Réactions d’habitants d’Ashkelon aux roquettes des groupes terroristes de Gaza
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Réactions d’habitants d’Ashkelon aux roquettes des groupes terroristes de Gaza

Deux Israéliennes sont mortes mardi après-midi après une salve de roquettes du Hamas ; Près de 70 personnes sont à l'hôpital Barzilai

Une roquette tirée depuis la bande de Gaza qui a directement frappé un immeuble d'habitation à Ashkelon, le 11 mai 2021. (Flash90)
Une roquette tirée depuis la bande de Gaza qui a directement frappé un immeuble d'habitation à Ashkelon, le 11 mai 2021. (Flash90)

Dans la ville israélienne d’Ashkelon, à laquelle le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas a promis un « enfer », les habitants vivent depuis l’aube au rythme des sirènes, avant de se réfugier dans des abris anti-bombes.

Deux Israéliennes sont mortes mardi après-midi après une salve de roquettes du Hamas.

Depuis les premières sirènes lundi en fin de journée dans la cité côtière, les habitants se sont rués des dizaines de fois dans des abris. Idem mardi alors que le déluge de roquettes se poursuivait dans l’après-midi.

« Vers 05H00 du matin, on a été réveillé par la sirène, on s’est caché dans la penderie parce qu’il n’y a pas d’abri dans la maison », raconte Shelly Belayev, qui habite dans un immeuble ayant été très endommagé par une frappe. La façade a été noircie par une déflagration alors qu’un appartement a été totalement ravagé. « Il y a eu une très forte explosion, je n’ai jamais entendu un bruit pareil, j’ai vite compris que le missile était tombé ici », ajoute-t-elle. « Je suis sortie, j’étais sous le choc ».

Guy Mann, qui vit à Ashkelon près d’un bâtiment qui a été directement touché, a déclaré à la radio de l’armée que de nombreux habitants de la ville n’ont pas accès à des abris.

« J’ai été réveillé par une grosse explosion qui était extrêmement intense », a-t-il déclaré à la radio de l’armée. « La maison n’est pas protégée et il n’est pas réaliste de se rendre dans les abris du quartier, surtout lorsque les barrages sont aussi continus. Nous ne pouvons compter que sur le Dôme de fer [système de défense antimissile] et sur la chance. »

Une chambre visée par une roquette lancée depuis Gaza à Ashkelon, le 11 mai 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Les habitants de la ville, en particulier ceux des quartiers sud, se plaignent depuis des années que les bâtiments les plus anciens ne disposent pas de zones blindées et que les abris collectifs sont insuffisants.

La controverse autour du manque d’abris à Ashkelon est toujours d’actualité, le maire de la ville affirmant que 25 % des résidents n’ont pas accès à une zone protégée lorsque des roquettes sont tirées sur la ville.

« C’est impossible lorsque la vie normale devient un état d’urgence en quelques minutes. Il est temps de frapper le Hamas et le Jihad islamique palestinien d’un coup dur », a déclaré lundi Tomer Glam à la radio de l’armée. « Il y a des maisons des années 1960 où il n’y a pas de protection de base – il est temps que les responsables financiers et les décideurs comprennent ce qui se passe ici dans la ville. »

Plus d’une centaine de roquettes tirées depuis l’enclave palestinienne de Gaza, contrôlée par les terroristes islamistes du Hamas, se sont abattues sur Ashkelon. Cinq ont frappé des zones habitées, selon la municipalité.

Plus de 70 Israéliens étaient traités à l’hôpital Barzilai, situé à Ashkelon, une ville d’environ 150 000 habitants, d’après les secouristes israéliens.

Mardi matin, des résidents allaient constater les dégâts. Dans un quartier résidentiel, le toit d’une maison a été complètement soufflé.

A quelques rues de l’immeuble à la façade noircie par un impact, Anna raconte ne pas avoir « dormi de la nuit ».

« On craignait qu’il y ait de nouvelles alertes », confie cette Israélienne de 66 ans. « Je suis obligée de sortir mon chien mais j’ai peur et je regarde toujours autour de moi pour voir où se trouvent les abris et où courir au cas où les sirènes résonnent ».

Un immeuble touché par une roquette lancée depuis Gaza à Ashkelon, le 11 mai 2021. (Crédit : Flash90)

« Ça suffit »

Les localités israéliennes jouxtant la bande de Gaza sont très familières des sirènes : les échanges de tirs entre l’armée israélienne et des groupes armés de Gaza sont relativement fréquents, mais l’escalade actuelle, déclenchée lundi sur fond de violences à Jérusalem-Est, est la pire depuis au moins 2019.

« C’est déjà arrivé mais on ne s’habitue jamais vraiment », raconte Perla Nahum, 53 ans, prise de panique en entendant un « boom » près de chez elle dans la matinée.

La branche armée du Hamas a prévenu mardi que « si l’ennemi (israélien) continue de bombarder des maisons de civils », le mouvement ferait d’Ashkelon « un enfer ».

Des parties d’un appartement détruites suite à des frappes aériennes israéliennes à Gaza le 11 mai 2021 (Photo de MOHAMMED ABED / AFP)ash

Par précaution, les écoles ont été fermées mardi à Ashkelon et dans d’autres localités dans un périmètre de 40 kilomètres autour de Gaza.

En 2019, cinq habitants avaient été tués par des missiles en provenance de l’enclave palestinienne, rappelle la porte-parole de la mairie d’Ashkelon, Dana Grinblat.

« Ça fait 20 ans qu’Ashkelon souffre, ça suffit », a lancé mardi le maire de la ville Tomer Glam sur les ondes de la radio publique. « Il faut mettre un terme à cette situation, on ne peut pas continuer comme ça », a-t-il ajouté.

Certains cependant affichaient leur confiance dans les autorités pour gérer la situation.

« Je me souviens qu’ils (les groupes armés de Gaza) ont lancé d’autres menaces dans le passé, je n’ai pas peur », confie Michaël, un septuagénaire sorti faire ses courses en périphérie d’Ashkelon. « Le peuple d’Israël est fort ».

Tomer Glam (Crédit : page fb תומר גלאם – Tomer Glam)

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