Reconstruction en Irak/Hachd al-Chaabi : Zarif réclame la part de l’Iran
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Reconstruction en Irak/Hachd al-Chaabi : Zarif réclame la part de l’Iran

Après trois ans de guerre contre l'EI, le chef de la diplomatie iranienne souhaite que Bagdad choisisse l'Iran pour la reconstruction du pays, évaluée à 88 milliards de dollars

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif durant une rencontre avec son homologue russe à Moscou, le 28 avril 2018 (Crédit :  / AFP PHOTO / Alexander NEMENOV
Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif durant une rencontre avec son homologue russe à Moscou, le 28 avril 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / Alexander NEMENOV

Le chef de la diplomatie iranienne a plaidé mercredi en Irak pour que la reconstruction soit confiée à des entreprises de son pays, s’affichant aux côtés de commandants des unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi, dominées par les milices chiites.

Bagdad est pris en étau entre ses deux alliés, Washington et Téhéran, grands ennemis. L’Irak s’est engagé auprès des Etats-Unis à réduire sa dépendance, notamment énergétique, à l’Iran, mais a dans le même temps promis à Téhéran de renforcer leurs relations, en particulier commerciales.

Mercredi, dans la ville sainte chiite de Kerbala, à 100 km au sud de Bagdad, Mohammad Javad Zarif a salué le rôle du Hachd al-Chaabi dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

« Les Etats-Unis n’ont pas vaincu l’EI, c’est vous qui l’avez fait et c’est pour cela qu’ils font pression sur vous et sur nous », a-t-il lancé à des commandants du Hachd al-Chaabi.

Le Hachd al-Chaabi est un acteur problématique pour les alliés occidentaux de l’Irak, car réunissant à la fois des civils ayant pris les armes contre l’EI, et des milices armées et financées par l’Iran.

Durant les trois années de guerre pour chasser l’EI de l’ensemble des centres urbains d’Irak, la coalition anti-EI emmenée par les Américains a appuyé les troupes irakiennes, tout en affirmant ne pas traiter directement avec le Hachd al-Chaabi, pourtant placé sous l’autorité du gouvernement irakien et dont les salaires sont désormais inscrits au budget des forces armées.

Cette photo prise le 12 mars 2017 montre des enfants irakiens assis dans les décombres d’une rue du quartier de Naplouse à Mossoul devant un tableau portant le logo de l’Etat islamique durant une offensive des forces de sécurité pour la reprise des quartiers ouest de la ville, aux mains de l’EI (Crédit : AFP PHOTO / ARIS MESSINIS)

En septembre, après le tir de trois obus de mortier sur l’ultra-sécurisée Zone Verte de Bagdad, où siège l’ambassade américaine, la Maison Blanche a accusé des milices pro-iraniennes au sein du Hachd al-Chaabi et demandé des plans à son armée pour frapper l’Iran.

« La principale raison pour laquelle l’Irak a pu tenir face au terrorisme est le fait que l’Iran a été à ses côtés », a assuré de son côté Abou Ammar al-Joubouri, un commandant du Hachd al-Chaabi.

« Personne ne veut de l’intervention des Etats-Unis en Irak », a-t-il ajouté, alors que de nombreuses voix en Irak disent redouter des renforts américains en Irak après le retrait, annoncé à la surprise générale par Washington, de ses soldats en Syrie.

Si le très influent général Ghassem Soleimani, qui commande les opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, est régulièrement en Irak, il est rare que de hauts responsables politiques iraniens s’affichent aux côtés de commandants du Hachd al-Chaabi en Irak.

Au-delà de l’aspect militaire, la visite de cinq jours de M. Zarif en Irak visait aussi à renforcer les liens économiques.

L’Iran est le deuxième exportateur vers l’Irak et une grande partie de l’énergie qui alimente les centrales électriques irakiennes provient d’Iran. Les nouvelles sanctions américaines contre Téhéran font toutefois planer une ombre sur ces liens.

Après trois ans de guerre contre l’EI, M. Zarif a plaidé pour que Bagdad choisisse l’Iran pour la reconstruction du pays, évaluée à 88 milliards de dollars.

« Si une compagnie européenne ou américaine vient pour reconstruire l’Irak, le coût pour protéger ses employés est supérieur à celui du contrat. Si c’est une compagnie iranienne, c’est moins cher et elle n’a pas besoin de protection », a-t-il assuré.

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