Regev : c’est Dieu qui décidera qui sera le prochain Premier ministre
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Regev : c’est Dieu qui décidera qui sera le prochain Premier ministre

La ministre de la Culture a rejeté l'idée selon laquelle Avidgor Liberman se retrouvera de nouveau faiseur de roi, le qualifiant "d'imposteur et d'escroc"

La ministre de la Culture Miri Regev au cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 8 novembre 2018. (Alex Kolomoisky/Yedioth Ahronoth/Pool)
La ministre de la Culture Miri Regev au cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 8 novembre 2018. (Alex Kolomoisky/Yedioth Ahronoth/Pool)

Vendredi, la ministre de la Culture Miri Negev a déclaré que Dieu décidera qui deviendra le prochain Premier ministre d’Israël, alors que le pays se dirige vers de nouvelles élections. Les sondages prédisent une nouvelle impasse politique après le scrutin de septembre et aucune solution claire pour former un gouvernement.

S’exprimant auprès de 103FM Radio, Regev s’est montrée irritée lorsque la journaliste a suggéré que le chef du parti Yisrael Beytenu Avidgor Liberman pourrait bien être celui qui décidera de l’issue de la prochaine coalition.

« Dieu est le seul qui décidera qui sera le prochain Premier ministre. Je ne connais pas encore de gens qui décident de qui sera le Premier ministre », a-t-elle déclaré, ajoutant « mais bon, [je vous suis dans votre raisonnement] et je dirai que je ne suis pas impressionnée par les sondages. Il est important de se rappeler que le gouvernement de droite est en danger et que toute personne désireuse d’aider doit choisir le plus grand parti de droite, et voter pour le Likud. »

Regev n’a pas clairement évoqué ses croyances religieuses dans le passé, mais il semble qu’elle se situe plutôt entre les laïcs et les Massorti. Dans le passé, elle s’est opposée contre des événements d’Etat, comprenant des officiels du gouvernement pendant Shabbat, mais ses croyances religieuses ne figurent pas tellement dans sa rhétorique.

Regev a continué en qualifiant Liberman – dont le refus de rejoindre une coalition lors des élections d’avril a été un élément majeur qui a notamment conduit à de nouvelles élections – d’ « imposteur et [d’] escroc ».

« Il a trompé les gens quand il a dit qu’il siégerait avec [le Premier ministre] Netanyahu […] Quiconque vote pour Liberman vote pour la gauche ».

Liberman avait refusé de rejoindre le nouveau gouvernement de Netanyahu à moins qu’un projet de loi recadrant les exemptions au service militaire obligatoire pour les étudiants de yeshiva ne soit adopté tel quel, une demande qui a été fermement refusée par les partenaires ultra-orthodoxes de la coalition du Premier ministre.

Avidgor Liberman, le chef d’Yisrael Beytenu, lors du lancement de la campagne de son parti à Tel Aviv, le 30 juillet 2019.
(Tomer Neuberg/Flash90)

Sans Yisrael Beytenu, il manquait une voix à Netanyahu pour avoir une majorité dans les négociations de coalition. Au lieu d’informer le président qu’il avait échoué à former une coalition – Reuven Rivlin aurait alors pu charger un autre membre de la Knesset de former une coalition – Netanyahu a dissous le Parlement et appelé à de nouvelles élections.

Depuis lors, Netanyahu et son parti du Likud ont cherché à détruire la base électorale du parti de Liberman et à attirer les électeurs russes qui votent traditionnellement pour lui. Stratégie qui semblerait inefficace pour l’instant, l’ancien ministre de la Défense étant remonté dans les sondages et devrait maintenant obtenir une dizaine de sièges sur les 120 de la Knesset, au lieu de ses 5 sièges actuels.

Selon la plupart des sondages, le Likud de Netanyahu ne semble pas pouvoir former une majorité à la Knesset avec seulement le soutien des partis de droite et ultra-orthodoxes. Netanyahu ne semble donc pas plus près de former un gouvernement après les élections du 17 septembre qu’après le scrutin d’avril, ce serait même peut-être encore plus difficile qu’avant.

Liberman a appelé, à de nombreuses reprises, à un gouvernement d’unité qui comprendrait le Likud de Netanyahu, le parti centriste Kakhol lavan, et son propre parti, mais sans les ultra-orthodoxes.

Plus tôt ce mois, le député David Bitan du Likud a déclaré que Netanyahu espérait inclure Benny Gantz, le chef de l’alliance Kakhol lavan, dans le prochain gouvernement, mais pas Yair Lapid – dont le parti Yesh Atid compte pour la moitié de l’union.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside une réunion du cabinet à Jérusalem, le 7 juillet 2019. (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)

Dans le même temps, les responsables de Kakhol lavan ont dit qu’ils envisageraient volontiers une coalition avec le Likud – à la condition qu’il ne soit pas dirigé par Netanyahu.

Yisrael Beytenu a focalisé sa campagne sur la critique de la communauté ultra-orthodoxe, en se présentant comme étant de droite, laïc et opposé à la coercition religieuse.

Si les ultra-orthodoxes ont historiquement bénéficié d’exemptions du service militaire obligatoire, en 2017, la Cour suprême a annulé une loi exemptant les membres de la communauté à servir dans l’armée israélienne, demandant aux élus d’adopter une nouvelle loi régulant leur conscription – la législation reste à l’heure actuelle toujours au point mort.

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