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Russie: le procès d’Evan Gershkovich accusé d’espionnage débutera le 26 juin

Le parquet accuse le journaliste d'avoir "recueilli des informations secrètes" sur la société Ouralvagonzavod pour le compte de la CIA

Le journaliste américain Evan Gershkovich, arrêté pour espionnage, dans le box des accusés avant l'examen de l'appel sur sa détention prolongée au tribunal de Moscou, le 22 juin 2023. (Crédit : Natalia Kolesnikova/AFP)
Le journaliste américain Evan Gershkovich, arrêté pour espionnage, dans le box des accusés avant l'examen de l'appel sur sa détention prolongée au tribunal de Moscou, le 22 juin 2023. (Crédit : Natalia Kolesnikova/AFP)

Le procès du journaliste américain Evan Gershkovich, accusé d’avoir collecté des informations sur une usine de chars russes pour le compte de la CIA et incarcéré depuis plus d’un an, débutera le 26 juin à Ekaterinbourg, dans l’Oural.

Le journaliste du Wall Street Journal, âgé de 32 ans, avait été arrêté en mars 2023 par les services de sécurité russes (FSB) lors d’un reportage à Ekaterinbourg, et accusé d' »espionnage », un crime passible de 20 ans de prison.

Lui, ses proches, son employeur et son pays rejettent fermement ces accusations que la Russie n’a jamais étayées, et dénoncent une affaire montée de toutes pièces.

Son procès « se déroulera à huis clos » à Ekaterinbourg, a indiqué lundi le Tribunal régional de Sverdlovsk dans un communiqué, en précisant que « la première audience a été fixée au 26 juin 2024 ».

Washington et Moscou ont indiqué être en contact pour aboutir à un échange de prisonniers qui permettrait sa libération, mais jusqu’ici aucun accord ne semble en vue.

Le parquet accuse Evan Gershkovich, qui a travaillé pour l’AFP à Moscou entre 2020 et 2021, d’avoir « recueilli des informations secrètes » sur la société Ouralvagonzavod pour le compte de la CIA.

Ouralvagonzavod est l’un des plus grands fabricants d’armements de Russie, qui produit notamment des chars de combat T-90 utilisés en Ukraine et le tank de nouvelle génération Armata, ainsi que des wagons de marchandises.

La Russie n’a jamais présenté publiquement des éléments de preuve contre Evan Gershkovich et l’ensemble de la procédure a été classée secrète.

« zéro crédibilité »

« Ces accusations ont zéro crédibilité », a déclaré la semaine dernière à la presse le porte-parole du département d’Etat Matthew Miller, en appelant de nouveau à la libération « immédiate » du journaliste.

Les accusations visant Evan Gershkovich sont d’une gravité inédite depuis la fin de l’URSS pour un journaliste étranger.

Le journaliste du Wall Street Journal Evan Gershkovich (à gauche), dans une cage de verre dans une salle d’audience de la première Cour d’appel de la juridiction générale, à Moscou, en Russie, le 23 avril 2024. (Crédit : Alexander Zemlianichenko/AP)

Washington accuse Moscou de l’avoir pris en otage pour obtenir un échange, comme cela a été le cas par le passé déjà.

Le président russe Vladimir Poutine s’était dit en effet disposé à échanger le journaliste contre Vadim Krassikov, emprisonné à vie en Allemagne pour l’assassinat d’un ancien commandant de la guerre de Tchétchénie à Berlin en 2019.

Début juin, M. Poutine avait encore indiqué que les contacts étaient « constants » entre la Russie et les Etats-Unis pour parvenir à un accord.

Depuis l’arrestation d’Evan Gershkovich, la justice russe prolonge systématiquement, tous les deux à trois mois, sa détention provisoire dans la prison de Lefortovo, tenue par le FSB à Moscou.

Comme lui, l’ex-marine américain Paul Whelan, emprisonné en Russie depuis 2018, attend aussi un échange et rejette les accusations d’espionnage qui lui ont valu une peine de 16 ans de prison.

Des binationaux ont aussi été récemment arrêtés. La Russo-Américaine Ksenia Karelina a été interpellée en février, accusée de « haute trahison » pour avoir fait un don à l’armée ukrainienne.

Avant elle, une journaliste russo-américaine, Alsu Kurmasheva, travaillant pour le média RFE/RL financé par le Congrès américain, a été arrêtée en octobre 2023. Elle est accusée de diffusion de « fausses informations » sur l’armée russe.

La Russie a aussi placé en détention début juin un ressortissant français, Laurent Vinatier, collaborateur d’une ONG suisse de règlement des conflits et accusé de ne pas s’être enregistré comme un « agent de l’étranger » recueillant des informations sur l’armée russe.

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