Rina Matsliah fustigée après des propos sur les électeurs du Likud
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Rina Matsliah fustigée après des propos sur les électeurs du Likud

Benjamin Netanyahu a évoqué une "ignominie absolue" après que la journaliste a dit que les partisans du Premier ministre voteraient pour lui même s'il était un violeur

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est interviewé par Rina Mazliah sur la Douzième chaîne, le 14 septembre 2019 (Capture d'écran : Douzième chaîne)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est interviewé par Rina Mazliah sur la Douzième chaîne, le 14 septembre 2019 (Capture d'écran : Douzième chaîne)

La présentatrice de la Douzième chaîne, Rina Matsliah, a provoqué un tollé, samedi, pour une harangue diffusée en direct dans laquelle elle a interpellé les électeurs du Likud, disant que des partisans du Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient affirmé que « même s’il violait ma fille, je voterais encore pour lui ».

Netanyahu, dont les prises de bec avec Matsliah sont fréquentes, a condamné ces propos sur Twitter, disant que la « haine répugnante » de la présentatrice à son égard et à l’égard des électeurs du Likud « a atteint son niveau le plus bas ».

Il a dénoncé une « ignominie absolue » de la part de Matsliah.

La journaliste a ultérieurement présenté des excuses pour ses propos durant le programme « Rencontre avec la presse », qu’elle anime. La Douzième chaîne, pour sa part, a émis un communiqué disant désapprouver « les paroles cruelles prononcées dans la soirée ».

La chaîne a fait savoir que Matsliah avait été convoquée pour un entretien téléphonique de « clarification », prévu dans la matinée de dimanche, avec le directeur-général Avi Weiss.

Des députés du parti du Likud de Netanyahu ont critiqué Matsliah et ont appelé à son limogeage.

« Ce soir, vous avez violé l’honneur d’un million d’électeurs du Likud », a écrit sur Twitter la ministre des Transports Miri Regev, fervente fidèle de Netanyahu. « Vous ne cessez de frapper le camp de la droite et le Premier ministre d’une manière terrible et méprisable et ce soir, toutes les limites ont été franchies ».

Netanyahu et ses partisans s’en prennent constamment à la Douzième chaîne pour ce qui, affirment-t-ils, relève d’une partialité affichée à l’égard du Premier ministre et de son parti. La chaîne a largement couvert, ces dernières années, les fuites émanant des enquêtes criminelles ouvertes à l’encontre de Netanyahu, alimentant, du côté de la droite, la théorie d’un complot ourdi par les médias et le système judiciaire de gauche visant à renverser le numéro un du Likud.

Ce n’est pas la première fois que Matsliah est éreintée par Netanyahu et d’autres pour ses propos controversés. Elle avait notamment déclaré, récemment, que les Juifs ultra-orthodoxes ne respectaient pas l’autorité de l’Etat.

Prenant la parole lors d’une table ronde lors de l’émission « Rencontre avec la presse », au mois d’avril, la journaliste avait dit que la crise du coronavirus était l’opportunité, pour l’État, de modifier son approche de la communauté ultra-orthodoxe qui, avait-elle ajouté, n’avait jamais accepté l’autorité du gouvernement : « Les Haredim ont des leçons à tirer, ils doivent accepter l’État pour le meilleur ou pour le pire… Cette relation doit changer. Ce n’est pas possible que les ultra-orthodoxes puissent continuer à avoir le sentiment que l’autorité de l’État ne s’applique pas à eux ».

Lorsque Dana Weiss et Danny Kushmaro, les co-présentateurs de l’émission, l’avaient interrompue en disant qu’elle ne pouvait pas généraliser ses propos en englobant toute une communauté, elle avait riposté : « Je dis ce que je veux. Et je dis que la plus grande partie des Haredim sont contrôlés par des rabbins, eux-mêmes contrôlés par des magouilleurs… Et je dis à tous ceux qui pourraient me répondre que j’exprime un discours de haine à l’égard des ultra-orthodoxes – Non, ce n’est pas le cas. C’est parce que j’aime l’Etat, et que je m’en préoccupe ».

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