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Réchauffement: Kerry défend l’action américaine face à des dirigeants africains

L'envoyé spécial américain pour le climat a évoqué la nécessité que l'Afrique participe à l'adaptation aux réalités climatiques

Le sénateur américain John Kerry, envoyé spécial du président des Etats-Unis, prononce son discours, lors de la Conférence des ministres africains de l'Environnement à Dakar, le 15 septembre 2022. (Crédit : SEYLLOU / AFP)
Le sénateur américain John Kerry, envoyé spécial du président des Etats-Unis, prononce son discours, lors de la Conférence des ministres africains de l'Environnement à Dakar, le 15 septembre 2022. (Crédit : SEYLLOU / AFP)

L’envoyé spécial américain pour le climat John Kerry a défendu jeudi devant des dizaines de responsables africains l’action menée contre le réchauffement par les Etats-Unis, deuxième plus gros pollueur de la planète, et a refusé que les Occidentaux assument seuls l’effort à cause de l’Histoire.

John Kerry a reconnu devant une conférence des ministres africains de l’Environnement à Dakar « l’injustice » entre la contribution des pays riches et pauvres au réchauffement et les effets qu’ils subissent.

Mais il a affirmé, quelques semaines avant la conférence sur le climat COP27 en novembre en Egypte, la nécessité que l’Afrique soit partie prenante à la décision et à l’action, et qu’elle participe à l’adaptation aux réalités climatiques.

Il a évoqué l’engagement des Etats-Unis et de 19 autres grandes économies à œuvrer à maintenir à 1,5 degrés la hausse des températures.

Ces pays « avancent, mais d’autres freinent, en dépit de ce que dit la science, et disent en nous montrant du doigt : c’est à vous de nettoyer ce que vous avez fait », a-t-il dit. Il a parlé de volonté de « décerner des responsabilités » pour des raisons historiques, sans préciser de qui il parlait.

Sur cette photo prise le 22 octobre 2020, un agriculteur marche au milieu des orangers desséchés par la sécheresse dans les plaines au sud d’Agadir, au cœur du Maroc. (Crédit : Fadel Senna/AFP)

« Devinez quoi : Mère Nature ne détermine pas d’où proviennent les émissions, elles ne sont pas étiquetées tel ou tel pays », a-t-il dit.

« Tout le monde contribue d’une manière ou d’une autre. Est-ce qu’il y a une disparité à cela ? Oui. Est-ce qu’il y a une injustice là-dedans ? Oui, et il est important que nous nous alliions et trouvions les moyens de compenser », a-t-il dit.

Il a rappelé que 20 pays représentent 80 % des émissions et que 48 pays d’Afrique sub-saharienne en représentaient 0,55 %. Dix-sept des vingt pays les plus vulnérables au changement climatique se trouvent en Afrique, a-t-il observé. Il a rappelé que le continent avait connu en 2022 des inondations catastrophiques qui ont fait des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, alors que la Corne de l’Afrique accuse sa quatrième année de sécheresse.

« Le monde développé doit en faire plus », a-t-il dit, « mais nous avons aussi besoin de vous autour de la table », a-t-il dit.

M. Kerry a détaillé l’action américaine en faveur de l’Afrique et contre le réchauffement, comme l’octroi en 2021 de 8,2 milliards de dollars en aide humanitaire et le soutien à l’adaptation au changement climatique.

Les représentants de plusieurs dizaines de pays pauvres, majoritairement africains, réunis mercredi à Dakar, avaient réclamé dans une déclaration finale l’opérationnalisation d’un fonds international couvrant les dégâts causés par le réchauffement. M. Kerry a affirmé la volonté américaine d’œuvrer en ce sens.

Deux hauts responsables sénégalais et congolais avaient refusé mercredi que leur pays renonce à l’exploitation future du gaz et du pétrole alors que les hydrocarbures avaient aidé les pays occidentaux à se développer.

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