Report de la présentation du texte controversé sur les exemptions militaires pour les Haredim
Le projet de loi révisé du président de la commission des affaires étrangères et de la défense, visant à réglementer la conscription des ultra-orthodoxes, ne sera pas présenté jeudi comme prévu, mais sera discuté lundi

Le projet de loi révisé du président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Boaz Bismuth, visant à réglementer la conscription des ultra-orthodoxes, ne sera pas présenté aux législateurs jeudi comme prévu, mais sera discuté lundi.
La présentation du projet de loi de Bismuth a déjà été reportée une fois. La semaine dernière, le Shas a renoncé à la présidence des commissions parlementaires pour protester contre l’absence de loi réglementant la conscription et les exemptions pour les haredim étudiant en yeshiva.
Bismuth (Likud) a déclaré que son objectif était de faire adopter ce projet de loi controversé en décembre. Le nouveau projet de loi devrait s’appuyer sur un document de principes qu’il a récemment soumis au conseiller juridique de la commission.
Selon les informations publiées dans la presse israélienne, ce document prévoit que dans un délai de cinq ans, 50 % des Haredim éligibles au service militaire seront appelés sous les drapeaux, et que l’âge d’exemption du service militaire restera fixé à 26 ans. Le financement public des yeshivot ne sera réduit que si elles ne parviennent pas à atteindre les quotas d’enrôlement dans l’armée après un an. Les sanctions à l’encontre des personnes qui ne servent pas dans l’armée ne prendront effet qu’après deux ans si l’objectif global d’enrôlement n’est pas atteint.
Les personnes sanctionnées ne perdront pas leur permis de conduire, mais des restrictions s’appliqueront à la délivrance de nouveaux permis aux réfractaires à la conscription.
Moshe Gafni, député du parti Yahadout HaTorah, a par ailleurs rendu visite à plusieurs étudiants ultra-orthodoxes de yeshiva qui sont détenus dans une prison militaire pour avoir échappé à la conscription.
« C’est une grande honte pour l’État d’Israël que quelqu’un qui étudie la Torah soit arrêté et jeté en prison. C’est une réalité insupportable et inacceptable, et nous ferons tout notre possible pour les faire sortir d’ici et les renvoyer à la yeshiva afin qu’ils puissent continuer à étudier la Torah », déclare Gafni à sa sortie de la prison.
Yahadout HaTorah et le parti ultra-orthodoxe Shas font partie des organisateurs d’un grand rassemblement de prière contre la conscription, qui réunira un million de personnes et se tiendra à l’entrée de Jérusalem jeudi après-midi.
Un rassemblement massif qui devrait bloquer l’entrée principale de Jérusalem pendant plusieurs heures et provoquer d’importants embouteillages dans la capitale, a par ailleurs indiqué la police.
Seuls les bus transportant les participants au rassemblement seront autorisés à entrer à Jérusalem par la Route 1 à partir de midi, le jour de la manifestation. Cette dernière débutera à 14 h 30. Pendant le rassemblement, la Route 1, qui est la principale artère reliant Jérusalem à Tel Aviv, sera fermée à la circulation des véhicules privés dans les deux sens, entre l’entrée de la ville sainte et l’échangeur de Latroun.
Les automobilistes pourront toutefois quitter la ville en empruntant la Route 443, selon un communiqué de la police. Les bus publics reliant Jérusalem à d’autres villes quitteront la capitale par la Route 16, qui rejoint la Route 1.
Les forces de l’ordre ont précisé que des centaines d’agents seront déployés à l’entrée nord de Jérusalem et dans le centre-ville pour assurer la sécurité de l’événement.
De son côté, la ministre des Transports, Miri Regev, a déclaré au micro de la station de radio Radio Kol Hai, lundi soir, que les transports publics seraient renforcés afin de permettre aux protestataires de se rendre sur place.
« Nous allons faire la même chose que lors de tous les événements majeurs. Dès que nous identifierons des bouchons à certains endroits, nous renforcerons les transports publics à ces mêmes endroits. Les chemins de fer israéliens augmenteront le nombre de trains à destination de Jérusalem, tout comme les opérateurs de bus », a dit la ministre du Likud. Elle a également exprimé son soutien à la conscription des Haredim qui n’étudient pas en yeshiva.
Des propos qui sont venus contredire ce qu’elle avait déclaré au site d’information Ynet, lorsqu’elle avait expliqué que son ministère n’était « pas une société de transport pour les manifestations », faisant référence aux rassemblements organisés par les opposants au gouvernement.
Le ministre des Communications, Shlomo Karhi, et le député Avichai Boaron, du parti au pouvoir, ont tous les deux annoncé qu’ils apportaient leur soutien au mouvement de protestation et qu’ils envisageaient d’y participer. Osher Shekalim, législateur du Likud, a confié à Ynet qu’il « s’identifiait » aux manifestants.
Dans un communiqué, le tout nouveau parti Les Réservistes, fondé par l’ancien ministre des Communications Yoaz Hendel, a critiqué Regev, ajoutant qu’il prévoyait d’organiser une contre-manifestation à Jérusalem, jeudi.
« Un gouvernement qui encourage la désobéissance civile et qui coopère désormais sans vergogne avec le rassemblement de désobéissance civile qui aura lieu jeudi est un gouvernement qui agit contre l’État d’Israël », a indiqué le parti. « Miri Regev, qui ne s’est pas souciée de trouver une solution pour que les réservistes puissent se rendre à leurs bases, s’inquiète de son côté de l’augmentation des transports en faveur de ce rassemblement de désobéissance civile ».
Karine Elharrar, députée de Yesh Atid, a écrit à la procureure-générale Gali Baharav-Miara, accusant Regev « d’abuser de son autorité » et d’agir de manière discriminatoire en renforçant la circulation des transports publics pour certaines manifestations mais pas pour d’autres. Elle a demandé à Baharav-Miara « d’examiner de toute urgence la légalité de cette décision ».







