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Guerre à Gaza: L’UE pourrait envisager des sanctions à l’encontre d’Israël

Gideon Saar, à Bruxelles pour la réunion des chefs de la diplomatie européens, s'est dit "sûr" que les mesures ne seront pas adoptées et il a salué la présence de son homologue syrien

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar arrive à la réunion ministérielle UE-Voisinage Sud au bâtiment du Conseil de l'UE à Bruxelles, le 14 juillet 2025. (Crédit : AP Photo/Geert Vanden Wijngaert)
Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar arrive à la réunion ministérielle UE-Voisinage Sud au bâtiment du Conseil de l'UE à Bruxelles, le 14 juillet 2025. (Crédit : AP Photo/Geert Vanden Wijngaert)

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE discuteront mardi d’une série de mesures possibles à l’encontre d’Israël dans le cadre de la guerre à Gaza, mais elles ne se mettront probablement d’accord sur aucune d’entre elles.

Les diplomates, avec parmi eux le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar et son homologue syrien Asaad Hassan al-Shaibani, se sont réunis à Bruxelles à l’occasion de la réunion ministérielle UE-Voisinage Sud, qui vise à renforcer la coopération entre l’UE et ses partenaires au Moyen-Orient en Afrique du Nord.

Kaja Kallas, responsable de la politique étrangère de l’Union, a proposé dix mesures potentielles après qu’il a été établi qu’Israël avait violé un accord de coopération qui avait été conclu entre les deux parties pour des raisons liées aux droits de l’Homme.

Le mois dernier, un rapport de l’Union européenne s’était penché sur les restrictions imposées par Israël à l’entrée des aides humanitaires à Gaza dans le cadre de la guerre contre le groupe terroriste du Hamas. Le rapport avait aussi examiné les actes de violences perpétrés par les partisans du mouvement pro-implantation à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie, des violences impunies qui ont connu une forte croissance depuis que la guerre a éclaté, le 7 octobre 2023.

Parmi les sanctions proposées, la suspension de l’ensemble de l’accord de coopération ou la réduction des liens commerciaux, des sanctions prises à l’encontre des ministres israéliens, l’imposition d’un embargo sur les armes ou l’arrêt des voyages sans visa.

Mais malgré la colère croissante face aux dévastations dans la bande de Gaza, les États membres de l’UE restent divisés sur la manière de s’attaquer à Israël et les diplomates affirment qu’il ne semble pas y avoir de consensus sur un éventuel passage à l’acte.

« Il m’a été demandé de dresser l’inventaire des options qui pourraient être prises et c’est aux États membres de discuter de ce que nous faisons de ces options », a expliqué Kallas dans la journée de lundi.

Le ton des discussions sera fortement influencé par la manière dont Israël mettra en œuvre la promesse faite à l’UE d’améliorer l’accès humanitaire à Gaza.

Kallas avait fait savoir, jeudi dernier, qu’elle avait conclu un accord avec son homologue israélien, Gideon Saar, concernant l’ouverture d’un plus grand nombre de points d’entrée dans la bande, Israël donnant son autorisation à l’acheminement de plus grandes quantités d’aides alimentaires.

« Nous voyons des signes encourageants avec l’arrivée de plus de camions », a dit Kallas, lundi.

« Mais nous savons, bien sûr, que ce n’est pas suffisant et que nous devons aller plus loin pour que la mise en œuvre de ce que nous avons convenu se fasse aussi sur le terrain », a-t-elle ajouté.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a annoncé que la situation à Gaza restait « catastrophique ».

Une femme et des enfants attendent avec des casseroles de recevoir des repas d’une cuisine humanitaire à Gaza City, le 14 juillet 2025. (Crédit : Bashar TALEB / AFP)

Saar s’est toutefois montré confiant dans la capacité d’Israël à éviter toute nouvelle sanction de la part de l’UE.

« Je suis certain qu’aucune de ces mesures ne sera adoptée par les États membres de l’UE », a affirmé le chef de la diplomatie israélienne. « Il n’y a aucune justification à cela ».

Si l’Union européenne semble incapable, pour l’instant, de prendre d’autres mesures contre Israël, le simple fait d’en être arrivé à ce stade a déjà une portée considérable.

L’Union n’avait accepté de réexaminer l’accord de coopération qu’après la reprise des combats à Gaza par Israël, à la suite de l’effondrement d’un cessez-le-feu, au mois de mars.

Jusqu’alors, les profondes divisions entre les pays soutenant Israël et les nations plus favorables aux Palestiniens avaient paralysé toute initiative.

Saar se félicite de la présence du ministre syrien des Affaires étrangères dans le cadre des efforts de paix

Lundi, à Bruxelles, Saar a également salué la présence de son homologue syrien, Shaibani.

« Nous nous félicitons de la participation du ministre syrien. Nous serons ensemble dans la même réunion. Voyons ce qui va se passer », a déclaré Saar aux journalistes après son arrivée dans la capitale belge.

La présence conjointe des deux ministres a attiré l’attention dans un contexte d’efforts diplomatiques entrepris en toute discrétion par Israël et la Syrie, qui explorent la possibilité de conclure un potentiel accord de sécurité ou même la finalisation un accord de paix. Toutefois, un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a confié au Times of Israel qu’aucune rencontre personnelle entre les deux hommes n’était prévue.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, s’exprime lors d’une session de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, le 22 janvier 2025. (Crédit : FABRICE COFFRINI / AFP)

Dans un entretien accordé à Euronews, Saar a annoncé qu’Israël n’avait pas l’intention de conserver le contrôle permanent de la bande de Gaza.

« Nous n’avons pas l’intention de le faire », a-t-il déclaré. « En ce qui concerne la bande de Gaza, nous n’avons que des préoccupations sécuritaires ».

Saar a également réaffirmé que le Hamas « ne peut pas faire partie de l’avenir de la bande de Gaza ». Il s’est insurgé contre les affirmations qui laissent entendre que la campagne israélienne serait disproportionnée, les qualifiant de « ridicules ».

« Que diriez-vous dans le cas de l’attaque lancée à l’encontre de l’EI par l’Occident, une campagne qui a détruit l’EI ? Était-elle proportionnée ? », a-t-il demandé.

« Israël devrait accepter l’existence de cet État terroriste, à un kilomètre de ses communautés… Quelle est la proportionnalité dans ce cas précis ? Cet État terroriste doit être éliminé en tant qu’État », a-t-il ajouté.

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