Russie : la première centrale nucléaire du monde abrite désormais une synagogue
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Russie : la première centrale nucléaire du monde abrite désormais une synagogue

Environ 400 Juifs vivent à Obninsk, près de Moscou, bâtie pour abriter le personnel d'une centrale nucléaire ; les offices se tiendront uniquement à Shabbat, pour commencer

Une ancienne salle de contrôle d'une centrale nucléaire à Obninsk, en Russie, devenue aujourd'hui un musée. (Pallava Bagla/Corbis via Getty Images via JTA)
Une ancienne salle de contrôle d'une centrale nucléaire à Obninsk, en Russie, devenue aujourd'hui un musée. (Pallava Bagla/Corbis via Getty Images via JTA)

JTA – Une synagogue vient d’ouvrir pour la première fois à Obninsk, une ville proche de Moscou qui a été construite en 1945 pour accueillir le personnel de la première centrale nucléaire du monde.

Environ 400 juifs, dont certains de Moscou qui cherchent à quitter la ville, constituent la population juive de la ville, selon la Fédération des communautés juives de Russie. La centrale nucléaire comptait de nombreux employés juifs et certaines de leurs familles ont séjourné dans la région d’Obninsk.

Le grand rabbin russe Berel Lazar a assisté à l’ouverture de la synagogue jeudi.

« Notre objectif est non seulement de restaurer ce qui a été détruit par le régime communiste, mais aussi de construire encore plus que ce qui existait auparavant », a indiqué Berel Lazar à Obninsk, une ville tentaculaire d’environ 100 000 habitants qui était autrefois un modèle pour l’architecture soviétique.

Le rabbin d’Obninsk, Aron Golovchiner, a déclaré à Jewish.ru que la synagogue commencera par organiser uniquement des offices de Shabbat et en proposera d’autres en semaine si la demande de la communauté augmente.

Synagogues à restaurer en Moldavie et en Pologne

Par ailleurs, la Commission européenne a annoncé la semaine dernière qu’elle allait financer la restauration de la grande synagogue de Raskov, datant du 18e siècle, dans l’est de la Moldavie. Le bâtiment sans toit est actuellement en ruine, mais les reliefs de ses murs intérieurs, autrefois magnifiques, sont encore très reconnaissables. Les communistes ont fermé la synagogue dans les années 1930, et la plupart des Juifs locaux ont été tués par les nazis la décennie suivante.

Le financement de l’UE, qui s’élève à environ 40 000 euros, est le résultat d’un vote en ligne des habitants de la région, à qui il a été demandé au début de l’année de choisir entre dix projets de restauration. La synagogue a reçu le plus grand nombre de votes, avec un peu plus de 9 000 soutiens.

Les vestiges de la grande synagogue de Raskov en Moldavie. (Eucbm.eu4moldova.md via JTA)

Le gouvernement polonais a également décidé de financer un projet de restauration de la synagogue dans la ville de Krzepice, située à environ 190 kilomètres au sud-ouest de Varsovie, a rapporté mardi Gazeta Wyborcza. Les nazis l’avaient détruite pendant leur occupation de la Pologne avant de faire tuer la quasi-totalité de la population juive de la ville.

Le bâtiment, vieux de 200 ans, s’est détérioré et a été confié à la municipalité après la mort de ses anciens propriétaires, a rapporté le journal. La synagogue de Krzepice est située près du cimetière juif local qui possède la plus grande collection de pierres tombales en fonte au monde, selon Gazeta Wyborcza.

Les stèles en fonte du cimetière juif de Krzepice en Pologne. (Wikimedia Commons/Amidar via JTA)

La survie des pierres tombales est inhabituelle, car ailleurs, les nazis et les gouvernements communistes ont rapidement volé des pierres tombales juives – et surtout en métal – pour les utiliser comme matériau de construction et industriel.

Le ministère polonais de la Culture et le conservateur des monuments de la région de Katowice ont contribué à hauteur d’environ 120 000 euros au projet de restauration, qui a débuté cette année. Krzepice, qui comptait autrefois des centaines de Juifs, n’en abrite plus aujourd’hui.

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