Roni Alsheich: Netanyahu n’est pas suspect dans l’enquête sur les sous-marins
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Roni Alsheich: Netanyahu n’est pas suspect dans l’enquête sur les sous-marins

Le chef de la police annonce que le témoin de l’accusation « livre la marchandise » et que des actes d'accusation contre plusieurs suspects sont imminents

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le chef de la police Roni Alsheich lors d'une cérémonie d'inauguration marquant l'ouverture d'un nouveau poste de police dans la ville israélienne d'Israël Jisr az-Zarqa, 21 novembre 2017 (Crédit : Basel Awidat / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le chef de la police Roni Alsheich lors d'une cérémonie d'inauguration marquant l'ouverture d'un nouveau poste de police dans la ville israélienne d'Israël Jisr az-Zarqa, 21 novembre 2017 (Crédit : Basel Awidat / Flash90)

Le chef de la police Roni Alsheich a confirmé que Benjamin Netanyahu n’était pas un suspect dans l’enquête sur les sous-marins, dissipant les rumeurs selon lesquelles le Premier ministre était impliqué dans un autre scandale pour corruption.

Dans une interview accordée au site d’information Makor Rishon publiée jeudi, Alsheich a déclaré que des actes d’accusations seraient déposées contre un certain nombre de suspects liés à l’achat s’élevant à plusieurs milliards de shekels de navires et de sous-marins à un constructeur naval allemand.

Lorsque Netanyahu a été convoqué par la police pour un interrogatoire en février, certains médias ont émis l’hypothèse que la police l’interrogerait en tant que suspect.

Un certain nombre d’associés proches du Premier ministre, y compris ses deux avocats personnels, ont été arrêtés ou interrogés dans le cadre de l’enquête connue sous le nom de l’affaire 3 000.

Alsheich dans l’interview a également nié les informations selon lesquelles Miki Ganor, le représentant israélien de ThyssenKrupp, devenu témoin de l’accusation l’année dernière, ne livrait pas un témoignage accablant aux enquêteurs.

« Il a livré la marchandise et l’a fait très bien », a déclaré Alsheich. « Je pense qu’il a donné tout ce qu’il a promis de donner, et plus encore. »

« En tout cas, le Premier ministre n’est pas un suspect dans cette affaire », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur l’INS Tanin, sous-marin construit par la firme allemande ThyssenKrupp, à son arrivée en Israël, le 23 septembre 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

En janvier, Hadashot TV a annoncé que la police devait recommander la mise en examen de cinq suspects dans l’affaire 3 000, dont deux proches de Netanyahu — David Shimron et Yitzhak Molcho — et l’ancien chef du bureau du Premier ministre, David Sharan.

Ces trois hommes, ainsi que l’ancien commandant de la marine israélienne Eliezer Marom et l’ancien chef adjoint du Conseil national de sécurité, Avriel Bar-Yosef, seront probablement inculpés pour corruption, abus de confiance, fraude et blanchiment d’argent.

L’enquête, basée en grande partie sur le témoignage de Ganor, s’est concentrée sur des suspicions selon lesquelles des responsables auraient reçu des pots-de-vin pour influencer la décision d’acheter quatre bateaux de patrouille et trois sous-marins Dolphin de ThyssenKrupp, malgré l’opposition du ministère de la Défense pour réaliser cet achat.

Bien que Netanyahu ne soit pas un suspect dans l’affaire 3 000, il fait l’objet d’une enquête dans trois autres enquêtes distinctes pour corruption, baptisées l’affaire 1 000, l’affaire 2 000 et l’affaire 4 000.

Dans l’affaire 1 000, Netanyahu et sa femme sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illégaux de la part de milliardaires, pour un montant d’environ un million de shekels notamment des cigares et du champagne du producteur hollywoodien Arnon Milchan et du propriétaire australien James Packer, en échange de certains avantages.

L’affaire 2 000 tourne autour d’un accord présumé illégal entre Netanyahu et l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, dans le cadre duquel le Premier ministre aurait pris des mesures pour affaiblir un quotidien rivale au Yedioth, Israel Hayom, soutenu par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth.

Il a également été interrogé dans le cadre de l’enquête sur l’affaire 4 000, où il est soupçonné d’avoir fait passer une réglementation favorisant le propriétaire de Bezeq telecom Shaul Elovitch en échange d’une couverture flatteuse du site d’information Walla qui appartient à Bezeq.

Miki Ganor devant la cour des magistrats de Rishon Lezion, le 10 juillet 2017. (Crédit : Moti Kimchi/Pool)

Le mois dernier, la police a recommandé que Netanyahu soit inculpé pour corruption dans les affaires 1000 et 2000.

Bien qu’il soit impliqué dans de nombreux affaires de corruption et de scandales, Netanyahu bénéficie malgré tout du soutien populaire des Israéliens.

L’Israel Democracy Institute (IDI) et l’Indice de paix de l’université de Tel Aviv ont révélé que même si la plupart des Israéliens ne croient pas aux affirmations où Netanyahu clame être innocent, moins de la moitié pensent qu’il devrait démissionner s’il était mis en examen.

L’enquête de l’IDI publiée jeudi a révélé que 59 % des Arabes israéliens et 75 % des Juifs israéliens pensent que le Premier ministre est coupable d’une forme de corruption et que 42 % des Israéliens ne pensent pas que Netanyahu doit démissionner s’il est inculpé dans le cadre de l’une de ces affaires.

Selon la loi israélienne, un Premier ministre n’a pas à démissionner s’il est inculpé dans une affaire criminelle, il n’est obligé de le faire que s’il est reconnu coupable. Bien que le procureur général veuille voir le Premier ministre démissionner s’il est inculpé, les membres de la coalition ont exprimé leur souhait que Netanyahu reste en fonction même s’il est inculpé.

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