Rouhani : Israël est « la plus grande menace » pour la paix mondiale
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Rouhani : Israël est « la plus grande menace » pour la paix mondiale

Le président iranien a accusé l'administration Trump de vouloir provoquer un changement de régime à Téhéran, qualifiant les sanctions américaines de "terrorisme économique"

Le président iranien Hassan Rohani s'adresse à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York le 25 septembre 2018 (Capture d'écran : YouTube).
Le président iranien Hassan Rohani s'adresse à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York le 25 septembre 2018 (Capture d'écran : YouTube).

Le président iranien Hassan Rouhani a déclaré mardi qu’Israël était la plus grande menace à la paix mondiale et a répondu à un discours enflammé du président américain Donald Trump en affirmant que les États-Unis complotaient pour renverser le régime de Téhéran.

« Les innombrables crimes d’Israël contre les Palestiniens n’auraient pas été possibles sans l’assistance politique et militaire » des Etats-Unis, a accusé Rouhani dans un discours à l’Assemblée générale des Nations unies.

Il a accusé Israël de « menacer ouvertement les autres d’anéantissement nucléaire » et a déclaré que l’Etat juif constitue « la menace la plus redoutable pour la paix régionale et mondiale ».

Plus tôt dans la journée, Trump avait exhorté la communauté internationale à isoler l’Iran, accusant le régime de Téhéran de semer « le chaos, la mort et la destruction », avant que l’administration n’envisage de réimposer de sévères sanctions contre la République islamique le 5 novembre.

« Nous ne pouvons pas permettre que le principal commanditaire mondial du terrorisme possède les armes les plus dangereuses de la planète », a déclaré M. Trump, citant la « menace d’anéantissement » de l’Iran contre Israël et les slogans « de mort à l’Amérique ».

« Nous demandons à toutes les nations d’isoler le régime iranien tant que ses agressions se poursuivront et nous demandons à toutes les nations de soutenir le peuple iranien dans sa lutte pour reconquérir sa destinée religieuse et sa justice » a-t-il affirmé.

Le président américain Donald Trump s’adresse à la 73e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 25 septembre 2018. (AFP PHOTO / Nicholas Kamm)

M. Rouhani a défendu l’accord nucléaire de 2015 qui mettait un frein au programme nucléaire de son pays en échange d’un allégement des sanctions, et a dénoncé les sanctions réimposées par l’administration Trump dans le cadre de son retrait de l’accord.

« Les sanctions unilatérales illégales constituent en soi une forme de terrorisme économique », a-t-il déclaré, ajoutant que l’approche américaine à l’égard de l’Iran était « vouée à l’échec ».

« Le gouvernement des États-Unis d’Amérique, du moins l’administration actuelle, semble déterminé à rendre toutes les institutions internationales inopérantes », a-t-il ajouté.

M. Trump s’est retiré en mai de l’accord sur le nucléaire, qui avait été conclu sous la direction de son prédécesseur, Barack Obama, en 2015. L’administration a dénoncé l’accord en raison de ses clauses de caducité qui permettent l’expiration de certaines restrictions sur le programme nucléaire iranien, de son incapacité à empêcher les essais de missiles balistiques iraniens et de l’accès des inspecteurs aux sites militaires de l’Iran.

Le retrait de Trump de l’accord a fait l’objet d’intenses critiques de la part des dirigeants mondiaux, en particulier ceux des autres pays – la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Chine et la Russie – qui ont négocié l’accord.

Dans son discours, M. Trump s’est également félicité de la décision de déplacer l’ambassade de son pays en Israël à Jérusalem, affirmant que les États-Unis étaient « engagés pour un avenir de paix et de stabilité dans la région, notamment la paix entre Israéliens et Palestiniens. La reconnaissance de faits évidents fait avancer cet objectif, et non le contraire ».

M. Rouhani a qualifié la décision de Trump de déplacer la mission diplomatique américaine d’“ëabominable” et a déclaré que la récente législation de la Knesset définissant Israël comme l’État-nation du peuple juif était « raciste » et une « forme évidente d’Apartheid ».

Rouhani a également rejeté l’offre de Trump de mener des pourparlers bilatéraux avec Téhéran, disant : « Sur quelle base et selon quels critères pouvons-nous conclure un accord avec une administration qui se comporte aussi mal ? »

Il a poursuivi en affirmant que les États-Unis complotaient en vue de renverser le régime en Iran.

« Il est ironique de constater que le gouvernement américain ne cache même pas son intention de renverser le même gouvernement qu’il invite à la table des négociations », a-t-il déclaré.

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a qualifié le discours de Rouhani de « déconnecté de la réalité », disant que pendant qu’il « essayait de faire la morale à Israël », les actions de l’Iran répandent « le terrorisme dans le monde, sur un long et sanguinaire parcours qui s’étend sur de multiples continents ».

« Sans le soutien financier de Téhéran, le Hamas n’aurait pas pu creuser des tunnels terroristes en Israël et le Hezbollah n’aurait pas accumulé d’énormes stocks d’armes », a-t-il ajouté.

Eric Cortellessa a contribué à cet article.

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