Rentrée scolaire palestinienne dans un contexte d’aggravation de la pandémie
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Rentrée scolaire palestinienne dans un contexte d’aggravation de la pandémie

Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne Shtayyeh aux parents inquiets : l'école pourrait être plus "sûre que la maison"

Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, visite une école primaire à Ramallah, le 6 septembre 2020. (WAFA)
Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, visite une école primaire à Ramallah, le 6 septembre 2020. (WAFA)

Les enfants palestiniens ont repris le chemin de l’école en Cisjordanie dimanche, alors même que les salaires de leurs enseignants n’étaient pas payés et que les infections à coronavirus atteignaient un nouveau record.

Le ministère de l’Education de l’Autorité palestinienne a promis « un retour progressif » à l’école pour assurer la sécurité des élèves. Jusqu’à présent, seuls les élèves de la maternelle au CM1 sont autorisés à revenir, ainsi que les élèves de terminale. Si tout va bien, les élèves restants retourneront à l’école le 20 septembre, a déclaré le vice-ministre de l’Education de l’AP, Basri Salih, lors d’une conférence de presse mercredi après-midi.

Selon le plan du gouvernement, les élèves seront répartis dans les classes et obligés de venir avec des masques, tandis qu’un système de rotation des groupes d’élèves entrants et sortants évitera la surpopulation.

Dans les écoles publiques de l’AP, ainsi que dans les écoles appartenant à l’UNRWA, les élèves du CP au CM1 seront répartis en deux groupes qui se rendront à l’école tous les deux jours. Les autres élèves resteront chez eux pour le moment.

« Il s’agit d’une opération expérimentale. Nous observons continuellement la situation. Si le nombre d’infections reste inchangé, nous poursuivrons. Si la situation se détériore, nous avons des protocoles… nous saurons si nous devons fermer la classe, isoler l’élève et si nécessaire fermer l’école », a déclaré dimanche Mohammad Shtayyeh dans un discours prononcé dans une école de Ramallah.

Les écoles palestiniennes de Cisjordanie sont fermées depuis près de six mois, depuis le début du confinement pour cause de coronavirus à la fin du mois de mars. Elles ont été brièvement ouvertes pendant quelques jours à la fin juin seulement, afin que les élèves puissent passer les examens d’entrée à l’université, selon des procédures de distanciation sociale.

Comme en Israël, l’année scolaire en Cisjordanie est arrivée à point nommé, car l’AP était confrontée à la phase la plus grave d’une deuxième vague de coronavirus qui a entraîné des dizaines de milliers d’infections et fait des centaines de victimes.

Il y a actuellement 10 882 cas actifs de coronavirus en Cisjordanie, le plus grand nombre depuis le début de la pandémie. Le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne a régulièrement confirmé environ 500 cas par jour en Cisjordanie au cours des dernières semaines, en plus de centaines d’autres cas à Jérusalem-Est et dans certaines parties de la zone C.

Dans son discours, Shtayyeh a cherché à apaiser les inquiétudes des parents quant à l’envoi de leurs enfants à l’école en pleine pandémie.

« Je veux le dire aux familles : l’école, avec toutes ses procédures [sanitaires], pourrait être plus sûre que la maison », a déclaré Shtayyeh.

بانوراما مصورة تعكس عودة طلبة المرحلة الأساسية إلى مدارسهم رغم الحالة الكورونية في مختلف محافظات الوطن.

פורסם על ידי ‏وزارة التربية والتعليم الفلسطينية‏ ב- יום ראשון, 6 בספטמבר 2020

De plus, l’Autorité palestinienne est toujours confrontée à une longue crise budgétaire depuis des mois. Au début de l’été, Ramallah a commencé à refuser le transfert des recettes fiscales qu’elle reçoit chaque mois d’Israël pour protester contre l’intention déclarée de Jérusalem d’annexer des parties de la Cisjordanie. Les autres sources de revenus se tarissant, les recettes fiscales ont constitué 85 % du budget de l’Autorité palestinienne après le début de la crise du coronavirus en mars.

Les enseignants, comme d’autres fonctionnaires, ont reçu occasionnellement des paiements de la moitié de leurs salaires promis, alors que l’AP peut se le permettre pendant environ trois mois.

Shtayyeh a reconnu la frustration ressentie par les employés du secteur public et a promis que la crise serait bientôt terminée.

« Je sais que c’est une conjoncture difficile. Je sais que les enseignants reçoivent 50 % de leurs salaires. Mais nous sommes dans les 15 dernières minutes de cette crise fiscale et nous en sortirons bientôt », a promis Shtayyeh.

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