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Réchauffement climatique: l’objectif de 1,5°C est mort, alertent des scientifiques

Un millier d'universitaires internationaux réclament que "les trois piliers de la politique climatique - atténuation, adaptation et compensation - soient efficaces".

Photo illustrant les effets de la sécheresse. (Crédit : piyaset, 18 octobre 2019, iStock de Getty Images)
Photo illustrant les effets de la sécheresse. (Crédit : piyaset, 18 octobre 2019, iStock de Getty Images)

« Il n’existe pas de trajectoire crédible pour atteindre 1,5°C » seulement de réchauffement de la Terre et il est urgent de le dire clairement au monde, alertent plus d’un millier d’universitaires internationaux dans une lettre ouverte publiée jeudi par le collectif Scientist Rebellion.

« Il n’est plus défendable de continuer à affirmer publiquement que l’objectif de 1,5°C est encore viable, mais les politiciens, les universitaires de premier plan et le mouvement environnemental persistent à le faire », dénonce le collectif. « En conséquence, les industries polluantes et les décideurs politiques sont involontairement encouragés à résister à une décarbonation rapide ».

Le collectif Scientist Rebellion, qui revendique des membres dans 32 pays, mène depuis mi-octobre des actions de désobéissance civile quotidienne en Allemagne. Vêtus symboliquement de blouses de laboratoire, des militants ont perturbé le sommet mondial de la Santé à Berlin, bloqué le siège du fonds Black Rock à Munich ou encore occupé un musée de Porsche à Wolfsburg.

La lettre appelle « la communauté des scientifiques travaillant sur tous les aspects du changement climatique à faire une déclaration publique avant la COP27 », qui doit se tenir du 6 au 18 novembre en Egypte, poursuit le texte.

Cette déclaration devrait « indiquer clairement qu’il est inéluctable de rater l’objectif de 1,5°C tel qu’énoncé par le Giec (experts climat de l’ONU, ndlr) dans […] sa dernière évaluation », en ligne avec l’accord de Paris qui fixe l’objectif de limiter le réchauffement nettement en dessous de +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, si possible à 1,5°C.

Deuxièmement, une telle déclaration devrait « présenter le défi » de rester bien en dessous de 2°C « en utilisant les hypothèses les plus prudentes sur le potentiel des technologies d’émissions négatives », autrement dit de capture des gaz à effet de serre, « afin de refléter l’incertitude scientifique sur le sujet et de montrer au public l’ampleur de la réduction des émissions de carbone » nécessaires.

Ces scientifiques réclament, in fine, que « les trois piliers de la politique climatique – atténuation, adaptation et compensation – soient efficaces ».

S’agissant des compensations, la lettre précise comme exigence que « les nations riches traitent une promesse encore non tenue de fournir 100 milliards de dollars par an pour aider les pays plus pauvres à faire face au changement climatique », un « point de départ minimum ».

Cette lettre ouverte a été signée par « plus de 1.000 universitaires de plus de 40 pays », de divers disciplines (sciences physiques, économies, sciences sociales…), dont « des auteurs du rapport du Giec », affirme Scientist Rebellion qui en publie la liste.

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