Robert Badinter s’exprime sur les attentats en France et l’antisémitisme
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Robert Badinter s’exprime sur les attentats en France et l’antisémitisme

"Longtemps j'ai cru que l'antisémitisme en Europe, après le génocide des nazis, était terminé. Je crains de m'être trompé", affirme l'avocat et ancien Garde des Sceaux

Robert Badinter à l'Hôtel Matignon à Paris, en janvier 2016. (Crédit : AP/Jacques Brinon)
Robert Badinter à l'Hôtel Matignon à Paris, en janvier 2016. (Crédit : AP/Jacques Brinon)

La semaine dernière, à l’occasion des cinq ans des attentats ayant frappé Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, Robert Badinter, avocat, ancien Président du conseil constitutionnel et ancien garde des Sceaux, était l’invité de France culture pour un entretien d’une vingtaine de minutes.

Concernant l’attentat ayant visé le journal satirique, il affirme avoir été particulièrement marqué par « l’assassinat délibéré, commis de sang-froid, et l’atteinte à la liberté de la presse ».

« Dans l’acte fanatique, vous avez des hommes qui se croient porteurs d’un message divin, ils se réservent le droit de vie et de mort sur les êtres humains, ce que je me refuse à tout homme, à toute société. Là a été le premier outrage », explique-t-il.

L’attentat de l’Hyper Cacher lui a évoqué l’arrestation de sa grand-mère juive et apatride durant la Seconde Guerre mondiale.

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Malade, refusant d’obtempérer, un officier lui avait lancé : « Ça suffit, ça ne fera jamais qu’une ‘youpine’ de moins ! Le premier qui continue, je lui brûle la gueule. »

« Peut-on aller plus loin dans la barbarie que ce jeune homme, le gendarme mobile, tout comme Mohamed Merah qui a tué un enfant ? Jeter une femme mourante dans un camp de concentration, c’est la même barbarie. Et ça vaut pour tout, pour toutes les formes de racisme, de xénophobie, toutes les formes d’intolérance. Et on retrouve là Charlie Hebdo », analyse Robert Badinter.

L’avocat exprime également sa pensée sur l’antisémitisme au sein de la société française : « Longtemps j’ai cru que l’antisémitisme en Europe, après le génocide des nazis, était terminé. Je crains de m’être trompé, je peux mesurer ce retour de l’antisémitisme. Je ne l’aurais pas cru possible. Bien sûr, ça n’a rien à voir avec un système entier fait pour génocider des millions d’êtres humains, mais on a d’autres signes. »

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