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Samantha Power : Israël « heureux » du rétablissement de l’aide US aux Palestiniens

La chef de l’USAID a déclaré au Congrès que les responsables israéliens reconnaissaient l'importance de la stabilité économique en Cisjordanie et à Gaza

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Une élève palestinienne devant des sacs d'aide alimentaire humanitaire procurés par l’UNRWA et l’USAID, le 6 juin 2010 dans le camp de réfugiés de Shatie dans la ville de Gaza. (Crédit : AP Photo/Lefteris Pitarakis, Archive)
Une élève palestinienne devant des sacs d'aide alimentaire humanitaire procurés par l’UNRWA et l’USAID, le 6 juin 2010 dans le camp de réfugiés de Shatie dans la ville de Gaza. (Crédit : AP Photo/Lefteris Pitarakis, Archive)

Les autorités israéliennes ont exprimé leur « enthousiasme » à leurs homologues américains à l’idée du rétablissement de l’aide aux Palestiniens par l’administration Biden, après son interruption par l’administration Trump, a déclaré une responsable américaine.

« Nous percevons un fort enthousiasme de la part du gouvernement d’Israël à l’idée de la reprise de cette assistance, conscient des effets déstabilisateurs de cette interruption et de la certitude que la stabilité économique joue un rôle essentiel », a déclaré Samantha Power, administratrice de l’Agence américaine pour le développement international, lors d’un témoignage mardi devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants.

Power était supposée répondre aux questions de la commission sur le budget de l’USAID pour l’exercice 2023, mais un grand nombre des interrogations ont porté sur l’aide américaine aux Palestiniens, de la part des Représentants des deux partis.

À sa prise de fonctions, le président américain Joe Biden a rétabli un budget de plus de 500 millions de dollars d’aide aux Palestiniens. La grande majorité de ces fonds sont allés à l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, et un quart à l’USAID pour des projets humanitaires et économiques en Cisjordanie et à Gaza.

Cette aide avait été interrompue par l’ex-président Donald Trump après que l’Autorité palestinienne (AP) a refusé de s’engager dans les efforts de paix américains. Ramallah avait rompu ses relations diplomatiques avec Washington en 2017 lorsque Trump avait reconnu Jérusalem, capitale d’Israël.

La loi américaine interdit l’aide financière directe à l’Autorité Palestinienne, notamment en raison du programme d’action sociale de Ramallah, qui verse des subsides aux prisonniers de sécurité ainsi qu’aux familles des personnes reconnues coupables d’attentats contre des Israéliens.

Dans cette photo du mardi 23 mars 2021, l’ex-ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies, Samantha Power, témoigne devant le Comité sénatorial des relations étrangères pour devenir administratrice de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), sur Capitol Hill à Washington. (Crédit : Greg Nash/Pool via AP, File)

Plusieurs Représentants républicains ont fait pression sur Power pour savoir si l’aide américaine parvenait d’une manière ou d’une autre à l’AP. L’administratrice de l’USAID a exprimé sa « grande confiance » dans le fait que son agence respectait le Taylor Force Act, législation interdisant l’aide à Ramallah tant qu’existent ces allocations controversées.

Israël a également adopté une loi sanctionnant l’Autorité Palestinienne au nom de ce qu’elle qualifie de politique de « payer pour tuer » mais les autorités à Jérusalem ont exprimé à plusieurs reprises leurs préoccupations concernant les difficultés économiques que connait Ramallah. Le ministre de la Défense, Benny Gantz, et le ministre de la Coopération régionale, Issawi Frej, ont exhorté les pays donateurs européens à augmenter leur aide à l’AP pour éviter son effondrement.

Power a précisé lors de l’audience, mardi, que son bureau était en contact régulier avec le gouvernement israélien concernant des projets d’adduction et d’assainissement de l’eau, et de consolidation de la paix que l’agence promeut avec l’appui de Jérusalem.

Power a rappelé l’existence de la loi sur le Partenariat pour la paix au Moyen-Orient (MEPPA), adoptée par le Congrès en 2020, permettant d’allouer 50 millions de dollars par an, pendant cinq ans, en subventions à des organisations œuvrant au dialogue israélo-palestinien et au développement des entreprises palestiniennes.

L’USAID a rendu public le nom des premiers bénéficiaires de subventions plus tôt cette année, et Power a indiqué à la commission des Affaires étrangères s’efforcer de mieux faire connaitre le MEPPA afin que davantage d’organisations sur le terrain sollicitent un financement.

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