Saar dénonce les attaques de Netanyahu aux institutions
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Saar dénonce les attaques de Netanyahu aux institutions

Le principal challenger dit que tout le monde, "du président à la police", est visé par le Premier ministre ; et que les scènes du Capitole soulignent les dangers pour Israël

L'ex-député du Likud Gideon Saar, s'exprimant lors d'une conférence à Tel Aviv, le 5 septembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
L'ex-député du Likud Gideon Saar, s'exprimant lors d'une conférence à Tel Aviv, le 5 septembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Gideon Saar, le principal challenger du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la perspective des élections de mars, a accusé samedi son rival de superviser « une attaque ciblée sur toutes les institutions de l’Etat » et a promis d’empêcher en Israël le type d’attaque contre la démocratie dont les Etats-Unis ont été témoins cette semaine.

Saar, ancien ministre du Likud qui a quitté le parti il y a un mois pour créer son propre parti « Tikva Hadasha » avant le vote du 23 mars, a déclaré que l’invasion massive du Capitole américain mercredi « nous apprend les dangers de l’extrémisme » et les dangers de « prétendre que les élections sont volées avant et après le vote ». « Les gens tirent des conclusions qui déstabilisent la démocratie », a déclaré M. Saar à la Treizième chaîne de télévision. « C’est très dangereux ».

« Il est clair qu’il [Netanyahu] se prépare à un scénario dans lequel il perd. Il va proposer un plan exactement comme celui des États-Unis, et même plus fort », a déclaré le chef du parti d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman à la Douzième chaîne de télévision, sans fournir de preuves à l’appui de sa thèse.

Le député Avigdor Liberman, dirigeant d’Yisrael Beytenu, le 6 septembre 2020. (Sraya Diamant/FLASH90)

Saar, à qui l’on a demandé s’il établissait des parallèles entre le comportement du président Donald Trump et celui de Netanyahu, a déclaré : « le comportement que nous avons vu là-bas est profondément problématique… Ici, nous allons faire en sorte que cela ne se produise pas. »

Lorsqu’on lui a demandé à nouveau s’il accusait Netanyahu – qui prétend être victime d’un coup monté dans son procès pour corruption en cours, et qui a prétendu par le passé que des opposants essayaient de lui voler les élections – M. Saar a répondu : « Je ne fais pas de parallèles. Ces choses sont suffisamment graves en elles-mêmes. Sous le règne de Netanyahu, toutes les institutions de l’État sont attaquées, du président à la police israélienne, en passant par la commission centrale électorale… »

« Nous ne le permettrons pas », a-t-il juré. « Nous insisterons pour que le processus démocratique et ses résultats soient respectés dans l’État d’Israël. »

Concernant le président américain, M. Saar a déclaré qu’il appréciait les nombreuses choses que Trump avait accomplies pour Israël, « mais en tant que démocrate, le comportement que nous avons vu là-bas est profondément problématique ».

Une foule de partisans de Trump s’introduit dans le Capitole américain le 6 janvier 2021 à Washington, DC. (Win McNamee/Getty Images/AFP

Saar a rejeté comme « infondée » l’idée, soutenue par certains loyalistes de Netanyahu, qu’il y avait une comparaison entre l’invasion du Capitole américain par la foule et les mois de protestations appelant à la démission de Netanyahu qui se sont déroulés devant la résidence officielle du Premier ministre et son domicile. Il a déclaré qu’une affaire, la semaine dernière, dans laquelle des manifestants auraient franchi une barrière de police, devrait être traitée comme il se doit en vertu de la loi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration avant d’entrer dans une salle d’audience du tribunal de district de Jérusalem le 24 mai 2020, pour le début de son procès pour corruption. Parmi ceux qui l’accompagnent à partir de la gauche, on trouve les députés du Likud et les ministres Gadi Yevarkan, Amir Ohana, Miri Regev, Nir Barkat, Israel Katz, Tzachi Hanegbi, Yoav Gallant et David Amsalem. (Yonathan SINDEL / POOL / AFP)

Il a également fustigé le « spectacle d’horreur » qui a vu les « marionnettes » loyalistes du Likud de Netanyahu l’accompagner au jour d’ouverture de son procès au tribunal de district de Jérusalem.

Le parti Tikva Hadasha de Saar obtient dans les sondages environ 16 sièges contre 31 pour le Likud de Netanyahu, ce qui fait de lui un puissant challenger du vétéran leader israélien. Dans un sondage réalisé vendredi, Netanyahu a été cité comme le Premier ministre préféré par 42 % des personnes interrogées, contre 36 % pour Saar.

Dans son interview, Saar a directement reproché à Netanyahu d’avoir entraîné Israël dans quatre élections en deux ans, et a fustigé le gouvernement pour ne pas avoir adopté le budget de l’Etat pour 2020. « Netanyahu est responsable de la détérioration » en Israël, du manque de stabilité et du manque d’espoir, a-t-il dit. « Je suis le seul à pouvoir battre Netanyahu », a-t-il ajouté, promettant une fois de plus de ne pas faire partie d’une coalition avec lui.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration aux médias à la Knesset à Jérusalem, le 2 novembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Saar, comme Netanyahu, a appelé à réformer ce que beaucoup de gens de la droite israélienne considèrent comme le système judiciaire trop puissant d’Israël. Mais il a souligné : « je veux réformer l’appareil judiciaire – et non le détruire » – en référence implicite aux actions de Netanyahu. « Il n’a pas fait ces réformes pendant 15 ans », a déclaré M. Saar, affirmant que Netanyahu ne faisait que freiner l’appareil judiciaire maintenant « à cause de son procès ».

Il a également déploré les « attaques personnelles » contre le procureur général d’Israël, Avichai Mandelblit, qui, selon Netanyahu et ses loyalistes, supervise une tentative visant à l’évincer par un « coup politique » avec des accusations inventées de toutes pièces lors de son procès.

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