Ronni Gamzu finalement favorable à l’ouverture totale des écoles
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Ronni Gamzu finalement favorable à l’ouverture totale des écoles

Le responsable chargé de la luttecontre le virus veut éviter un confinement pendant Rosh HaShana ; Litzman qualifie son opposition au pèlerinage d'Ouman de "gifle"

Des écoliers israéliens qui entreront en école primaire lors de la prochaine rentrée scolaire, le 06 août 2020. (Yossi Aloni/Flash90)
Des écoliers israéliens qui entreront en école primaire lors de la prochaine rentrée scolaire, le 06 août 2020. (Yossi Aloni/Flash90)

Samedi, le plus haut responsable de la santé contre le coronavirus en Israël a déclaré qu’il soutenait la réouverture complète de presque toutes les écoles et semblait s’éloigner de l’idée d’un possible confinement pendant le Nouvel An Juif, bien que les infections ne montrent que peu de signes de ralentissement.

Ronni Gamzu, en charge de la politique du pays face à la pandémie, avait déclaré la semaine dernière qu’il « perdait le sommeil » à l’idée de rouvrir les écoles le 1er septembre, et a prévenu qu’il envisage de recommander un confinement durant Rosh HaShana, afin d’éviter de grands rassemblements de famille ou autres groupes pendant les fêtes.

« Je suis pour l’ouverture d’écoles et c’est un défi », a-t-il déclaré à la Douzième chaîne. « À partir de la 5ème, le risque [d’infection] est élevé, mais moins dans les classes inférieures. »

Il a déclaré que bien qu’il existe des désaccords, un groupe d’experts nommés par le gouvernement a fait valoir que l’année scolaire peut démarrer normalement.

« Nous pouvons ouvrir les classes de tous niveaux, à l’exception des villes rouges », a-t-il dit, faisant référence aux villes avec des taux d’infection élevés. « Les enfants ont la responsabilité de ne pas s’embrasser. Il va falloir un comportement parfait. »

Ces commentaires semblent marquer un changement de cap par rapport à mardi, lorsqu’il déclarait aux journalistes penser que les élèves des lycées ne devraient être autorisés à assister aux cours qu’un jour par semaine, et encore.

Le chef de la réponse gouvernementale au coronavirus, Ronni Gamzu, durant une réunion avec le maire de Jérusalem, Moshe Lion, à la mairie de Jérusalem, le 12 août 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Ses commentaires sont tombés alors que le ministère de la Santé annonçait que le nombre de morts était passé à 819 pendant Shabbat, 24 heures après avoir franchi la barre des 800. Le nombre de morts en Israël a presque doublé le mois dernier, bien que le chiffre comprenne 53 décès dans des maisons de retraite en juillet et août qui, par erreur, n’avaient pas été signalés jusqu’à la semaine dernière.

Le nombre d’infections depuis le début de la pandémie est à 101 933, dont plus de 27 000 cas actifs. Près de 400 personnes sont dans un état grave, dont 119 sous ventilateurs, selon les statistiques du ministère de la Santé samedi soir.

Le nombre de nouveaux cas quotidien en Israël s’est stabilisé à environ
1 700 infections, bien plus que les 400 cas quotidiens fixés par Gamzu comme objectif à atteindre d’ici le 10 septembre.

Dans le cadre du plan de « feux de signalisation » proposé par Gamzu, qui n’imposerait des restrictions qu’aux villes à taux de morbidité élevé, si le taux d’infection ne ralentit pas avant le 10 septembre, de nouvelles restrictions entreront en vigueur dès Rosh HaShana, le 18 septembre, et jusqu’au 11 octobre, après les fêtes de Souccot.

Au journal télévisé de la Douzième Chaine, cependant, Gamzu dit penser que le taux de morbidité chuterait sur cette période et qu’on éviterait les restrictions pendant Rosh HaShana.

« Il n’y aura pas nécessairement de confinement. Je pense que nous pouvons réduire les infections, nous avons quatre semaines. Je veux éviter les confinements. Je sais l’avoir présenté comme une option, par inquiétude, mais nous devons tous créer la possibilité de l’éviter ».

Gamzu a démenti les affirmations selon lesquelles le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu avait perdu confiance en lui après que les ministres ont refusé de voter son plan la semaine dernière.

Jeudi, les ministres ont refusé pour la troisième fois d’approuver le plan de « feux de signalisation » de Gamzu, apparemment à cause des ministres ultra-orthodoxes, qui s’opposent aux restrictions qui fermeraient les synagogues dans les zones à forte infection.

La Douzième chaîne a rapporté que les mesures proposées prévoyaient, dans les zones « rouges » où les taux d’infection étaient élevés, une limite à s’éloigner de plus de 500 mètres de son domicile; limiter les rassemblements aux membres de la famille immédiate; fermer le système éducatif, sauf pour l’éducation spécialisée; et la fermeture de la majeure partie des transports publics.

« Ce n’est pas un manque de confiance en moi. Les ministres ont l’habitude de restreindre l’ensemble du pays, mais ce n’est pas nécessaire. Ils doivent donner beaucoup plus de responsabilités aux autorités locales », a-t-il déclaré.

Il a prédit que les ministres approuveraient rapidement le plan lorsqu’ils se réuniraient sur la question lundi.

Netanyahu et le chef du Conseil de sécurité nationale Meir Ben-Shabbat ont tous deux poussé à un confinement total à l’échelle nationale dans les semaines à venir, a rapporté jeudi le site d’information Walla, citant des ministres et des hauts fonctionnaires.

Gamzu a également refusé de renoncer à la mesure interdisant les pèlerinages des juifs israéliens vers la ville ukrainienne d’Ouman pour Rosh HaShana, affirmant que ces voyages rapprocheraient Israël d’un confinement.

Gamzu s’est affronté avec le ministre du Logement Yaakov Litzman, dirigeant du parti ultra-orthodoxe UTJ, au sujet des pèlerinages. Vendredi, il a écrit une lettre au président ukrainien Volodymyr Zelensky lui demandant d’interdire aux Israéliens de se rendre dans la ville, où le rabbin Nahman de Bratslav est enterré. Les pèlerinages attirent généralement des dizaines de milliers d’Israéliens et de juifs à chaque Rosh HaShana.

« Je voudrais exprimer ma préoccupation que la tenue de deux semaines de célébrations au cœur de la ville d’Ouman, où des dizaines de milliers de personnes se retrouveront dans des célébrations surpeuplées, aura inévitablement de graves implications à court et à long terme, à la fois pour la communauté locale d’Ouman, et pour l’État d’Israël », a écrit Gamzu dans une lettre à Zelensky.

Litzman a répondu à la lettre samedi, la qualifiant de « gifle » aux Juifs hassidiques de Bratslav et disant à Gamzu de s’en tenir à son domaine.

« La lettre de Gamzu… sort de son rôle en contournant la voie diplomatique, qui relève de la responsabilité du Premier ministre, du ministre de la Santé et du cabinet Corona», a déclaré Litzman, selon la Douzième chaine.

Photo d’illustration : Des pèlerins hassidiques prient à proximité de la tombe du Rabbi Nahman de Bretslev à Ouman, en Ukraine, le 14 septembre 2015. (Crédit : Brendan Hoffman/Getty Images)

« Les nombreux hassidiques de Bratslav qui se rendent à Ouman chaque année, s’inquiètent du voyage sous le nuage du coronavirus cette année. Nous devons comprendre leur douleur et écouter leur demande légitime. »

Le mois dernier, le grand rabbin ukrainien Yaakov Dov Bleich a déclaré que le gouvernement ukrainien avait accepté de laisser au moins 5 000 personnes assister au pèlerinage. Le quota peut s’élever jusqu’à 8 000, mais les pèlerins devront porter des masques dans les endroits bondés, et éviter les rassemblements de plus de 30 personnes, a-t-il ajouté.

Les responsables de la santé israéliens sont « inquiets » de ce qui se passera au retour des pèlerins, a déclaré Bleich.

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