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Rouen: des policiers révoqués pour racisme réclament leur réintégration

Les propos visés ont été tenus sur la messagerie WhatsApp où la victime a été traitée de "nègre" faisant "n'importe quoi parce que c'est un noir"

Illustration d'une voiture de police française (Crédit : David Monniaux/Wikimedia communs/CC BY SA 3.0)
Illustration d'une voiture de police française (Crédit : David Monniaux/Wikimedia communs/CC BY SA 3.0)

Le rapporteur public du tribunal administratif de Rouen a demandé mardi l’annulation de la révocation d’un policier et la confirmation de celle d’un autre, dans une affaire de propos racistes visant un ex-collègue noir.

Le tribunal rendra sa décision « sous quinzaine », a précisé son président Jérôme Berthet-Fouqué.

Les propos visés ont été tenus sur la messagerie WhatsApp où la victime, qui a porté plainte fin 2019, a notamment, à de nombreuses reprises, été traitée de « nègre » faisant « n’importe quoi parce que c’est un noir ».

Mardi, le rapporteur public Thomas Bertoncini a préconisé « l’annulation » de la révocation d’un des policiers.

« Il y a une difficulté sur le caractère proportionné de la sanction. Il est celui qui a le moins participé aux échanges. Il est qualifié comme étant le plus discret par l’enquête administrative », a justifié M. Bertoncini.

« Il a indiqué ne pas lire tous les messages écrits. Il n’y a que cinq messages tenus qui lui sont reprochés, tenus sur deux jours: ‘les noirs, c’est le futur’, ‘c’est du travail de noir, les blancs, c’est autre chose' » , a poursuivi le magistrat.

« Il est qualifié de sérieux et fournissant un travail de qualité par son administration », a-t-il ajouté.

Le rapporteur a en revanche demandé le rejet de la requête d’un second policier qui demandait lui aussi l’annulation de sa révocation.

A son propos, « l’administration ne s’est pas fourvoyée », a estimé M. Bertoncini. Le fonctionnaire « a produit environ une cinquantaine de publications sur ce compte WhatsApp. Leur caractère raciste, antisémite, misogyne, discriminatoire, ne fait aucun doute à leur lecture », a argumenté le magistrat.

En outre le fonctionnaire « a déjà fait l’objet d’une sanction, un blâme, en 2018 », a ajouté le magistrat.

Son avocate Marie-Perrine Philippe a elle assuré que le policier était « en grande dépression » et avait « toujours été exemplaire » jusqu’alors. « Le groupe WhatsApp n’est pas un groupe public », a-t-elle ajouté.

« Il y a des communautés qui n’aiment pas ce que je représente, le mâle blanc, et j’applique une forme de réciprocité », avait déclaré son client le 3 septembre à Evreux lors du procès en correctionnel de cinq policiers dans cette affaire.

Le parquet avait requis 1 000 euros d’amende contre cet homme considéré comme « l’idéologue » du groupe. Le tribunal correctionnel doit rendre sa décision le 5 novembre. 150 euros d’amende ont été requis contre le policier dont le rapporteur a demandé l’annulation de la révocation.

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