Saluts nazis lors d’une manifestation contre la Catalogne indépendante
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Saluts nazis lors d’une manifestation contre la Catalogne indépendante

Des émeutiers ont affronté la police quand des centaines de milliers de personnes manifestaient pour l’unité de l’Espagne

Manifestation contre l'indépendance de la Catalogne à Barcelone, le 29 octobre 2017. (Crédit : Lluis Gene/AFP)
Manifestation contre l'indépendance de la Catalogne à Barcelone, le 29 octobre 2017. (Crédit : Lluis Gene/AFP)

Parmi les centaines de milliers d’Espagnols qui ont manifesté dimanche contre l’indépendance catalane se trouvaient des dizaines de néo-nazis réalisant des saluts ‘Sieg Heil’, selon des vidéos de la manifestation.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants drapés dans des drapeaux espagnols levant la main droite dans un salut rappelant les rassemblements hitlériens.

Le rassemblement a été parfois violent, des vidéos montrant des manifestants attaquer la police, et être frappés avec des matraques aux jambes et sur le corps.

Sur une photographie, un manifestant portant un tatouage de croix gammée sur la main est vu en train d’affronter les forces de sécurité catalanes.

Ces quelques néo-nazis participaient à une manifestation dans les rues de Barcelone, dans une marée de drapeaux espagnols rouges et jaunes, dont le slogan principal était « De Todos » (elle nous appartient à tous).

Les manifestants étaient 300 000 selon la police municipale, 1 million selon la préfecture représentant l’Etat.

Le slogan « Puigdemont, en prison ! » était régulièrement scandé, en référence au président indépendantiste catalan destitué vendredi par Madrid.

La Catalogne, qui compte 7,5 millions d’habitants, se retrouve plongée dans l’incertitude, sans savoir très bien qui détient réellement les rênes de son administration.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy entend reprendre le contrôle de ce territoire grand comme la Belgique en recourant à l’article 155 de la Constitution qui lui permet de suspendre l’autonomie de la région.

Mais Puigdemont a appelé samedi ses partisans à s’opposer pacifiquement à son application.

Puigdemont « est et restera le président » catalan, a affirmé dimanche son vice-président Oriol Junqueras, également destitué, assurant que lui-même ne reconnaîtrait pas les décisions de Madrid.

« La Catalogne, c’est nous tous ! » semblait lui répondre le slogan de la manifestation organisée à l’appel de l’association Société civile catalane, opposée à la sécession.

Les séparatistes « vivent dans un monde parallèle, un peu surréaliste », jugeait Silvia Alarcon, une manifestante de 35 ans « en colère » contre les sécessionnistes.

Le défilé s’est dispersée dans le calme après avoir inondé de drapeaux – catalans et surtout espagnols – l’avenue du Paseig de Gracia. Des médias locaux ont cependant fait état d’altercations provoquées par des militants d’extrême droite.

Manifestation contre l'indépendance de la Catalogne à Barcelone, le 29 octobre 2017. (Crédit : Pierre-Philippe Marcou/AFP)
Manifestation contre l’indépendance de la Catalogne à Barcelone, le 29 octobre 2017. (Crédit : Pierre-Philippe Marcou/AFP)

« C’est un moment dramatique de l’histoire de l’Espagne, un moment terriblement difficile et dangereux », a lancé aux manifestants l’ancien président socialiste du Parlement européen, le catalan Josep Borrell.

Il a aussi évoqué la « fuite » d’un tiers des entreprises de plus de 50 salariés ayant transféré leur siège social hors de Catalogne, effrayées par l’instabilité.

La « déclaration unilatérale d’indépendance est illégale et illégitime », a martelé l’un des organisateurs de la marche, Alex Ramos, rappelant notamment que les indépendantistes n’avaient obtenu que 47 % des voix aux régionales de 2015.

Ils étaient cependant devenus majoritaires en sièges au Parlement catalan (72 sur 135) par le jeu d’une pondération des voix favorisant les provinces rurales.

Manifestation contre l'indépendance de la Catalogne à Barcelone, le 29 octobre 2017. (Crédit : Lluis Gene/AFP)
Manifestation contre l’indépendance de la Catalogne à Barcelone, le 29 octobre 2017. (Crédit : Lluis Gene/AFP)

Madrid a non seulement destitué le gouvernement catalan mais aussi dissous le Parlement régional et convoqué des élections pour le 21 décembre.

« La République catalane n’existe peut-être pas de facto mais dans mon esprit, si », commentait un jeune indépendantiste de 22 ans, Guillem Burballa, à une terrasse dans le centre de Barcelone.

« Tôt ou tard, il va y avoir du raffut et moi je suis disposé à me placer devant la porte d’un ministère catalan pour empêcher une arrestation si nécessaire, ou à tout autre acte de résistance pacifique », ajoutait ce diplômé en sciences politiques.

Chacun attend de savoir quelle sera l’attitude des fonctionnaires, supposés passer sous les ordres de Madrid, et si le gouvernement catalan poursuivra ses activités en dépit de sa destitution.

Manifestation contre l'indépendance de la Catalogne à Barcelone, le 29 octobre 2017. (Crédit : Lluis Gene/AFP)
Manifestation contre l’indépendance de la Catalogne à Barcelone, le 29 octobre 2017. (Crédit : Lluis Gene/AFP)

La vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, a été désignée pour diriger la Catalogne.

Tout un symbole : l’ordre a été donné de retirer leur escorte aux dirigeants destitués et d’ôter les photographies de Puigdemont dans les commissariats, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police catalane, dont la direction a été changée.

Interrogé sur l’éventualité que Puigdemont essaie de rester au pouvoir, le ministre des Affaires étrangères Alfonso Dastis a répondu: « Nous ne pensons pas qu’il aura les moyens de diriger un gouvernement parallèle. »

« Nous espérons que l’administration, les fonctionnaires en Catalogne, respecteront les mesures qui ont été prises, les ordres, et garantiront les services publics », a-t-il ajouté.

La manifestation de dimanche a eu des accents de pré-campagne électorale: les trois principaux partis défendant l’unité de l’Espagne en Catalogne – Ciudadanos (libéral), le Parti socialiste catalan et le Parti populaire de Rajoy – ont demandé à leurs partisans de se rendre massivement aux urnes.

Selon un sondage du quotidien El Mundo – réalisé avant la proclamation de la « République catalane » vendredi – les indépendantistes perdraient la majorité au parlement catalan en ne recueillant que 42,5 % des voix.

Sur le terrain sportif, les Catalans ont en tout cas remporté dimanche une victoire symbolique sur Madrid : l’équipe de football de Gérone, dont Puigdemont a été le maire, a dominé le Real 2 à 1 à domicile.

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