Tirs de roquettes : Pour Netanyahu, les Palestiniens veulent « empêcher la paix »
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Tirs de roquettes : Pour Netanyahu, les Palestiniens veulent « empêcher la paix »

Le Hamas met en garde contre une escalade des violences ; le Premier ministre, à Washington pendant les attaques, est mis en cause par des députés de l'opposition

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à la tribune), sous le regard du Président Donald Trump, s'exprime lors de la cérémonie des Accords d'Abraham à la Maison Blanche, le 15 septembre 2020. (Capture d'écran de la Maison Blanche)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à la tribune), sous le regard du Président Donald Trump, s'exprime lors de la cérémonie des Accords d'Abraham à la Maison Blanche, le 15 septembre 2020. (Capture d'écran de la Maison Blanche)

Suite à des tirs de roquette émanant de la bande de Gaza et qui ont visé le sud d’Israël, cette nuit, et après la signature d’un accord de normalisation entre l’Etat juif et deux pays arabes, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a estimé que les Palestiniens tentaient d’empêcher la paix avec les pays du Golfe, jurant qu’ils n’y parviendraient pas.

Netanyahu s’est exprimé alors qu’il était sur le point d’embarquer à bord du vol le ramenant de Washington où, la veille, il avait signé les accords de paix négociés par les Etats-Unis avec les Emirats arabes unis et le Bahreïn. Au cours de la cérémonie de signature des accords d’Abraham, deux roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza vers le territoire israélien. L’une s’est abattue dans la ville d’Ashdod, blessant deux personnes – dont une grièvement.

Dans la nuit, les terroristes de Gaza ont encore lancé 13 roquettes vers le pays. L’armée israélienne a procédé à des frappes aériennes.

« Je ne suis pas surpris que des terroristes palestiniens aient tiré sur Israël juste au moment de cette cérémonie historique. Ils veulent empêcher la paix, mais ils n’y parviendront pas », a déclaré dans un communiqué Netanyahu, en référence aux roquettes lancées pendant et après la cérémonie de signature des accords de normalisation.

« Nous frapperons tous ceux qui tentent de nous faire du mal, et nous tendrons une main de paix à tous ceux qui nous tendent la main pour faire la paix », a ajouté Netanyahu depuis les Etats-Unis, avant d’embarquer pour son retour en Israël. « Je ne suis pas surpris que les terroristes palestiniens aient frappé vers Israël très exactement au moment de cette cérémonie historique », a déclaré Netanyahu dans un communiqué émis par son bureau. « Ils veulent empêcher la paix. Mais ils ne parviendront pas à le faire. »

Le Hamas, groupe terroriste qui est également le dirigeant de facto de Gaza, a mis en garde Israël contre une escalade militaire en réponse aux raids aériens.

La police et le personnel médical sur les lieux où une roquette tirée depuis la bande de Gaza a touché une route dans la ville d’Ashdod, au sud, le 15 septembre 2020. (Flash90)

« L’occupation [Israël] devra payer le prix de toute agression qui sera commise à l’encontre de notre peuple ou de la résistance et la riposte sera directe », a noté le Hamas dans un communiqué.

« Nous élargirons et nous renforcerons notre réponse à la hauteur de la persistance de l’occupation dans son agression », a poursuivi le groupe.

Les Palestiniens ont rejeté les accords de normalisation conclus entre Israël, les EAU et le Bahreïn.

Le président Reuven Rivlin a fait part de sa sympathie et de son soutien aux habitants du sud d’Israël, écrivant sur Twitter que « ce matin encore, nous sommes aux côtés des résidents qui ont subi des heures de tirs et d’impact de roquette. Nous sommes remplis de reconnaissance pour leur résilience ».

« Nos prières vont vers les blessés dans les attaques à la roquette qui ont eu lieu la nuit dernière à Ashdod, et également en soutien à l’armée israélienne qui a riposté aux agressions de Gaza », a écrit Rivlin. « Nous ne permettrons pas au terrorisme de rester sans réponse. La sécurité des citoyens israéliens ne sera pas négligée. »

Netanyahu a été vivement critiqué par les députés de l’opposition pour sa gestion des attaques de Gaza et pour son voyage à Washington à un moment où le pays fait face à une épidémie majeure de coronavirus qui a entraîné la décision gouvernementale d’un confinement de trois semaines qui commencera vendredi.

Parmi les personnes ayant éreinté le Premier ministre, se trouvent deux de ses anciens ministres de la Défense.

Le député de l’opposition Naftali Bennett, à la tête du parti Yamina de droite, s’est rendu à Ashdod quelques heures après que la roquette a été tirée. Il a écrit sur Twitter que « le fait que les résidents du sud du pays soient frappés par des missiles, encore et encore, n’est pas une fatalité ».

« C’est le résultat de nombreuses années de relâchement de la dissuasion, d’un manque d’initiative et de passivité », a continué Bennett, un ancien allié de Netanyahu qui a été ministre de la Défense en 2019 et 2020.

« Nous pouvons créer une réalité totalement différente. Cela ne sera pas facile. C’est possible et nécessaire », a-t-il poursuivi.

Avigdor Liberman, chef de la formation Yisrael Beytenu, qui a été ministre de la Défense de 2016 à 2018, a déclaré au micro de la station Radio 103FM que ces tirs de roquettes pendant la signature étaient « attendus » et qu’ils auraient dû être évoqués par les responsables, et notamment par le ministre de la Défense, Benny Gantz, et le chef d’Etat-major de l’armée.

Il a dit qu’il était inutile que l’Etat juif lance une campagne militaire à Gaza comme il avait pu le faire par le passé en réponse aux attaques à la roquette « si on ne sait pas ce qu’on va faire le lendemain ».

Le leader d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, tient une conférence de presse à Neve Ilan, près de Jérusalem, le 11 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Tant qu’il n’y aura pas de concept global – et, ici et là, il n’y a qu’une tentative visant à acheter le calme en payant le prix de la protection – nous continuerons à être humiliés », a estimé Liberman, se référant aux aides étrangères fournies par le Qatar à la bande de Gaza dans le cadre d’accords officieux conclus avec le groupe terroriste du Hamas, des aides dont Jérusalem a autorisé l’entrée.

Notant que les ministres des Affaires étrangères des Emirats arabes unis et du Bahreïn avaient signé les accords de paix à Washington, et non leurs dirigeants, Liberman a indiqué qu’il considérait comme « incongrue » la présence de Netanyahu à la cérémonie, disant qu’il aurait été plus utile qu’il reste en Israël dans un contexte d’épidémie de coronavirus et de crise financière accrue résultant de cette dernière.

« Le secrétaire d’Etat américain était là, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn était là, le ministre des Affaires étrangères des Emirats était là – le seul ministre des Affaires étrangères absent était le ministre des Affaires étrangères israélien », a dit Liberman, qui a souligné que selon le protocole, ce sont les ministres des Affaires étrangères qui ont la charge de signer les accords diplomatiques.

La Douzième chaîne a fait savoir, mardi, que Netanyahu s’était trouvé dans l’obligation urgente de demander l’autorisation du ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi pour la signature des traités après l’arrivée du Premier ministre à Washington, en raison d’une négligence apparente du protocole.

Le président Reuven Rivlin lors d’une réunion avec des hôteliers, des hommes d’affaires et des résidents à Eilat, le 6 juin 2020. (Mark Neyman/GPO)

Ces tirs de roquette sont les premiers depuis la conclusion d’un accord de trêve officieux entre Israël et les groupes terroristes de la bande, à la fin du mois dernier. Ils ont aussi représenté les violences les plus importantes depuis le mois de février dernier.

« Au cours de cette historique nuit de paix, nous avons eu un rappel de nos ennemis, le rappel que nous devons toujours conserver notre force et être préparés à défendre les citoyens israéliens sur tous les fronts et à tous les instants – et nous le ferons », a commenté le ministre de la Défense Benny Gantz, évoquant l’attaque.

Les avions militaires israéliens ont mené deux raids dans la bande de Gaza avant l’aube, mercredi, a fait savoir l’armée, qui a répété que l’Etat juif tiendrait le Hamas pour responsable de toutes les violences émanant de la bande.

Le Qatar, l’Egypte et les Nations unies ont négocié un cessez-le-feu officieux entre Israël et les organisations terroristes de l’enclave côtière le mois dernier, à la suite de semaines entières de tensions accrues entre les deux parties.

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