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Rapport cinglant du contrôleur de l’État sur l’avion officiel israélien

Un vol à bord de "l'Aile de Sion" coûte 108 % plus cher qu'en avion classique ; le bureau du Premier ministre avait demandé 120 places - il n'y a que 60 occupants en moyenne

Le président du syndicat des travailleurs des industries aérospatiales israéliennes, Yair Katz, dévoile l'Aile de Zion le 8 décembre 2021. (Syndicat des travailleurs des industries aérospatiales israéliennes)
Le président du syndicat des travailleurs des industries aérospatiales israéliennes, Yair Katz, dévoile l'Aile de Zion le 8 décembre 2021. (Syndicat des travailleurs des industries aérospatiales israéliennes)

Dans un rapport cinglant qui a été rendu public mercredi, le contrôleur de l’État Matanyahu Englman a souligné de nombreuses défaillances dans l’acquisition et dans l’exploitation de la version israélienne de « l’Air Force One ».

Cet avion qui a coûté 750 millions de shekels et qui a été surnommé « l’Aile de Sion », dont la conception a pris de longues années, sert aux responsables de l’État israélien lors de leurs voyages officiels.

Le Premier ministre Naftali Bennett et le président Issac Herzog ne l’ont néanmoins pas encore utilisé.

Afin d’obtenir une autorisation de vol, l’avion doit bénéficier de plusieurs approbations délivrées par le bureau du Premier ministre qui fait traîner la procédure, selon des informations.

La conception de cette avion est largement attribuée à l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Ses partisans avaient expliqué qu’il était crucial pour assurer le déplacement en toute sécurité des hauts-responsables publics, tandis que ses opposants – notamment des membres de la coalition actuelle – avaient estimé que le projet était né de la vanité d’un chef du gouvernement qui cherchait à donner une image plus clinquante de ses voyages à l’international.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, partenaire de coalition de Bennett, avait indiqué lors de ses campagnes, ces dernières années, qu’il n’utiliserait pas l’avion qui était, selon lui, un gaspillage de l’argent des contribuables.

Dans le rapport établi par le contrôleur de l’État, il est indiqué que le coût d’un voyage moyen dans l’avion qui reste actuellement immobilisé au sol est de 5,2 millions de shekels – soit 108 % plus cher que les coûts actuels, les membres du gouvernement préférant utiliser un avion d’un transporteur aérien israélien au prix moyen de 2,5 millions de dollars.

Le rapport note aussi que le bureau du Premier ministre avait demandé que l’avion puisse accueillir 100 à 120 passagers, et que seules 61 personnes en moyenne ont accompagné le Premier ministre dans ses déplacements à bord de « l’Aile de Sion » entre 2010 et 2013.

Le Premier ministre Naftali Bennett parle aux journalistes avant de partir de l’aéroport Ben Gurion pour Washington, le 24 août 2021. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Englman fait aussi remarquer que le budget de 729 millions de shekels qui avait été approuvé par le cabinet pour le projet était supérieur à hauteur de 137 millions de shekels au prix réel de 588 millions de shekels initialement présenté par le ministère de la Défense.

Cette différence avait été due en grande partie aux coûts de sécurité que le Shin Bet n’avait pu présenter qu’après décision d’un budget pour l’appel d’offres, ce qui avait ajouté 92 millions de shekels au coût total du projet.

Le cabinet avait revu le budget approuvé à la baisse en 2016 en le faisant passer à 590 millions de shekels, suite aux recommandations du bureau du Premier ministre et de l’armée de l’air israélienne.

Le rapport note toutefois que l’avion représente « une amélioration claire… au niveau de la sécurité, notamment de la défense de l’avion et de la sécurité de l’information, des communications, des contrôles, des conditions à bord de l’appareil, en termes des services qui y sont fournis et en termes de disponibilité ».

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