Les archives nucléaires de l’Iran violeraient le JCPOA, selon la TV israélienne
Rechercher

Les archives nucléaires de l’Iran violeraient le JCPOA, selon la TV israélienne

Une clause de l'accord interdisant les fichiers informatiques pour les armes pourrait causer des problèmes à Téhéran, selon la chaîne israélienne Hadashot

Une photo d'un système d'implosion nucléaire, tel qu'obtenu par Israël à partir d'une série de dossiers secrets iraniens (Cabinet du Premier ministre).
Une photo d'un système d'implosion nucléaire, tel qu'obtenu par Israël à partir d'une série de dossiers secrets iraniens (Cabinet du Premier ministre).

Bien que les 100 000 documents iraniens capturés par Israël sur le programme d’armes nucléaires clandestines de la République islamique d’Iran ne contenaient aucune preuve qu’il viole activement les termes de l’accord nucléaire de 2015 en développant des armes – une clause particulière de l’accord peut en fait avoir été violée, a rapporté la chaîne Hadashot mardi.

En vertu de la clause T82 de l’Annexe 1 du JCPOA (sur les mesures liées au nucléaire) établit que l’Iran ne « s’engagera pas dans des activités susceptibles de contribuer au développement d’un dispositif explosif nucléaire ». Ce qui inclue « la création, le développement, l’acquisition, ou l’utilisation de modèles informatiques pour simuler les dispositifs explosifs nucléaires ».

Contrairement à certaines clauses du JCPOA, la clause 82 n’est pas une clause de caducité, ce qui signifie qu’elle n’a n’est pas limitée dans le temps et n’a pas de date d’expiration.

Les représentants du gouvernement américain ont déclaré à Hadashot que la conservation par Téhéran de ces modèles après la signature de l’accord, comme le montrent les fichiers obtenus par Israël – et en particulier le transfert des fichiers entre les différents endroits qu’il a cherché à dissimuler – pourrait très bien être considéré comme une violation des termes de l’accord.

Selon le rapport, une telle violation pourrait conduire l’Agence internationale de l’énergie atomique à s’abstenir à l’avenir de ratifier le respect de l’accord par l’Iran.

La révélation par Israël des services de renseignement sur les prétendues ambitions nucléaires de l’Iran a été accueillie avec scepticisme par les dirigeants du monde qui soutiennent l’accord, dont beaucoup ont noté qu’il n’y avait aucune preuve réelle que l’accord de 2015 avait été violé.

La présentation élaborée du Premier ministre Benjamin Netanyahu en direct à la télévision lundi soir précédait la décision cruciale du président américain Donald Trump, le 12 mai, de se retirer ou non de l’accord nucléaire entre les puissances mondiales et l’Iran.

« Je n’ai pas vu de la part du Premier ministre Netanyahu des arguments pour le moment sur le non-respect, c’est-à-dire la violation par l’Iran de ses engagements nucléaires dans le cadre de l’accord », a déclaré Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne.

« Et encore une fois, l’accord a été mis en place exactement parce qu’il n’y avait pas de confiance entre les parties, sinon nous n’aurions pas exigé qu’un accord nucléaire soit mis en place ».

L’AIEA a déclaré mardi qu’elle n’avait « aucune indication crédible d’activités en Iran en rapport avec le développement d’un dispositif explosif nucléaire après 2009 », citant ses évaluations de 2015.

Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré que les revendications de Netanyahu renforcent l’importance de l’accord nucléaire.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a fait de même. « La présentation du Premier ministre israélien sur les recherches passées de l’Iran sur la technologie des armes nucléaires souligne l’importance de maintenir les contraintes de l’accord nucléaire iranien sur les ambitions nucléaires de Téhéran », a déclaré M. Johnson dans un communiqué du Foreign Office.

Le communiqué poursuit : « L’accord nucléaire iranien n’est pas fondé sur la confiance dans les intentions de l’Iran, mais plutôt sur une vérification rigoureuse, y compris des mesures qui permettent aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique d’avoir un accès sans précédent au programme nucléaire iranien ».

« Les dispositions de vérification de l’accord nucléaire iranien rendraient plus difficile pour l’Iran de relancer de telles recherches. C’est une autre bonne raison de maintenir l’accord tout en le développant afin de tenir compte des préoccupations légitimes des Etats-Unis et de nos autres alliés », a ajouté M. Johnson.

Trump, cependant, a salué la présentation de Netanyahu, tout comme son secrétaire d’État Mike Pompeo, qui a rencontré le dirigeant israélien dimanche à Tel Aviv.

La Maison-Blanche a causé une certaine confusion avec sa déclaration sur la découverte israélienne en disant dans un premier temps qu’elle a montré que l’Iran « a » un programme d’armes nucléaires secrètes avant de la modifier par la suite en « avait ».

« Ces faits sont conformes à ce que les États-Unis savent depuis longtemps : l’Iran avait un programme nucléaire solide et clandestin qu’il a tenté de cacher au monde et à son propre peuple », peut-on lire dans le communiqué.

« Le régime iranien a montré qu’il utilisera des armes destructrices contre ses voisins et d’autres. L’Iran ne doit jamais se dote d’armes nucléaires. »

Trump et ses alliés du Moyen-Orient, en particulier Israël, soutiennent que l’accord approuvé par Barack Obama était trop faible et doit être remplacé par un accord plus permanent et complété par des contrôles sur le programme de missiles de l’Iran.

Le Premier ministre israélien a demandé à plusieurs reprises que l’accord – que l’Iran a signé avec la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et les États-Unis – soit modifié ou supprimé.

L’Iran a toujours nié vouloir se doter d’une arme nucléaire, insistant sur le fait que son programme atomique était destiné à des fins civiles.

Netanyahu a déclaré qu’Israël partagera les informations qu’il a recueillies avec les puissances mondiales.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...