Rivlin : Les appels au boycott d’Israël, des « calomnies antisémites modernes »
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Rivlin : Les appels au boycott d’Israël, des « calomnies antisémites modernes »

A la conférence sur le BDS, le président a également mis en garde contre l'antisémitisme de droite "de la part de ceux qui prétendent admirer Israël"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président Rivlin lors d'une conférence anti-BDS à Jérusalem, le 20 juin 2019. (Capture d'écran)
Le président Rivlin lors d'une conférence anti-BDS à Jérusalem, le 20 juin 2019. (Capture d'écran)

Le président Reuven Rivlin a dénoncé jeudi les « calomnies antisémites modernes » du mouvement anti-israélien Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), mettant en garde contre la haine des Juifs déguisée en anti-sionisme, venant de la gauche, et contre l’antisémitisme des soi-disant partisans de droite de l’Etat juif.

« Le BDS ne cherche pas la paix, ni même à aider nos voisins palestiniens. Il cherche à délégitimer l’existence même d’Israël », a-t-il déclaré lors d’une conférence internationale de militants pro-Israël, à Jérusalem.

Il a exhorté les participants à « utiliser tous les outils à notre disposition pour vaincre le BDS » dans tous les secteurs de la politique, des médias et de la société civile.

« Nous devons dénoncer les accusations de meurtre rituel moderne à l’encontre des Juifs répandues par le BDS, et lui faire payer le prix de sa haine et de sa discrimination », a-t-il déclaré à la Conférence internationale sur le BDS, organisée par le ministère des Affaires stratégiques.

Dirigé par Gilad Erdan, le ministère est chargé de combattre le BDS et d’autres initiatives de délégitimation d’Israël.

Jérusalem est prête à écouter les « critiques légitimes » qui découlent d’une réelle préoccupation pour sa sécurité et son bien-être, surtout lorsqu’elles sont exprimées par des Juifs de la diaspora, a poursuivi le président. Le gouvernement israélien « doit mieux écouter vos préoccupations », a-t-il dit aux participants, venus de 30 pays, sous les applaudissements.

Mais délégitimer l’État juif est inacceptable, a-t-il insisté.

« Aujourd’hui en particulier, nous devons nous unir contre les menaces croissantes d’antisémitisme, qu’elles viennent de la gauche ou de la droite, ou de l’islam radical », a poursuivi le président.

« Trop souvent, la gauche tente de cacher son antisémitisme sous couvert d’antisionisme. Ils essaient de présenter leur campagne de boycott d’Israël comme ‘progressiste’. Il n’y a rien de progressiste dans la haine. Il n’y a rien de progressiste dans l’antisémitisme. »

En même temps, « nous devons faire preuve d’une tolérance zéro pour l’antisémitisme à droite, même lorsqu’il vient de ceux qui prétendent admirer Israël. Ils admirent Israël, mais ils n’aiment pas trop les Juifs », a-t-il dit, dans ce qui semblait être une critique implicite du soutien du gouvernement israélien aux dirigeants d’extrême droite en Europe et ailleurs, tels que Viktor Orban (Hongrie) et Mateusz Morawiecki (Pologne).

Quelque 350 participants auraient participé à cette conférence de trois jours.

Mardi, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la lutte contre l’antisémitisme, Elan Carr, a pris la parole lors de cette conférence, dénonçant le mouvement BDS comme étant « antisémite » et comme un « danger pour le futur de la communauté juive en Amérique ».

Aux États-Unis, les appels au boycott et les déclarations antisémites sont protégés par le Premier amendement, a fait remarquer Carr, affirmant que « la réponse n’est pas la censure, mais cela doit néanmoins être condamné ».

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