Rosh HaShana et Yom Kippour selon les nouvelles règles ?

Pour les services en plein air, le nombre de participants ne peut pas dépasser 20. Les participants doivent garder une distance sociale, avec un siège vide entre les fidèles, sauf s’ils font partie du même foyer, et aucune nourriture ne peut être servie.

Pour les prières à l’intérieur, les fidèles doivent être divisés en groupes de 10 ou 25 (10 pour les villes dites rouges avec un taux d’infection élevé ; 25 pour les villes orange avec un taux d’infection modéré), séparés par des « capsules » en plastique. Les fidèles doivent laisser vides deux sièges entre eux et aucune nourriture ne peut être servie.

Des hommes juifs ultra-orthodoxes prient à la synagogue, séparés par des cellules en plastique, au milieu de la nouvelle crise de la pandémie de coronavirus, dans la ville de Rehovot, au centre d’Israël, le 16 septembre 2020. (GIL COHEN-MAGEN/AFP)

Le nombre total de fidèles autorisés à l’intérieur dépend de la taille de la synagogue et du taux d’infection local. Dans les villes et zones « rouges », les synagogues à deux entrées peuvent accueillir jusqu’à 30 fidèles, le nombre augmentant de 20 par entrée supplémentaire. Pour les villes et zones « orange », la règle est de 50 fidèles par entrée dans une synagogue. Les synagogues doivent prévoir un espace de quatre mètres carrés par personne, cette règle primant sur les autres.

Puis-je me rendre au domicile d’une autre personne pendant le confinement ?

Les règles disent que non – sauf si vous êtes là pour travailler ou aider une personne dans le besoin.

En outre, le règlement limite généralement les rassemblements à 10 personnes à l’intérieur et à 20 personnes à l’extérieur.

Un homme juif sonne du shofar dans la rue Jaffa à Jérusalem, le 13 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Quels magasins seront ouverts et lesquels seront fermés ?

Les restaurants, les centres commerciaux, les piscines, les gymnases, les coiffeurs, les hôtels et autres services de loisirs seront fermés.

Les supermarchés, les pharmacies, les quincailleries et les magasins d’articles ménagers, les magasins de lunettes, les magasins d’électronique, les laveries automatiques sont jugés essentiels et resteront ouverts.

Tant que les centres commerciaux seront fermés, les magasins essentiels à l’intérieur des centres commerciaux ou dans les marchés en plein air pourront rester ouverts.

Des Israéliens dans des restaurants et des bars à Jérusalem, le 17 septembre 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Existe-t-il des restrictions sur les manifestations ?

Pas selon la décision du gouvernement publiée jeudi.

Les Israéliens protestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant sa résidence officielle à Jérusalem le 29 août 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Y aura-t-il des transports publics ?

Le règlement d’urgence énonce les règles sanitaires applicables aux transports publics, indiquant qu’ils fonctionneront pendant le confinement, mais il n’est pas encore clair s’ils seront réduits.

La capacité des trains sera limitée à 50 % et les bus intra-urbains pourront transporter un maximum de 32 passagers. Les bus interurbains, quant à eux, ne pourront prendre que 30 passagers.

Les billets de train doivent être achetés à l’avance, tandis que les billets de bus doivent être activés par les passagers, sauf pour les personnes qui ont besoin de l’aide du chauffeur. Il n’est pas permis de manger à bord.

Les taxis ne sont autorisés à ne prendre qu’un seul passager, sauf si les passagers font partie du même ménage ou si le passager a besoin d’une escorte.

Qu’en est-il des voyages en voiture ?

Trois personnes au maximum peuvent voyager dans la même voiture, à l’exception des membres d’une même famille. Pour les véhicules plus grands, un autre passager est autorisé pour chaque rangée de sièges supplémentaire.

Quid des plages ?

Les plages sont fermées. Sauf si vous êtes un joggeur qui habite à proximité, mais la baignade reste interdite.

Les Israéliens profitent de la chaleur à la plage de Tel Aviv, le 5 septembre 2020. (Miriam Alster/FLASH90)

Les aires de jeux et les parcs seront-ils fermés, comme pendant la fermeture du printemps ?

Non, les parcs et les aires de jeux restent ouverts aux résidents qui vivent dans un rayon de 500 mètres.

Un pompier israélien portant des vêtements de protection désinfecte un terrain de jeu public dans la ville ultra-orthodoxe de Kiryat Ye’arim (Telz-Stone), le 18 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Quelles sont les restrictions sur les lieux de travail ?

Dans le secteur public, le nombre de travailleurs en poste sera réduit à 50 %.

Cela ne s’applique pas au secteur privé, qui peut continuer à fonctionner dans le cadre de la réglementation existante en matière de santé, à condition qu’il n’offre pas de services en personne ou n’organise pas de réunions avec plus de 10 personnes présentes.

Qu’en est-il des écoles ?

Les écoles restent fermées jusqu’à nouvel ordre, mais ne sont pas directement abordées dans les règlements de confinement du gouvernement.

Certains programmes éducatifs, y compris les programmes pour les personnes ayant des besoins particuliers, continueront de fonctionner comme d’habitude.

Des élèves de l’école primaire, le 1er septembre 2020, jour de la rentrée, à l’école Gabrieli de Tel Aviv. (Miriam Alster/Flash 90)

Quelles sont les amendes en cas d’infraction ?

Le gouvernement n’a pas encore confirmé le montant des amendes pour les infractions.

Mais selon les médias israéliens, les amendes iront de 500 NIS pour les violations personnelles des règles à 5 000 NIS pour les entreprises qui ouvrent au mépris des ordres de fermeture du gouvernement.

Seront-elles appliquées ?

Alors que la police devrait mettre en place des points de contrôle pour réprimer les circulations illégales, les autorités ont déclaré qu’elles comptaient beaucoup sur la coopération des Israéliens pour contribuer à faire baisser les taux d’infection.

S’exprimant jeudi sur le site d’information Ynet, Gilad Bahat, de la police israélienne, a déclaré que la police infligera des amendes à ceux qui enfreignent les règles relatives aux rassemblements de prières ou aux fêtes organisées dans les maisons, mais a indiqué que cela pourrait être plus léger pour les autres contrevenants.

La police israélienne à l’entrée du quartier de Ramot à Jérusalem alors qu’Israël impose un couvre-feu nocturne à une quarantaine de villes gravement touchées par le coronavirus, le 13 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Dans les endroits qui ne respectent pas [les règles de prière], les gens se verront infliger des amendes. Nous disperserons les services de prière qui violeront les règles de manière flagrante », dit-il.

Il ajoute toutefois que la police n’a pas l’intention d’enfoncer les portes pour voir si les gens accueillent des invités pour les fêtes.

« Par principe, nous n’avons pas l’intention d’entrer dans les maisons, certainement pas », dit-il.

« Mais le public est vigilant et informateur, et si nous voyons des endroits où il y a d’[importants] rassemblements de personnes – comme des fêtes de maison – nous serons là », ajoute Bahat.

Quand cela va-t-il se terminer ?

Nul ne le sait. Le règlement n’est pas marqué d’une date d’expiration et les responsables ont dit qu’il pourrait bien être prolongé.

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein, lors de réunions à huis clos, a averti que les règles pourraient également être renforcées si les taux d’infection ne diminuent pas, a rapporté la radio de l’armée jeudi.

Le vice-ministre de la Santé, Yoav Kisch, et le directeur général du ministère de la Santé, Chezy Levy, ont déclaré qu’un taux quotidien de 1 000 nouveaux cas serait le signe d’un assouplissement. Le nombre de cas quotidiens s’élève actuellement à plus de 4 000.

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