Ronni Gamzu estime que son poste est « le plus ingrat du monde »
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Ronni Gamzu estime que son poste est « le plus ingrat du monde »

S'adressant aux responsables de santé depuis sa quarantaine, Ronni Gamzu a insisté sur le fait qu'il bénéficiait du soutien de la population et du gouvernement

Le responsable de la lutte contre le coronavirus, le Prof. Ronni Gamzu, lors d'une réunion avec des responsables de santé via Zoom, le 9 septembre 2020. (Capture écran / ministère de la Santé)
Le responsable de la lutte contre le coronavirus, le Prof. Ronni Gamzu, lors d'une réunion avec des responsables de santé via Zoom, le 9 septembre 2020. (Capture écran / ministère de la Santé)

En réponse aux nombreuses critiques formulées à son encontre par différents responsables, le numéro un de la lutte contre l’épidémie, Ronni Gamzu, a déclaré mercredi que son nouveau poste était « le plus ingrat du monde ».

Lors d’une conférence organisée par l’Institut national israélien de recherche sur les politiques de santé, M. Gamzu a affirmé : « Vous ne donnez pas de cadeaux, seulement des restrictions. Vous suggérez des choses générales, et tout le monde vous crie : ‘Pourquoi suis-je rouge et lui est vert ?’ En fin de compte, le virus continuera à se propager jusqu’à ce que nous ayons un vaccin. »

Il faisait référence à son système de « feux de circulation », destiné à freiner la pandémie. Ce système a permis de coder les villes par couleur, du vert au rouge, en fonction de leur taux d’infection, avec les niveaux de restriction correspondants. Il a fallu des semaines pour obtenir l’approbation du cabinet et le système a fait face à un énorme contrecoup de la part des députés haredim, qui affirment qu’il est discriminatoire envers leurs communautés. Plusieurs villes ultra-orthodoxes, ainsi que de nombreuses localités arabes, ont fait l’objet des restrictions les plus sévères en raison de leur taux d’infection élevé.

« Souvent, le taux de mortalité d’une maladie n’est pas homogène, et dans la société israélienne, cela crée des écarts. Bien sûr, vous voulez pouvoir mener des politiques homogènes, mais nous sommes confrontés à une complexité épidémiologique sans précédent », a déploré M. Gamzu.

Les responsables de santé se réunissent via Zoom, le 9 septembre 2020. (Crédit : Ministère de la Santé)

Les parlementaires ultra-orthodoxes ont demandé la démission de M. Gamzu pour ses actions, qui, selon eux, visent leur communauté, tandis que des fonctionnaires anonymes ont, à diverses occasions, dénoncé sa politique à la presse.

Néanmoins, M. Gamzu a insisté sur le fait qu’il avait obtenu le soutien de la population et du gouvernement.

« Je reçois du soutien. C’est le poste de gestion le plus complexe que j’aie jamais [occupé]. Je n’ai jamais assumé de fonctions faciles où l’on ne reçoit que des compliments. Se faire crier dessus, maudire et critiquer fait partie de notre vie », a-t-il reconnu.

M. Gamzu a rejeté les affirmations selon lesquelles les hôpitaux du pays s’effondraient, soulignant que les centres médicaux avaient pu traiter jusqu’à 25 000 patients atteints de Covid-19 à la fois et que près de 110 000 d’entre eux étaient complètement guéris de la maladie. « Les hôpitaux fournissent les meilleurs soins et ne s’effondrent pas », a-t-il ajouté.

Le ténor de la lutte sanitaire a poursuivi en admettant qu’il était préoccupé par la possibilité d’une augmentation des cas pendant la période des fêtes qui commence à la fin de la semaine prochaine. « Cela nous oblige à prendre des décisions complexes avant les vacances, et c’est ce que nous allons faire. Nous sommes plus intelligents que nous ne l’étions lors de la première vague. Les décisions seront mesurées et adaptées », a assuré M. Gamzu.

M. Gamzu, le directeur général du ministère de la Santé, Chezy Levy, le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, et plusieurs autres hauts fonctionnaires sont entrés en quarantaine mardi après qu’un membre du groupe de travail Covid-19 du gouvernement a été infecté par le coronavirus, a fait savoir le ministère.

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